05-01-2004, 08:21
<b>Les Anges de l’Ombre</b>, p 201<p>Je n’ai pas trouvé dans l’article de V. Flieger d’explication visant à justifier la traduction de ‘Holy One’ par ‘Saint-Unique’. Pour ma part, une lecture naturelle du texte me donne de comprendre <font color=#000080>« […] and he made first the <i>Ainur</i>, the Holy Ones, […] »</font> en <font color=#000080>« […] et il fit d’abord les <i>Ainur</i>, les Saints (= "Ceux qui sont Saints"), […] »</font>. <p>Par ailleurs, ce qui vient corroborer cette lecture, il me semble bien que ‘Holy Ones’, dans cette phrase, vient en fait en <i>traduction</i> de <i>Ainur</i>, comme ‘the One’ vient précédemment en traduction de <i>Eru</i>. Des traductions de … l’elfique … où <b>aina</b> (adj.) et <b>ainu</b> (n.), dans la <u>totalité</u> des occurrences du Conte, sauf erreur de ma part, signifient exactement et uniquement ‘holy’ (la singularité étant rendue à l’aide la racine √ER), et renvoient ainsi strictement à la nature sainte de leurs objets.<p>Cf. l’une de ces références dans <i>Quendi & Eldar</i> :
<blockquote><font color=#000080><b>Ainu</b> 'one of the "order" of the Valar and Maiar, made before Eä'. Valarin ayanūz. It was from this ainu that in Quenya was made the adjective aina 'holy', since according to Quenya derivation ainu appeared to be a personal form of such an adjective [Esse/399]</font></blockquote>
Le quenya <b>Ainu</b> semble être un emprunt du valarin <b>ayanu-</b> (voir aussi le tome quatrième de l’<i>Encyclopédie de la Terre-du-milieu</i> d’EJK). Bien que la définition de ce dernier ne soit pas donnée directement (on sait seulement qu’ainsi était désigné dans la langue des Valar un esprit angélique auprès d’Eru), il apparaît ici qu’il a servi dans la langue des hauts-Elfes pour désigner ce qui « inspire une crainte révérencieuse » (voir dans une certaine mesure la note étymologique de 1957 : √AYA-N ‘treat with awe/reverence’ [VT43/14]), soit « ce qui est Saint ».<p>Cela n’empêche aucunement de parler d’une éventuelle singularité des anges d’Eru. Simplement, cela n’entre pas dans la sémantique directe de <b>Ainu</b> ni de ‘Holy One’, qui doivent être traduits, d’après moi, par ‘(qui est) Saint’.
Jérôme
<blockquote><font color=#000080><b>Ainu</b> 'one of the "order" of the Valar and Maiar, made before Eä'. Valarin ayanūz. It was from this ainu that in Quenya was made the adjective aina 'holy', since according to Quenya derivation ainu appeared to be a personal form of such an adjective [Esse/399]</font></blockquote>
Le quenya <b>Ainu</b> semble être un emprunt du valarin <b>ayanu-</b> (voir aussi le tome quatrième de l’<i>Encyclopédie de la Terre-du-milieu</i> d’EJK). Bien que la définition de ce dernier ne soit pas donnée directement (on sait seulement qu’ainsi était désigné dans la langue des Valar un esprit angélique auprès d’Eru), il apparaît ici qu’il a servi dans la langue des hauts-Elfes pour désigner ce qui « inspire une crainte révérencieuse » (voir dans une certaine mesure la note étymologique de 1957 : √AYA-N ‘treat with awe/reverence’ [VT43/14]), soit « ce qui est Saint ».<p>Cela n’empêche aucunement de parler d’une éventuelle singularité des anges d’Eru. Simplement, cela n’entre pas dans la sémantique directe de <b>Ainu</b> ni de ‘Holy One’, qui doivent être traduits, d’après moi, par ‘(qui est) Saint’.
Jérôme

