05-12-2005, 21:35
Quote:il y a je crois un sentiment propre à Tolkien de ne pas aimer ce qui est trop "évident" ou trop "lisible", qui prête trop le flanc à l'interprétation univoque.
Oui, cela me semble très juste. je crois que c'est en cela que tient la critique de Tolkien à l'allégorie, parce que par ailleurs il développe lui même les propres allégories de son oeuvre. Mais il n'aime pas en effet qu'elles soient univoques, disons contraignantes poru le lecteur. Mais je crois aussi qu'il surestime son lecteur, qui ne partage pas forcément sa culture. (et à coup sûr il surestimait le lecteur d'aujourd'hui, qui même quand on lui met le nez dedans continue à réfuter ou refuser plutôt la portée religieuse de son oeuvre). <br>Mais c'est là que je ne comprends plus Tolkien. Pourquoi n'aime-t-il pas ce qui est trop facile, trop évident selon lui ? Veut-il réserver les trésors de ses mythes à des lecteurs informés, je ne dirai pas à une élite (on me ferait des histoires car cela serait mal compris) mais à des lecteurs capables ?! Pourquoi ne pas vouloir que tout le monde comprenne ce que recèle son oeuvre ? <br>Il préfère l'applicabilité à l'allégorie, mais en même temps il refuse qu'on voit dans les artefacts de son histoires des symboles qui sont trop éloignés de ce à quo il pensait (ainsi refusait-il qu'on voit dans l'Anneau la bombe Atomique, estimant qu'au mieux il représente le Pouvoir en général. Pris en flagrant délit de refus d'une applicabilité. Et il y en a des dizaines d'autres. Tolkien donne son interprétation de son oeuvre, accepte parfois d'autres auxquelles il n'avait pas songé (comme la Vierge Marie vue en Galadriel), mais en refuse quelques unes.<br>Et je suis sûr qu'aujourd'hui il serait triste de découvrir que certains voient en son oeuvre un génial récit païen excluant tout rapport à la foi.<br>Pourtant c'est ce que doit permettre l'applicabilité.<p>Je trouve donc des contradictions dans l'antipathie de Tolkien vis-à-vis de l'allégorie, et je ne la comprend pas.
Quote:l'une des causes de cette bifurcation, pour moi, est en partie d'ordre théologique (puisque Tolkien comme Lewis comprennent le mythe dans l'ordre d'une révélation, adhèrent à cette révélation mais divergent quant à son économie (au sens de développement), et notamment au niveau sacramentel
Et ce serait parfaitement cohérent avec ce qui les distingue dans leur vie de foi. Mais je ne comprends pas cette inclusion du sacramentel dans le rapport au mythe. Peux-tu être plus explicite ?

