J'ai parcouru rapidement, vos discussions portent sur le fait de savoir si les animaux, chez Tolkien ont un fëa, une âme. Là, personnellement je ne peux pas répondre, (je laisse la main aux spécialistes). (Je dirais juste qu’il faut bien distinguer entre ce que TOLKIEN pensait des animaux – influencé par son époque, sa culture, sa religions et ses connaissances, et ce que NOUS en pensons – influencés par les nôtres)
Par contre, âme ou pas, ils jouent certainement un rôle, actif et parfois déterminant.
- Huan, le chien de Valinor, aide Beren, et a reçu le don de parler la langue des hommes, en trois occurences.
- Dans Bilbo et le SdA, les aigles parlent, et dans les deux ouvrages, sauvent la vie des héros. Ils sont messagers de Manwë.
- Shadowfax ne parle pas, mais Gandalf est capable de communiquer avec lui.
- la grive, dans Bilbo, indique à Bard le point faible de Smaug. Ici, ce n'est pas elle qui parle, mais Bard qui a hérité de ses ancêtres royaux le don de comprendre son langage. Don que possède aussi Radagast.
- Sauron et Sarouman sont capables d’utiliser des animaux comme espions, donc, aussi, de communiquer avec eux.
La liste n’est pas exhaustive, mais on en tire au moins une chose : Maiar, Valar, et certains Hommes sont capables de comprendre le langage animal, et de se faire comprendre d’eux. Certains animaux, dans certaines circonstances, sont capables de parler un langage humain.
Par ailleurs, Tolkien nous montre aussi des animaux « normaux » : les chiens du père Maggotte agissent comme de simples chiens de ferme. Les chevaux du Rohan – à l’exception de Shadowfax – ne sont que des chevaux. Bill le poney n’est qu’un brave petit animal, mais Tolkien s’ingénie à nous y attacher. D’abord en insistant sur l’attachement qui le lie à Sam, ensuite, au moment où la compagnie doit s’en séparer, il prend la peine de le faire protéger par Gandalf. Le lecteur est rassuré, Bill échappera aux loups. Mieux, Sam le retrouve en pleine forme à son retour à Rivendell. Le lecteur se fend d’un large sourire : cher vieux Bill, content de te revoir.
Il y a deux cas tout à fait particuliers : Beorn et Tom Bombadil.
Beorn est mi-homme mi-ours, il peut prendre l’une ou l’autre forme. Il élève des animaux – moutons, abeilles - qui agissent comme des serviteurs, non comme du bétail. (Quiens à propos !!! j’pose la question comme ça … Beorn a-t-il une âme ? :-D Non, ça a l’air drôle, mais c’est sérieux.). Les animaux de Beorn sont envisagés dans le cadre d’un conte pour enfants, l’ambiance est différente de celle du SdA. Ils ne parlent pas, il ne communiquent qu’avec Beorn.
Tom Bombadil qui parle aux poneys, dit aux Hobbits qui se sont stupidement perdus dans le brouillard des Galgals que leurs poneys ont plus de bon sens qu’eux, parce qu’ils ont senti le danger avant eux et fui dans la bonne direction. Il offre le trésor de l’Être du Galgal « à la disposition de tous trouveurs, oiseaux, bêtes, Elfes ou Hommes, et de toutes créatures bienveillantes » (et notez qu’il place oiseaux et bêtes avant Elfes et Hommes :-P ). (Et, vous allez dire que je suis ch…ichiteuse, mais dans la foulée de la question précédente … Tom a-t-il un fëa ? )
Humble déduction provisoire et personnelle : pour Tolkien, les animaux ne font pas simplement partie du décor, ce sont des êtres vivants, sensibles capables de s’attacher, de susciter l’attachement, de se dévouer au besoin et donc de respect (Bill, Huan, Shadowfax – Gandalf arrivé à Minas Tirith demande un traitement de prince pour son cheval, avant même de penser à lui-même et à Pippin). Si Radagast, un Istari donc un Maia, prend la peine de s’intéresser aux animaux, et quasi exclusivement à eux, et communique avec eux, c’est que pour Tolkien, fëa ou pas, il ne s’agit pas de « choses » livrées au bon plaisir des Elfes et des Humains, mais de créatures vivantes, de bon ou de mauvais vouloir, mais dignes de la sollicitude des Puissances de l’Ouest.
(Bien, cela dit, vous pouvez contredire :-D ).

