Non, nous ne comparons pas le dealer à Sauron. Le toxicomane - nous ne parlons pas ici du fumeur de joints occasionnel - va le plus souvent de lui-même vers la toxicomanie, vers la cocaïne, vers l'héroïne, en croyant y trouver l'extase, le bonheur, l'oubli. Il se forge son Anneau, ce qui deviendra sa Tentation, lui-même, et c'est à cette Tentation-là qu'il succombera, jour après jour.
Il pourra décider de se battre, ensuite, contre ce mal qui le roonge de par sa propre faute. Et là, je suis (moi, Lamberte) d'accord : chaque petite victoire est un germe de rédemption. Et ces tentatives, ces victoires, sont loin d'être dérisoires.
La question du repentir de Gollum, à la lumière de la comparaison avec la toximanie mérite d'être posée. Il change d'avis, décide de se battre, pourquoi alors n'est-il pas sauvé, à la manière de Boromir ? Y'a t-il un moment où le désir de lutter - une cure de désintoxication volontaire qui prend la forme, au choix, du sacrifice de Boromir ou du départ de Frodon vers Valinor - n'est plus suffisant ?
Hélas, non. Et Eru sait comme je le regrette... Maintenant, rien ne dit que Gollum n'est pas sauvé aux yeux d'Eru et dans la mémoire des hommes...

