07-03-2002, 15:54
Cirdan -> <i>il me semble que Tolkien a egalement tenu a garder une legitimite a la tradition humaine qui veut que les Atani n'etaient pas originellement voues a la mort</i><p>ma foi, si cela est vrai, j'avoue que je préfère sans conteste une telle version. C'est effectivement pus proche d'une vision chrétienne. Faire de la mort un don, et une étape belle, <b>en soi</b>, me gênais. <p><i>La mort est en soi mauvaise car intimmement lie a Morgoth. Evidemment, si comme Finrod on peut avec quasi-certitude rejeter la capacite de Morgoth a etre le créateur de la mort </i><p>Alors c'est encore mieux que tout ce que j'espérais, et cela rejoint avec profondeur la théologie catholique, dans laquelle St Thomas découvre que l'homme a été fait mortel (pour les même raison qui empêche Satant de modifier la nature humaine), mais à qui a été donné en même temps le don de l'immortalité, come pour couvrir sa mortalité, don qu'il ne gardait qu'en étant attaché à la Vie : Dieu. Sa chute lui a fait perdre ce don (et d'autres), et l'homme s'est retrouvé mortel. c'est en cela que l'avertissement de Dieu se réalise :"si tu en mange, tu mourras", car en soi l'homme ne meurt pas après avoir mangé du fruit.<p>Il reste que Tolkien a imaginé cette idée de don, qui est difficile à cerner s'il expose en même temps que la mort n'est pas seulement une vision pervertie par malkor, mais encore que la mort ne leur était pas destinée au départ. Si ce don est lié à une "chute", ce peut-il qu'en fait ce soit l'inverse qui soit vrai: la mort est un retour à un état mauvais, provoqué par Melkor, mais il est possible de regarder la mort avec paix et sérénité, dans la mesure où 'on a confiance au destin qu'Eru réserve à l'homme, et que la mort n'est plus vu come un mal, mais comme le moyen de retourner au créateur (e opposition complète à l'idée que la mort est un don bon, dont la vision a été pervertie par Melkor.)<p>Concernant Turin, je rangerais volontiers tout ce qui le concerne à part dans l'univers de Tolkien. Je ressens une grande rupture de cette histoire avec tout le reste de son univers (cf. les questions sur les épées qui parlent). C'est un drame terrible, qui ne laisse aucune place à l'espoir, ce qui ne va pas dans le sens de ses autres récits. Utrin à mon avis est une oeuvre d'abord poétique, qu'l faut considérer ainsi, et non pas forcément une oeuvre où tolkien a pu librement poursuivre le lien avec ses autres exposés.<p>Par contre je ne peux pas écarter l'argument d'Arwen, pour qui la mort est effectivement un fardeau. Son destin rejoint pourtant celui des hommes, dorénavant. Peut-être n'a-t-elle pas l'occasion de s'y préparer comme son époux. Mais quelque part elle meurt parce qu'Aragorn est parti. Elle meurt abandonnée, seule, mais je ne crois pas qu'elle meurt tristement dans le sens où elle n'aurait pas l'espoir.<p>Bon, je ne sais plus très bien ce que je voulais dire.<br>Sinon que je suis content de voir la pensée de Tolkien retrouver celle des plus grands auteurs catholiques sur des questions tout à fait difficiles.

