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Irène Fernandez et C.S. Lewis
#17
j'ai pas le temps, j'ai pas le temps, j'ai pas le temps, tant pis, je le prends quand même.

Je suis en train de lire le livre d'Irène Fernandez, CS Lewis, Mythe, raison ardente, et je pense Vinyamar que la plupart des développements à tes questions sont présents dans le chapitre intitulé "le mythe selon Lewis" et celui nommé "Mythe et allégorie" et aussi "une théo/logie du mythe ?" (bref au moins 3 chapitres sur les 5...) Je ne peux pas faire un "rapport de lecture" maintenant, mais toute cette problématique-là est abordée de manière très fine et très philosophique, y compris la différence de perception entre Lewis et Tolkien (44 références dans l'index).<br>Je ne dirai pas que "Mythe, raison ardente" donne des "réponses définitives", mais enfin, c'est de la nourriture solide, si je puis m'exprimer ainsi.<p>J'ai aussi été interpellée par la référence à Orwell, mais je le connais trop peu pour en parler.<p>Si je puis émettre une opinion (qui demande à être étayée, mais j'y travaille) il me semble que Tolkien n'aimait pas chez Lewis une certaine "facilité", c'est ce que j'avais compris de son reproche principal à l'allégorie. Dans sa biographie, Carpenter rapporte que Tolkien traita un jour Lewis de "théologien pour tous". Derrière ce "coup de gueule" (si on peut dire) il y a je crois un sentiment propre à Tolkien de ne pas aimer ce qui est trop "évident" ou trop "lisible", qui prête trop le flanc à l'interprétation univoque. (je ne suis pas sûre d'être claire).<br> Je le rapproche de ma propre lecture car, quand pleine de bons sentiments, j'ai voulu attaquer les Chroniques de Narnia il y a deux ans, je n'ai pas réussi à dépasser les deux premiers chapitre du Neveu du Magicien. Il y a un ton un peu "didactique", (la référence aux "bonbons" tout au début, m'a proprement hérissée, pourtant en général le ton des contes me séduit plutôt) une facilité d'applicabilité qui m'ont irritée, et maintenant encore je ne les lis que par devoir.<br>Il me semble que la pensée mythopoétique de Lewis est parallèle (ou similaire) à celle de Tolkien jusqu'à un certain point (après tout, il en hérite!), mais diverge ensuite, et l'une des causes de cette bifurcation, pour moi, est en partie d'ordre théologique (puisque Tolkien comme Lewis comprennent le mythe dans l'ordre d'une révélation, adhèrent à cette révélation mais divergent quant à son économie (au sens de développement), et notamment au niveau sacramentel : je me demande -mais ce n'est qu'une question- s'il n'y a pas là quelque chose à creuser.)

A voir... en tout cas, c'est passionnant. Merci :)

[small](sit finis "verbum", non finis quaerendi<br>ici finit le "[petit] mot", non la quête)[/small]

Bien à vous,

C.
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