17-11-2010, 12:05
Bonsoir,
J'étais parti me promener...
Je reviens un instant sur l'intervention de Yyr à propos de la liberté. Je suis d'accord avec ses précisions. Je voulais juste préciser un point. J'ignore dans quelle mesure Tolkien pouvait être influencé par la religion protestante (très présente évidemment en Grande Bretagne). Il était catholique, n'est-ce pas ? Hors, il existe une différence fondamentale entre ces 2 religions concernant le problème du choix dans la liberté.
Soyons clair: le destin n'est aucunement une notion catholique. J'entends ici par destin, une sorte de scénario écrit par avance et dans lequel la personne humaine n'aurait absolument aucune possibilité d'intervenir, comme spectateur de sa propre vie. En gros, quoique tu fasses, si par exemple tu es destiné à l'enfer, tu iras, un point c'est tout. Cette vision protestante (très grossièrement résumée, et inégalement présente dans ces églises au demeurant) n'est pas catholique: elle est contraire la Sagesse de Dieu qui nous a créé libre. Si nous n'étions pas libres, nous ne pourrions pas choisir, et donc nous ne pourrions pas aimer, comme je le disais dans une intervention précédente. Or Dieu nous ayant créé par amour, il nous appelle à l’amour, d’où cette nécessite de la liberté, réalité d’ordre ontologique.
A la place du destin, nous parlerons plutôt de « vocation » (au sens très large du terme) où la personne est appelée par Dieu à quelque chose, mais reste entièrement libre de la faire ou non. Il me semble que Tolkien est de ce point de vue parfaitement catholique.
Reste le problème de l’influence (chez Frondon) par rapport à sa mission : Il y a ce qu’on appelle la grâce. Ce que l’on pourrait décrire comme une présence de Dieu dans l’intelligence et la volonté de la personne, mais sans jamais violer la liberté de cette personne. Il revient à la personne de répondre favorablement ou non à cette présence de grâce, à cette vocation, à cet appel. Mais jamais Dieu ne viole la liberté humaine. Ce serait, j’insiste, contraire à sa sagesse. Frodon n’est pas, me semble-t-il, « prédestiné » à résoudre le problème de l’anneau. Il y est appelé. Ce qui est très différent. Cela rend d’ailleurs son acte beaucoup plus beau et beaucoup plus noble, car sa démarche est le fruit d’un choix libre et conscient, et non le résultat d’une obligation morale qui lui serait, en quelque sorte, ordonnée de l'extérieure.
Et qu’en est-il du péché ? Le péché peut résulter d’une structure de péché, c'est-à-dire quand la raison est erronée par l’environnement, la société, etc… C’est le propre du « vice ». Le vice, c’est quand le péché devient la norme. (Nous vivons dans une société où certains actes sont devenus « normaux » alors qu’ils sont fondamentalement peccamineux. Je n’insiste pas car ce forum n’en est pas le sujet, mais je pourrai prendre le cas de l’avortement…)
St Thomas d’Aquin explique que le mal résulte d’un bien, sauf que celui-ci est erroné, soit dans sa finalité, soit dans les moyens. (Si mon voisin fait de la trompette à minuit, je peux décider de le tuer car il réveille mes enfants. La santé de mes enfants est assurément un bien, mais je me trompe quand aux moyens). On voit bien que Boromir est animé d’un bien (l’avenir de son peuple), mais sa raison et erronée quand aux moyens pour y arriver (se servir de l’Anneau).
Or, si on considère q
J'étais parti me promener...
Je reviens un instant sur l'intervention de Yyr à propos de la liberté. Je suis d'accord avec ses précisions. Je voulais juste préciser un point. J'ignore dans quelle mesure Tolkien pouvait être influencé par la religion protestante (très présente évidemment en Grande Bretagne). Il était catholique, n'est-ce pas ? Hors, il existe une différence fondamentale entre ces 2 religions concernant le problème du choix dans la liberté.
Soyons clair: le destin n'est aucunement une notion catholique. J'entends ici par destin, une sorte de scénario écrit par avance et dans lequel la personne humaine n'aurait absolument aucune possibilité d'intervenir, comme spectateur de sa propre vie. En gros, quoique tu fasses, si par exemple tu es destiné à l'enfer, tu iras, un point c'est tout. Cette vision protestante (très grossièrement résumée, et inégalement présente dans ces églises au demeurant) n'est pas catholique: elle est contraire la Sagesse de Dieu qui nous a créé libre. Si nous n'étions pas libres, nous ne pourrions pas choisir, et donc nous ne pourrions pas aimer, comme je le disais dans une intervention précédente. Or Dieu nous ayant créé par amour, il nous appelle à l’amour, d’où cette nécessite de la liberté, réalité d’ordre ontologique.
A la place du destin, nous parlerons plutôt de « vocation » (au sens très large du terme) où la personne est appelée par Dieu à quelque chose, mais reste entièrement libre de la faire ou non. Il me semble que Tolkien est de ce point de vue parfaitement catholique.
Reste le problème de l’influence (chez Frondon) par rapport à sa mission : Il y a ce qu’on appelle la grâce. Ce que l’on pourrait décrire comme une présence de Dieu dans l’intelligence et la volonté de la personne, mais sans jamais violer la liberté de cette personne. Il revient à la personne de répondre favorablement ou non à cette présence de grâce, à cette vocation, à cet appel. Mais jamais Dieu ne viole la liberté humaine. Ce serait, j’insiste, contraire à sa sagesse. Frodon n’est pas, me semble-t-il, « prédestiné » à résoudre le problème de l’anneau. Il y est appelé. Ce qui est très différent. Cela rend d’ailleurs son acte beaucoup plus beau et beaucoup plus noble, car sa démarche est le fruit d’un choix libre et conscient, et non le résultat d’une obligation morale qui lui serait, en quelque sorte, ordonnée de l'extérieure.
Et qu’en est-il du péché ? Le péché peut résulter d’une structure de péché, c'est-à-dire quand la raison est erronée par l’environnement, la société, etc… C’est le propre du « vice ». Le vice, c’est quand le péché devient la norme. (Nous vivons dans une société où certains actes sont devenus « normaux » alors qu’ils sont fondamentalement peccamineux. Je n’insiste pas car ce forum n’en est pas le sujet, mais je pourrai prendre le cas de l’avortement…)
St Thomas d’Aquin explique que le mal résulte d’un bien, sauf que celui-ci est erroné, soit dans sa finalité, soit dans les moyens. (Si mon voisin fait de la trompette à minuit, je peux décider de le tuer car il réveille mes enfants. La santé de mes enfants est assurément un bien, mais je me trompe quand aux moyens). On voit bien que Boromir est animé d’un bien (l’avenir de son peuple), mais sa raison et erronée quand aux moyens pour y arriver (se servir de l’Anneau).
Or, si on considère q

