En revanche, pourquoi ne pas imaginer que Silmariën ait pu se faire enterrer en compagnie de ses ancètres, en tant qu'enfant aîné de Tar-Elendil ? Si tel était le cas, on pourrait considérer vraisemblable que les Seigneurs d'Andunië aient conservé un bloc rocheux tiré de son tombeau en mémoire de leur ascendance. Ramener une telle pierre en Terre du Milieu reviendrait alors à revendiquer l'héritage des rois de Numenor de la part d'Isildur, une action dans la droite ligne de celle qui le conduisit à préserver la descendance de l'Arbre Blanc.
Le placement de cette pierre ne serait pas non plus un hasard, étant à la longitude constituant le milieu approximatif du Lebennin, la partie du Gondor méridional qu'Isildur possédait en commun avec son frère. (Du point de vue externe, suivant le récit initial de Tolkien, cela rejoint la logique de placement d'une tour à palantir en cet endroit.) En latitude, elle est plus ou moins à mi-distance entre la pointe sud de Belfalas et Angrenost, qui constituait dès le règne d'Isildur la matérialistation de la frontière nord du Gondor. Bref, la géographie souligne la centralité de la Pierre, qui fait dès lors figure de coeur symbolique du royaume de Gondor, ce qui constitue d'ailleurs un parallèle frappant avec le Meneltarma.
Didier, le volume 2 de tes essais doit bien parler de géographie ? Parce que je préempterais bien la question des pierres dressées chez Tolkien et de leur résonance géographique.

