11-10-2014, 10:55
Elendil Wrote:sur la rencontre de Smaug (toutefois gâchée sur la fin par la course poursuite qui s'engage parce que Bilbo enlève son Anneau sans aucune raison valable).
Nous sommes bien d'accord
. Elendil Wrote:En revanche, si on étend un tant soit peu la définition, je trouve personnellement que l'adaptation radio de 1981 et la bande dessinée de Wenzel ont bien moins de défauts et plus de qualités que la nouvelle trilogie jacksonienne.
Je pensais aussi à ces adaptations-là. Elles sont surtout plus "fidèles", mais à mon avis, ce n'est pas le tout de la question. "Moins de défauts et plus de qualités", si l'on veut, pourquoi pas. Mais je disais : "il y a, à l'évidence, des réussites chez PJ qu'aucune adaptation intégrale de l'œuvre n'avait jamais ne serait-ce qu'approché". Et là, selon moi, les scènes de Gollum et de Smaug de ces adaptations-là (dans mes notes, j'ai 1979 s'il s'agit bien de l'adaptation radio de "The Mind's Eye") ne valent pas celles de PJ. Visuellement, j'apprécie la représentation de Gollum et surtout de Smaug dans la BD, mais la vivacité du dialogue dans la grande scène des énigmes est écrasée par la redondance qui mêle une voix narrative particulièrement intrusive à la scène représentée (y compris, à mon avis, d'un point de vue purement bédéesque). Pour la rencontre avec Smaug, le problème n'est pas aussi patent, mais on reste dans une impression de platitude que j'éprouve tout au long de cette lecture, trop dépendante du texte original. Comme je l'ai écrit, dans L'Arc & le Heaume 4 je crois :
Shudhakalyan Wrote:Malgré [d']indéniables qualités, la bande dessinée est loin de rendre l’atmosphère féérique du Hobbit de Tolkien, produite par le charme suggestif de la narration et par la veine héroïque qui donne du souffle et de la grandeur à sa dernière partie. (...) En outre, et plus gravement encore, le dessin plutôt plat est alourdi et écrasé par l’omniprésence du texte qui en fait une bande dessinée de piètre qualité. Ainsi, la très grande fidélité à l’œuvre originale dessert ici le médium de la bande dessinée, et produit une narration pesante, monotone et redondante aux antipodes de l’œuvre littéraire.
Pour l'adaptation audio, j'avais trouvé les passages avec Gollum et Smaug très corrects, mais sans surprise. Au fond, je me rends compte que tu as raison et qu'il est faux de dire que du point de vue de l'adaptation stricto sensu, c'est-à-dire essentiellement en tant que transposition fidèle de l'œuvre, Gollum et Smaug sont plus réussis chez PJ que dans les exemples que tu donnes. C'est une autre conception de l'adaptation qui entre en jeu dans mon approche. Ce n'est pas l'adaptation qui se place au service de l'œuvre, mais l'adaptation comme variation avec son propre apport. De ce point de vue, l'adaptation radio de 1979 (contrairement à l'adaptation abrégée de Williamson en 1974) et la bd apportent très peu, selon moi, au Hobbit de Tolkien, à sa réception.
En outre, même dans la relation de l'adaptation à l'œuvre source, un autre problème se pose : la tendance à favoriser la réception de l'œuvre ou à y faire obstruction. Il est clair que les films peuvent faire gravement obstruction à l'œuvre de Tolkien. Mais l'adaptation radio et la bd ont tendance à faire double emploi avec l'œuvre source. Pour celui qui découvre Le Hobbit par les films, bien que cela puisse clairement faire des dégâts importants, le retour au livre est un retour à la source qui peut se prévaloir de la primauté auctoriale et du génie propre du livre, notamment lié au charme particulier de sa voix narrative. En revanche, en venant d'une adaptation radio ou de la bd qui reprennent un abrégé très complet du texte, et qui en dépendent complètement (nécessairement pour une adaptation audio, par choix discutable pour la bd), que reste-t-il encore au livre ? De ce point de vue, l'adaptation audio et la bd telle qu'elle est m'apparaissent davantage comme des substituts de l'œuvre nécessairement plus pauvres que comme un chemin vers elle. Pour l'audio, je préfère alors franchement une simple lecture de l'œuvre (Rob Inglis, Dominique Pinon), même abrégée (Williamson qui est ma préférée).
Elendil Wrote:A vrai dire, avec quelques talents de monteur, j'imagine qu'il devrait être possible de transformer cette trilogie en un unique film de trois heures de qualité acceptable, doté de surcroît d'une très belle plastique. Il suffira de renvoyer les ajouts inutiles dans les limbes d'où ils n'auraient jamais dû sortir. On pourrait certainement tirer de ces films un très bon roman-photo, au demeurant, vu que cela permettrait de réécrire les nombreux dialogues absurdes qui entachent les scènes obligatoires. Mais quant au film dans son intégralité, ce n'est assurément pas la seule plastique qui peut en faire une réussite : au même titre que la bande dessinée, seule une harmonieuse combinaison de scénario, d'images et de mise en scène permet à un film d'être réussi, qu'il s'agisse ou non d'une adaptation. Chez PJ, une bonne moitié du contrat n'est assurément pas remplie, à mon sens.
Le roman-photo ne m'excite franchement guère et c'est une proposition qui ne peut venir que de ta frustration bien compréhensible (après 9 épisodes finnois et quelques heures russes, près de 8 heures de nonsense néozélandais...). Je proposerais plutôt de les réécrire et de réenregistrer les passages concernés. Ça ne coute pas grand chose puisque tout est quasiment postsynchronisé (enfin, si, c'est vrai qu'il faut les acteurs
). Bref, je crois que tu viens de définir mon idéal de l'adaptation tolkienienne et mon rêve inaccessible (encore que ^^) : PJ revu, corrigé et écrémé... Rien que d'y penser, j'en souris d'aise, béatement. Séb.
PS : Merci pour ta remarque en ps... Plus que la comparaison avec Hernani, je suppose XD.
Tu es toujours aussi stimulant, Elendil. Quel plaisir de te retrouver !

