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Symbolique du Saule chez Tolkien
#9
Merci Silmo :)

Silmo Wrote:"Saulaire"... j'adore !

L'expression n'est pas de moi, mais de Fangorn ;)

Concernant ta remarque 1. : je ne pense pas que la rivière de Mirkwood soit entourée de saules... du moins, il n'en ai jamais fait mention. Medw... heu, Beorn, pardon, les mets en garde avant qu'ils ne partent en leur disant que cette rivière est enchantée. Et noire. Je pense que cet épisode s'inscrit dans une autre poétique, celle du passage du monde des Hommes au monde enchanté: on retrouve tous les éléments "classiques" de ce passage : la Forêt, la Rivière, la barque, la chasse à la biche blanche, les Elfes mystérieux (et inquiétants)... En fait, ce passage me semble plus à relier au "testament poétique" de Tolkien, Smith de Wootton Major, qu'à une interprétation saulaire...
Les rares descriptions que l'ont a des arbres autour d'eux ne sont pas très indicatifs... Ce n'est que quelques jours après avoir passé la rivière que l'on sait que la forêt devient composée majoritairement de hêtres, ce qui n'était pas le cas avant... Même le grand arbre sur lequel grimpe Bilbo n'est pas décrit (à part qu'il est grand et gros...)

Pour la 2. : hi hi :) Je pense que la rêverie bachelardienne m'a un peu déteint dessus ;)

[citation=G. Bachelard, L'eau et les Rêves — Essai sur l'imagination de la matière, ch.1, VIII]Quelle est donc la fonction sexuelle de la rivière ? C'est d'évoquer la nudité féminine. Voici une eau bien claire, dit le promeneur. Avec quelle fidélité elle refléterait la plus belle des images ! Par conséquent la femme qui s'y baignerait sera blanche et jeune ; par conséquent elle sera nue. L'eau évoque d'ailleurs la nudité naturelle, la nudité qui peut garder une innocence. [...]
Pour certaines rêveries, tout ce qui se reflète dans l'eau porte la marque féminine.[/citation]

Un peu plus loin :

[citation=G. Bachelard, id. ch.3, VI]Innombrables sont les légendes où les Dames des fontaines peingent sans fin leurs longs cheveux blonds (cf. Sébillot, loc. cit., II, p.200). {...} Tout s'allonge au fil de l'eau, la robe et la chevelure; il semble que le courant lisse et peigne les cheveux. [...] il suffit qu'une chevelure dénouée tombe — coule — sur des épaules nues pour que se réanime tout le symbole des eaux.[/citation]

Pour ma rêverie du moins (mais les rêveries sont personnelles ; ainsi, notre ami Fangorn vo(ya)it les bouleaux comme des "adolescent dégingandés", alors que pour moi, le bouleau est aussi une figure féminine... puisque mince, souple, ferme et blanc ;)), les saules sont féminins, puisqu'au bord de l'eau, puisque penchée vers elle, puisqu'au long feuillage tombant... la blondeur, je te l'accorde, n'est pas nécessaire : c'est la longueur qui est importante.
Ceci dit, tu as raison sur le caractère de la jeunesse. Car la nymphe à la rivière est forcément jeune

[citation=G. Bachelard, id., ch.1, VII]Heureux celui qui est réveillé par la fraîcheur de la nature vivante. Chaque jour nouveau a pour lui la dynamique de la naissance. A l'aurore, le chant du ruisseau est un chant de jeunesse, un conseil de jouvence. Qui nous rendra le réveil naturel, le réveil dans la nature ?[/citation]

C'est l'inconvénient de partir sur un aspect "rêverie", car c'est éminemment personnel... Je retravaillerai donc ce passage, en insistant plus sur la jeunesse ; mais je ne puis me défaire de l'image féminine que j'associe spontanément au saule :)

Silmo, avec raison, Wrote:PS: je n'ai rien dit non plus des courbes car il est vrai qu'on les associe plus volontiers à la féminité... encore que cette notion évolue sans cesse et selon les cultures : en occident, le mannequin des défilés est osseux et filiforme (sans courbes); en orient, Buddha (un mâle) rassure par le galbe ondulé de sa ronde bedaine.

Le mannequin des défilés est hideux, et je ne parle même pas des mannequins des pubs, rognés, difformes et inhumains (il faudrait enlever des os pour arriver à ce résultat...). Mais en cours de dessin anatomique (où l'on croque des sujets normaux), c'est très flagrant : le trait même change selon le modèle, plus nerveux pour les sujets masculins, plus souple pour les sujets féminins.
Quant au Buddha... je ne qualifierai pas ses rondeurs de "galbées", puisque le terme à pour moi une idée de... fermeté ;)

Silmo Wrote:*voix off*
Obélix: [emphase]« Il vaut mieux être un peu enveloppé que rabougri; N'est-ce pas Astérix ? »[/emphase]

[Image: 1596317361_dans-mes-bras2.png]

S.
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