21-08-2008, 22:52
Je rebondis sur ce sujet qui a l'air de vous laisser perplexe, car en fouillant dans les Aratars, je suis tombé sur une traduction dioresque (donc excellente) des Notes sur óre, paru dans VT 41. À partir de l'étude de cette racine linguistique, Tolkien se lance dans des considérations sur les natures humaine et elfique rappelant l'Athrabeth, et on trouve notamment les passages suivants :
(La traduction est de Dior, l'emphase de moi-même).
Ce qui est nouveau ici (au moins explicitement, car cela apparait en filigrane dans l'Athrabeth) est cette notion de rébellion, que certes les Hommes ont essayé d'oublier, mais que les Eldar ont fini par deviner. L'acceptation de Melkor comme Dieu de la part des Hommes dans leur ensemble me semble nouvelle aussi : pas une simple allégeance, comme plus tard bien des hommes envers Sauron, mais la reconnaissance de Melkor comme vrai Dieu et maître - sans doute le plus grave péché envers Eru.
Tolkien a dit :
Les Eldar conjecturaient que quelque désastre était
arrivé aux Hommes avant qu'ils ne les eussent connus, suffisant pour endommager ou altérer les conditions selon lesquelles ils vivaient, en particulier au regard de leur « mort » et de leur attitude par rapport à elle. Mais de ceci les Hommes, même les Atani auxquels ils devinrent étroitement associés, ne parleraient jamais clairement. « Il y a une ombre derrière nous », diraient-ils, mais ils n'en expliqueraient pas la signification.
[...]
Les Eldar [effacé : croyaient] pensaient que quelque désastre, équivalant peut-être à un « changement du monde » (sc. quelque chose qui affecta toute son histoire ultérieure), était arrivé aux Hommes qui altéra leur nature, en particulier au regard de la « mort ». Mais de ceci les Hommes, pas même les Atani auxquels ils devinrent étroitement associés, ne purent jamais parler plus clairement qu'en faisant référence à « l'ombre derrière nous » ou « les ténèbres que nous avons fuies ». Il existe cependant un curieux document appelé le Débat de Finrod et Andreth. Finrod était [effacé : le Roi] un des rois noldorins connu comme Firindil ou Atandil
'ami des Hommes', très intéressé par ou sympathique envers eux. [...] De ce débat, il semblerait qu'Andreth croyait que la mort (et en particulier la crainte d'elle) s'était abattue sur les Hommes comme une punition ou un résultat de quelque désastre – rébellion contre Eru, devinèrent les Eldar; et qu'il n'y avait eu aucune
intention originelle selon laquelle les Hommes dussent être brefs ou fugaces.
[...]
La vie des Numenoréens avant leur chute (la 2nde chute de l'Homme ?) n'était donc pas tant un don spécial qu'une restauration de ce qui aurait dû être le patrimoine commun des Hommes, pour 200-300 années. Aragorn prétendait être le dernier des Numenoréens. Le « désastre », soupçonnaient donc les Elfes, fut quelque rébellion contre Eru ayant pris [la] forme d'une acceptation de Melkor comme Dieu.
arrivé aux Hommes avant qu'ils ne les eussent connus, suffisant pour endommager ou altérer les conditions selon lesquelles ils vivaient, en particulier au regard de leur « mort » et de leur attitude par rapport à elle. Mais de ceci les Hommes, même les Atani auxquels ils devinrent étroitement associés, ne parleraient jamais clairement. « Il y a une ombre derrière nous », diraient-ils, mais ils n'en expliqueraient pas la signification.
[...]
Les Eldar [effacé : croyaient] pensaient que quelque désastre, équivalant peut-être à un « changement du monde » (sc. quelque chose qui affecta toute son histoire ultérieure), était arrivé aux Hommes qui altéra leur nature, en particulier au regard de la « mort ». Mais de ceci les Hommes, pas même les Atani auxquels ils devinrent étroitement associés, ne purent jamais parler plus clairement qu'en faisant référence à « l'ombre derrière nous » ou « les ténèbres que nous avons fuies ». Il existe cependant un curieux document appelé le Débat de Finrod et Andreth. Finrod était [effacé : le Roi] un des rois noldorins connu comme Firindil ou Atandil
'ami des Hommes', très intéressé par ou sympathique envers eux. [...] De ce débat, il semblerait qu'Andreth croyait que la mort (et en particulier la crainte d'elle) s'était abattue sur les Hommes comme une punition ou un résultat de quelque désastre – rébellion contre Eru, devinèrent les Eldar; et qu'il n'y avait eu aucune
intention originelle selon laquelle les Hommes dussent être brefs ou fugaces.
[...]
La vie des Numenoréens avant leur chute (la 2nde chute de l'Homme ?) n'était donc pas tant un don spécial qu'une restauration de ce qui aurait dû être le patrimoine commun des Hommes, pour 200-300 années. Aragorn prétendait être le dernier des Numenoréens. Le « désastre », soupçonnaient donc les Elfes, fut quelque rébellion contre Eru ayant pris [la] forme d'une acceptation de Melkor comme Dieu.
(La traduction est de Dior, l'emphase de moi-même).
Ce qui est nouveau ici (au moins explicitement, car cela apparait en filigrane dans l'Athrabeth) est cette notion de rébellion, que certes les Hommes ont essayé d'oublier, mais que les Eldar ont fini par deviner. L'acceptation de Melkor comme Dieu de la part des Hommes dans leur ensemble me semble nouvelle aussi : pas une simple allégeance, comme plus tard bien des hommes envers Sauron, mais la reconnaissance de Melkor comme vrai Dieu et maître - sans doute le plus grave péché envers Eru.

