25-06-2012, 18:17
Que pourrai-je dire en apprenant, avec une certaine émotion, cette très triste nouvelle... moi qui n'ai connu Marie que de façon virtuelle, et cependant si singulière... Il reste aujourd'hui quelques souvenirs - difficiles pour certains d'entre-eux - et surtout des questions vouées, hélas, à rester sans réponse... <p>J'avais surtout fait connaissance avec Marie via ce fameux réseau social, durant l'été 2009, à son initiative. Je ne l'avais pas alors tout de suite reconnu, sachant que nous avions déjà bien sympathisé auparavant sur le présent forum, au sein duquel ses interventions, sous le pseudonyme de Saivh, ont longtemps été assez régulières, avant de devenir plus rares au fil des années. Sur le réseau social en question, nous avons beaucoup échangé, car nous avions de nombreux goûts en commun, sans toutefois avoir les mêmes opinions sur tout, loin s'en faut. De façon générale, il était agréable d'échanger avec elle... le contexte fut-il parfois, à mes yeux, ambiguë. Je me souviens surtout d'une personne ayant un humour, un enthousiasme, une curiosité et une spontanéité que j'appréciais. Elle était souvent difficile à joindre, et il n'était pas toujours aisé d'avoir une conversation suivie avec elle. Combien de fois me suis-je demandé ce que signifiait ce qu'elle écrivait sur sa page du réseau, quel était le sens profond de ce qu'elle pouvait écrire, quel message ou impression cherchait-elle véritablement à faire passer... Ses propos, son attitude sur ce réseau, étaient généralement imprégnés de mystère, même si on sentait de sa part, par moments, un profond mal-être... exprimé plusieurs fois publiquement - en anglais - par une volonté affichée de mourir, et le sentiment d'être ignorée, voire méprisée. Son mal-être, je m'y étais un peu reconnu, à l'époque, ce qui m'avait fait commettre l'erreur de penser que je pouvais peut-être l'aider, même seulement virtuellement, à voir la vie d'une façon plus positive que ce qu'elle pouvait exprimer sur sa page de réseau. J'ai essayé de la conseiller, de partager, y compris en lui rendant service en lui envoyant des produits culturels qu'elle ne pouvait pas se procurer en France depuis l'Irlande. J'aurai apprécié de pouvoir la rencontrer en vrai lors d'un <i>moot</i>, afin d'essayer de comprendre davantage sa personnalité, nimbée de mystère...<p>Je n'ai jamais su si elle avait compris mes intentions initiales... J'en ai fortement douté lorsque j'ai découvert, bien plus tard, l'existence de rumeurs, absurdes et blessantes, relatives au comportement que j'aurai eu vis-à-vis d'elle. J'ai voulu simplement aider quelqu'un qui n'avait pas l'air d'aller bien, mais quand on n'a pas eu l'opportunité de rencontrer la personne en vrai, et qu'il est difficile de communiquer facilement avec elle virtuellement, faute de disponibilité <i>a priori</i> de sa part, ce n'était sans doute pas une bonne idée, d'autant plus que je me trouvais moi-même, à l'époque, dans un contexte personnel également difficile... <p>Nous sommes tous des êtres humains, faillibles et imparfaits...<p>En janvier 2010, après m'avoir invité à venir la voir en Irlande - dans le cadre d'une invitation collective -, Marie a coupé les ponts, sans doute à cause de mon insistance maladroite à vouloir comprendre pourquoi il était si difficile de communiquer avec elle alors qu'elle paraissait par ailleurs demander de l'aide... J'ai très mal vécu cette situation à l'époque, même si cela n'en valait sans doute pas la peine. Pendant de longs mois, pour ne pas que Marie continue à avoir l'impression d'être ignoré par tous - notamment dans le cadre de son travail, d'après ce que j'avais compris -, j'avais pris mon crayon et mon carnet de dessin, et j'avais amicalement entrepris de faire son portrait, d'après une de ses photos : c'était une surprise, pour son anniversaire (le même jour que celui de ma grand-mère, décédée depuis)... la seule surprise que j'ai jamais voulu lui faire, contrairement à ce que certains ont peut-être cru. Le portrait est visible dans mon album de dessins, sur ma page du réseau social en question. Après qu'elle ait décidé de ne plus communiquer, je lui ai tout de même envoyé une copie du dessin achevé, avec des revues d'occasion que je lui avais acheté à sa demande. Dans l'enveloppe, il y avait aussi une lettre, dans laquelle je lui écrivais que, malgré tout, la porte restait ouverte en ce qui me concernait, et dans laquelle je lui souhaitais sincèrement tout le bonheur qu'elle méritait. Je n'ai jamais su avec certitude si le courrier lui était bien parvenu. Je n'ai plus eu de ses nouvelles par la suite, sinon par le biais des commentaires qu'elle laissait parfois sur les pages de réseau de nos contacts communs, en particulier sur la page de Kendra (avec qui je ne serais sans doute pas entré en contact sur ce réseau sans Marie, à présent que j'y songe). Ces quelques souvenirs, enfouis dans ma mémoire, ressurgissent à présent tout-à-coup, fussent-ils sans doute dérisoires aux yeux d'autrui... Telle fut Marie, en tout cas, telle que je l'ai connu : une personne que j'aurai, tout simplement, aimé connaître mieux...<p>Maintenant, c'est fini. Pas de <i>happy end</i>. Je ne sais évidemment pas exactement ce qui s'est passé, mais j'avais eu vaguement l'impression qu'elle allait mieux ces derniers temps, par rapport à l'époque où je l'avais connu. Marie est morte, et le mystère reste, même noyé dans la tristesse... J'aurais aimé avoir la chance de pouvoir un jour y voir plus clair à l'occasion d'une rencontre réelle, car je ne doute pas que les malentendus, s'il devait y en avoir, se seraient dissipés. J'aurais aimé que l'histoire, toute l'histoire, se termine autrement...<p>Voila tout ce qui me vient à présent à l'esprit... Un passé, à la fois singulier et peut-être dérisoire... et des regrets sincères, bien sûr, de ne pas avoir pu ou su faire tout ce qu'il était possible pour essayer de comprendre davantage et d'agir au mieux... <p>Je ne sais pas si j'ai bien fait de m'exprimer ainsi en ces lieux... les jugements sont si faciles... mais, au fond, peu importe... <br>Au-delà de toutes les péripéties, des hauts et des bas, des choix bons ou mauvais, des joies et des peines, je pense que Marie avait un bon cœur, que la vie a mis à rude épreuve, et qu'elle n'aurait pas dû partir si tôt. Ce soir, je suis triste pour sa famille, pour ses proches.<p><i>"Mort à jamais ? Qui peut le dire ?"</i> écrivait Marcel Proust. <p>Au revoir, Marie. Puisses-tu, désormais, reposer en paix.<p>Amicalement,<p>Hyarion.

