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Irène Fernandez et C.S. Lewis
#31
Lægalad Wrote:Je trouvais ça bien, moi... aller au-delà des querelles de clocher, toucher à cet idéal de Bonté et Beauté, d'amour de l'autre et d'émerveillement... qui, je le maintiens, le pense et l'affirme, existe (peut exister du moins) chez tout homme, qu'il soit ou non d'une confession quelle qu'elle soit. Et (mais ce n'est que mon opinion de jeune personne sans doute idéaliste) [...]

Oui et non :) je ne crois pas que Tolkien pensait que cet « idéal de Bonté, d'amour et d'émerveillement » était encore accessible de manière naturelle à l'Homme dans un monde qu'il n'arrête pas de qualifier de déchû. <small>Et il n'était pas non plus un relativiste qui croyait à une relation au Bien donnée à l'Homme indépendamment de sa relation à Dieu ...</small> Il n'a cependant pas écrit pour convertir, et je te suis :) dans ce que tu dis ensuite :

Quote:[...] je pense que c'est cela que Tolkien voulait faire vibrer (c'est pour ça que cette conclusion m'a tant plue), cet état d'esprit qu'il voulait induire : non pas convertir à quoi que ce soit, mais montrer que le monde, en dépit de tout, est source d'émerveillement, que le respect et l'amour, "outside our domestic parish", sont la clé de l'épanouissement de l'Homme.

Je crois que d'une manière générale, Tolkien a voulu sensibiliser à la <i>Faërie</i>.<p>Mais si <i>Faërie</i> n'est pas religieuse, cela ne veut pas dire que le <i>Conte Faërique</i> lui n'est pas religieux : Tolkien dit dans son (autre) essai que le conte peut être un <i>véhicule</i> du Mystère <small>(entre autre ! pas uniquement !)</small>. En aucun cas (pour Tolkien) la <i>faërie</i> du conte ne sera (dans sa nature) religieuse, i.e. ne pourra se permettre d'incarner le Mystère, mais à travers elle, et surtout à travers l'histoire, le dessin du Mystère pourra-t-il être entraperçu, comme le reflet renvoyé par un miroir (le conte faërique est ce miroir, et la faërie son pouvoir, sa magie). Faire de la Faërie elle-même une incarnation du Mystère, selon Tolkien (auquel je m'accorde), c'est de l'allégorie, et c'est gênant à la fois pour le conte et pour le Mystère : - et d'un le conte n'est plus vraiment « vivant », car il a alors été écrit en vue de tout autre chose que pour lui-même - et de deux il prétend à quelque chose qui dépasse tout sous-créateur : seul Dieu est l'auteur/créateur capable de concevoir le Mystère et de le dire, dans sa Parole. <small>Voilà pourquoi, sans beaucoup de doute, Tolkien écrivait-il aussi que s'il s'agissait d'étudier le Mystère lui-même, il valait mieux écrire un traité de théologie qu'un conte.</small>

Il n'y a (à mon avis) pas la moindre contradiction dans les affirmations de Tolkien tant par rapport à l'allégorie que par rapport au religieux d'un conte ; ainsi dans la même lettre voire peut-être même dans la même phrase écrivait-il, de mémoire <small>(en écho à Vinyamar)</small> : « le Seigneur des anneaux est profondément religieux (...) c'est pourquoi j'en ai ôté tout élément religieux » :). Mais il s'agit de bien distinguer ce qui est du ressort de la <i>nature</i> de faërie (et des créatures qui l'habitent et qui sont libres de nous) de ce qu'elle <i>véhicule</i> dans le conte et l'histoire.

Jérôme :)

<small>— qui passe très vite, sur le départ de ses vacances, et souhaite à chacun, à l'occasion de ce Noël, l'émerveillement et le respect des Elfes, et l'ouverture « outside our domestic parish » que la Faërie peut enseigner ... en lien avec un très beau mystère ... :)

Lægalad Wrote:Je sais que je n'ai strictement rien à faire ici (...)

Tu ne dis pas souvent de grosses bêtises, princesse, mais en voilà une - bise :)</small>
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