à la limite, du coup ça illustre bien les deux modes d'échec.
- A Mirkwood, les Elfes font confiance mais Gollum ne veut pas guérir => échec.
- En Mordor, Gollum veut guérir mais Sam ne lui fait pas confiance => échec aussi.
ça montre assez que être aidé et vouloir guérir sont indissociables.
Quand à la pitié ou compassion des Elfes... en fait, pour moi la pitié est supérieure à la compassion :D
D'après le TLF (après, j'en sais rien, peut-être que dans un vocabulaire religieux c'est différent, mais je m'en tiens au vocabulaire que je maîtrise un peu mieux ^^) :
Pitié = Sentiment d'affliction que l'on éprouve pour les maux et les souffrances d'autrui, et qui porte à les (voir) soulager; disposition à éprouver ce sentiment.
Compassion = Sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d'autrui.
La pitié porte à soulager les souffrances, que la compassion c'est juste... ressentir.
Si les Sylvains n'avaient que compassion, bah, ils l'auraient laissé dans sa geôle en le plaignant. Mais ils ont pitié, alors ils cherchent à lui changer les idées.
D'ailleurs, c'est le terme de "Pity" qu'emploie Gandalf (je ne met que les citations vf, mais j'ai vérifié la vo) :
[...]
Je n'ai pas grand espoir de la guérison de Gollum avant sa mort, mais il y a tout de même une chance. Et il est lié au sort de l’Anneau. Mon cœur me dit qu'il a encore un rôle à jouer, en bien ou en mal, avant la fin, et quand celle ci arrivera, la pitié de Bilbon peut déterminer le sort de beaucoup à commencer par le vôtre. En tout cas, nous ne l'avons pas tué: il est très vieux et très malheureux. Les Elfes des Bois le tiennent en prison, mais ils le traitent avec toute la bonté qu'ils peuvent trouver dans leurs sages cœurs.
(et plus tard, en se remémorant ce que disait Gandalf, Frodo épargnera Gollum en disant «Bon, répondit-il à haute voix, abaissant son épée. Mais, tout de même, j'ai peur. Et pourtant, vous le voyez, je ne toucherai pas à ce misérable. Car, maintenant que je le vois, j'ai en effet pitié» (L4C1) ).
Plus loin encore, Gandalf refuse l'Anneau en disant :
Et bien plus tard encore, face à Denethor, Gandalf affirmera " il est d'autres hommes et d'autres vies, et des temps encore à venir. Et, quant à moi, j'ai pitié même de ses esclaves".
Dans le processus de guérison, (dans le cadre du SdA, toujours) la seule chose qui surpasse la pitié, c'est l'amour. So romantic ! (oui je suis une fille romantique, j'adore ce passage, il me rappelle Tuor et Idril ^^) :
d'une beauté que ne sauraient même dépeindre les mots de la langue elfique. Et je vous aime. [Autrefois,] j'ai eu pitié de votre chagrin. Mais, à présent, seriez-vous exempte de toute peine, de toute crainte, et de toute privation, seriez vous l'heureuse Reine de Gondor, je vous aimerais encore. Ne m'aimez-vous pas, Eowyn? »
(je modifie la traduction car dans la vo. ce n'est pas "compassion" qui est employé, mais bien "pity").
Malheureusement, Tolkien n'a pas cru bon d'inventer une gollumette ^^
Tolkien n'utilise pas une seule fois le terme "compassion" dans le SdA. C'est toujours "pity" (parfois avec une majuscule). Certes, après bref survol des occurrences, "pity" est souvent employé au sens faible de compassion. Mais au sens fort, on rejoint le sens français de la pitié : la compassion + le désir de changer les choses.
Comme je vois les choses (mais encore une fois, p'têt' que le vocabulaire religieux n'est pas pareil, je n'y connais rien) c'est la compassion qui ne sert pas à grand chose... et on utilise un peu abusivement le terme de pitié qui a normalement un sens plus élevé que juste "plaindre quelqu'un".

