Sans doute certains penseront que le parallèle est forcé. Je ne crois pas. Il y a manifestement une dimension salvifique dans la mission de Frodon. (On sait que Tolkien est catho.) La comparaison a bien sûr ses limites. C’est du reste l’une des caractéristiques de toute analogie que d’avoir des limites. L’une d’elle réside dans le fait que Frodon « craque » à la fin (merci Gollum). Ce ne fut pas le cas du Christ (encore qu’il serait intéressant de comparer le nombre de fois où Frodon est tenté de mettre l’anneau avec les 3 chutes de Jésus sur le chemin de croix… Mais ne forçons pas trop les comparaisons…).
Revenons à ces notions de choix et de liberté. J’insiste pour dire qu’il s’agit là de notions fondamentalement chrétiennes. Tous les personnages sont libres. Libres de choisir entre le bien et le mal. Et plus ils ont effectivement reçu (oui, cf. Lc 12, 48), plus leur choix a de la valeur : Cf les Elfes qui savent que leur choix de détruire l’anneau entrainera la perte de leur propre pouvoir, mais pour le bien de tous. En résumé : La liberté qui permet le sacrifice, en vue du bien de tous. L’analogie avec le Christ est là, flagrante.
Frodon sait pertinemment bien que son sacrifice est nécessaire et qu’il le conduira probablement à sa perte. N’oublions pas que Tolkien a connu l’horreur des tranchées et qu’il a appartenu à une génération où le sacrifice pour une noble cause n’était pas une idée, mais une réalité. Le soldat meurt pour son pays, sa famille… Frodon va à la mort pour la Terre du Milieu. Le Christ va à la croix pour le salut du monde. Et, j’insiste, tout cela dans la liberté.
A propos : Quand je parle de liberté, il ne s’agit pas de la vision moderne où la liberté est regardée comme cette faculté qui m’est donnée de faire ce que je veux (et parfois n’importe quoi…). Notion moderne qui peut conduire à la pire des anarchies. La liberté (vision catho) est bien plutôt cette capacité de choisir entre le bien et le mal (qui plus est, en assumant le choix que l’on a fait, merci encore à Yyr de Luc 12, 48). Cette liberté-là est, selon moi, flagrante dans le SdA, chez tous les personnages.
Le SdA est dans le fond un hymne à la liberté, et par extension, un immense message d’espérance (les choses se terminent bien quand on fait le choix du bien). C’est aussi tout simplement un résumé de notre humanité. En disant cela, je pense aux 3 premiers chapitre de la Genèse, notamment avec le péché originel : Adam et Eve qui pèchent parce qu’ils ont librement choisi de se passer de Dieu. Et l’Ancien Testament, c’est l’histoire de ce Dieu qui vient racheter l’humanité, sans cesse confrontée à ce choix de Dieu. Il n’y a pas plus libre qu’un chrétien…
Bon. Suis bavard ce soir…
Rassurez-vous, je ne cherche pas à vous convertir, si tenté qu’il y en ait besoin :)… je vous fais juste part de la lecture que j’ai faite du SdA. Avec mes tripes…

