Est ce que le terme de charité est différent de l'amour ? Je pense que oui, parce que justement il inclut l'idée d'agir en faveur de quelqu'un... Ainsi, les elfes de Mirkwood ou Frodon font preuve de Charité envers Gollum, en s'efforçant de leur mieux d'alléger ses souffrances et de le ramener à lui-même. Tandis que Sam se contente de la pitié, et la pitié ne peut pas lui permettre de chercher le bien de Gollum, de combattre pour cela les mauvaises pulsions qui l'entraîne à juger Gollum, lui refuser sa confiance, le considérer comme un cas désespéré.
Quant au libre arbitre, l'exemple de la toxicomanie fait paraître les choses quelque peu désespérée. En effet, nous sommes tellement conditionnés, dans certains cas... Parfois tout se met en branle pour nous pousser de force vers la première marche.
Et pourtant... Pourtant même quand nos forces humaines ne résistent pas, même quand nous n'avons pas la force de résister à une descente irréversible, je crois que même au plus profond de l'obscurité, il nous reste la liberté d'avoir un instant de regret...
Le regret, belle affaire peut-être. Peut-il être porteur de l'espérance d'un secours ? Le regret est-il suffisant pour permettre à une aide extérieur d'entendre un appel au secours silencieux ? Frodon par exemple n'a pas eu le choix. Il a regretté bien sûr de ne pas l'avoir, et que ce fardeau tombe sur ses épaules. Il était destiné à toucher le fond. Mais ses intentions n'en étaient pas moins pures, à l'origine. Peut-on dès lors dire qu'une force providentielle lui vient en aide, parce que justement il a regretté de n'avoir d'autres possibilités morales que de prendre l'anneau ?

