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[Critiques] The Hobbit: An Unexpected Journey - Peter Jackson (2012)
shudhakalyan Wrote:À mon sens, l'adaptation PJ est, globalement et au final (ou presque), ratée mais, pour tous ceux qui ont un peu de gout pour ce genre de choses, elle vaut la peine d'être vue — et je ne parle pas ici de l'érudit qui survit au visionnement intégral de Hobitit ou à l'adaptation russe de 1985 par passion heuristique, mais bien à l'amateur qui y trouve une nourriture esthétique, à condition de faire la part des choses.

Je suis évidemment d'accord avec toi sur un point : il y a des scènes belles, et mêmes touchantes, pour peu qu'on soit à même de faire abstraction des absurdités qui les précèdent et les suivent à un rythme effréné. Je te rejoins sur l'or des Nains (encore que PJ ait à mon sens encore une fois cédé à la démesure) et sur la rencontre de Smaug (toutefois gâchée sur la fin par la course poursuite qui s'engage parce que Bilbo enlève son Anneau sans aucune raison valable).

En revanche, il faut se mettre d'accord sur ce que recouvre le terme d'adaptation : si on le restreint au seul cinéma, il est facile pour PJ de faire la course en tête, puisqu'il est le premier à avoir fait du Hobbit un film, hormis l'adaptation télévisuelle soviétique, si abominable que j'ai fini par battre en retraite en dépit de la passion heuristique que tu décris. En revanche, si on étend un tant soit peu la définition, je trouve personnellement que l'adaptation radio de 1981 et la bande dessinée de Wenzel ont bien moins de défauts et plus de qualités que la nouvelle trilogie jacksonienne.

shudhakalyan Wrote:Si l'on prend le seul point de vue de la visualisation, en termes cinématographiques (qui implique la mise en scène, la photographie, l'animation), il y a de multiples éléments d'une qualité remarquable.

C'est exact. A vrai dire, avec quelques talents de monteur, j'imagine qu'il devrait être possible de transformer cette trilogie en un unique film de trois heures de qualité acceptable, doté de surcroît d'une très belle plastique. Il suffira de renvoyer les ajouts inutiles dans les limbes d'où ils n'auraient jamais dû sortir. On pourrait certainement tirer de ces films un très bon roman-photo, au demeurant, vu que cela permettrait de réécrire les nombreux dialogues absurdes qui entachent les scènes obligatoires. Mais quant au film dans son intégralité, ce n'est assurément pas la seule plastique qui peut en faire une réussite : au même titre que la bande dessinée, seule une harmonieuse combinaison de scénario, d'images et de mise en scène permet à un film d'être réussi, qu'il s'agisse ou non d'une adaptation. Chez PJ, une bonne moitié du contrat n'est assurément pas remplie, à mon sens.

Elendil

PS : La comparaison avec Cecile B. DeMille mériterait d'être poursuivie, car les projets se ressemble, tant par leur ambition que par leur réalisation, ce me semble.
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