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Se forger son propre anneau
#22
Hello,

un fort beau sujet que celui de la tentation, dont nous n'avons aps fait encore le tour.
Merci pour ce suejt lambertine.

Pour le suejt qui précède, je dirai pour ma part que
Miséricorde > Pitié > compassion.

Le défaut de la pitié et ce qui fait qu'il a si mauvaise presse en français c'est qu'il implique une notion de supériorité de l'un sur l'autre, l'un agissant justement pour soulager l'autre (qui devient donc quelque peu dépendant). Dans la compassion, il y a égalité ("con-"), il s'agit juste de souffrir (pâtir) ensemble. C'est plus satisfaisant pour l'orgueil, mais ça ne résoud aucun problème. Dans nos sociétés, on n'aime peut-être pas beaucoup être aidés / assistés (j'aurais pourtant juré le contraire ;-) ).

Pour le lien avec la toxicomanie, je le trouve intéressant, mais il me gêne aux entournures, à cause de la question de la liberté. Mais je n'ai pas encore bien cerné tout le sujet

Le sujet qui est finalement : se forger son propre anneau, sa propre tentation. Ce que je ne saisis pas très bien. Sauron ne se forge pas sa propre tentation. Il sépare son pouvoir et se forge un artefact qui lui permettra de reprendre de la puissance quand il en aura perdu. Son péché est plutôt celui de placer sa sécurité dans un objet extérieur, de se faire des réserves pour lui et pour lui seul.

La question est posée ainsi :
Peut-on soit même, dans notre monde, donner matière à la Tentation? Peut-être que oui. Il est possible de décider [...] de poser certains actes qui décideront ensuite de toute une vie. Qui engendreront par la suite des tentations "ultimes", malgré la volonté de les combattre.
Oui, cela s'appelle ne pas jouer avec le feu, ou ne pas tirer le diable par la queue. On dit en spiritualiét chrétienne que le péché est comme un escalier qui descend. Poser le pas sur la première marche, pas bien profonde, entraîne avec plus de force vers la marche suivante. Et plus on descend de marche, plus la lumière est loin derrière nous, moins on a de liberté pour résister aux marches suivantes.
(comme cette illustration donéne je ne sais plus où du péché originel (en conservant l'image d'un fruit), où l'homme regarde le fruit défendu en se disant :
- Allez je vais juste le regarder, mais je ne le touche pas
- Bon, je le touche, mais je ne le goûte pas.
- Bon, je le goûte, mais je n'avale pas
- Bon, ...

Le tout premier choix n'était pas "ultime" comme dit Lambertine, pourtant il était presque décisif. L'homme dans cette illustration s'est soumis, s'est livré à la tentation de lui même. La vertu consiste justement à éviter cela (comme on le dit dans le Notre Père, dans cette phrase dont Tolkien s'est particulièrement inspiré pour le SdA) : "ne nous soumet pas à la tentation". (si on le demande à Dieu, va-t-on s'y soumettre nous-même ?)

Gollum reste dans une dépendance difficilement maitrisable parce que contrairement à Frodon, il n'est ni un héros, ni un saint, et que face à la tentation ultime, même les saints et les héros tels Frodon échouent.
Tolkien exprime bien que dans son roman, la tentation était trop forte pour qu'aucun homme n'y résiste (pas même un ange, cf. Gandalf). Et c'est justement son sujet (je crois bien) : ces situations existent où l'homme n'est pas de taille à résister à la tentation.
Mais comme je l'illustre plsu haut, cela vient après une succesion d'autres tentations auxquelles il succombe librement alros qu'il avait encore le pouvoir de leur résister. On ne voit pas trop cette chute pour Frodon, puisque c'est par vertu qu'il se charge de l'anneau pour le mener à sa destruction. Dans la réalité, il n'y a pas de cas où l'homme puisse choisir la faute pour accomplir véritablement un bien (un bien réalisé par le truchement d'une faute tournera au mal, même si c'est beaucoup plus tard - la fin ne justifie jamais les moyens).

Donc Frodon est en dehors d'une analyse complète sur la tentation du fait de son histoire singulière. Gollum aurait pu ne pas tuer son frère et ne pas s'emparer de l'anneau quand il l'a vu. Là était sa première faute, grave, et le reste découle presque inéluctablement. Pourtant, et c'est plutôt cela qui est étonnant, il dispose de plusieurs occasions de se libérer, de se racheter, de remonter l'escalier. Il n'est pas aidé, et donc il échoue. Je ne saispas si on a l'exemple d'un autre à qui la même libération ait été proposée et qui y soit arrivé sans aide. J'ai l'impression que non.

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