Mais les événements – les épreuves – prouvent qu'il est bien de la trempe d'un héros. Accepter volontairement d'aller au cœur du Mordor n'est pas rien, surtout lorsqu'on admet sa peur et son ignorance de la route.
Plus encore, il a bien la dimension d'un saint, et même, arguerais-je, d'un martyr. Il se sacrifie volontairement pour permettre aux autres d'être sauvés (ce qui lui confère d'ailleurs une qualité quasi christique). Il résiste non seulement à la tentation du pouvoir mais encore au découragement, à la tentation de la fuite, à l'apparente facilité d'aller À Minas Tirith.
En fait, je te rejoins dans ce que la réalité nous enseigne, c'est-à-dire que les moments d'épreuve, et surtout d'épreuve collective conduisent naturellement des gens en apparence ordinaires à se conduire selon les plus hauts principes de la morale, bien au-delà de ce que le devoir normal leur impose (témoins les Justes durant l'Occupation). Inversement, les mêmes épreuves révèlent également ce que l'Homme a de plus laid, au travers de ceux qui laissent cours à leurs penchants les plus noirs ou qui simplement agissent aveuglément ou capitulent face à l'inacceptable. Et l'on retrouve alors des Saruman, des Mîm, des Eöl ou des Celegorm...

