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Tolkien détail et superflu
#4
Merci pour vos réponses et le lien, encore une analyse enrichissante... Oui, Tolkien dit avoir pesé le moindre mot. Mais bon, sa réputation d être plus intéressé par le développement de son univers que par l intrigue proprement dite, ajouté au fait que beaucoup de lecteurs font le même reproche (cela n impliquant certes pas une vérité), favorise sans aucun doute le questionnement. Si vous allez sur goodreads : la critique de Keely (10e paragraphe) sur la Communauté, présente assez ce qui peut interpeller. Je serai pas forcément d accord avec tout ce qui est dit.

Bon essayons d expliquer mon ressenti... Déjà, je suis d avis qu un écrivain peut tout à fait abuser ou mésuser de la description, et en plomber son texte vers le fond (je défie de penser que ça n arrive pas très souvent à un Théophile Gautier). Il y a effectivement différents genres et styles avec chacun ses codes, et tout le monde a ses préférences. Cela dit, j essaye de lire de tout et ne pense pas que ce soit la question : on peut trouver untel ennuyeux sans pour autant se demander ce qu il est bien en train de faire, et c est d abord dans cette incompréhension que me laisse une part de Tolkien.

Pour donner un exemple, on aura plein d indications de terrain du genre : "Vers midi, ils arrivèrent à une colline au sommet large et aplati, ressemblant à une soucoupe peu profonde au bord de tertres verts". Ou tiens là bas une route tourne à gauche avant de faire ça, ici c est vert mais par dessus jaune... Je trouve souvent un grand aléatoire là dedans, et me demande donc le pourquoi des mots.

Disons qu une description peut avoir plusieurs attributs ou fonctions, tel que porter l atmosphère, détenir une belle image, ou un style spécial... dans tous les cas, tout au moins décrire le lieu (objets etc) d une scène qui va compter parce qu il importe de s y représenter. Le truc est que souvent, je n arrive même pas à distinguer ce dernier point chez Tolkien : ils passent dans un endroit... voient des choses sans importance manifeste... rien ne semble indiquer non plus que les personnages puissent en être affectés... Un sommet large et aplati, oui et alors, pourquoi pas l inverse? Le grand souci de la vraisemblance, oui je me souviens d y avoir pensé. Cela dit, Tolkien me semble toujours inhabituel : qu est ce qui empêche de faire son truc en dispensant un de ces éléments dont je parle plus haut? Car cela n est il pas plus engageant, fécond et pour un effet supérieur?


Les traductions, je trouve généralement les actuelles beaucoup moins littéraires et musicales, trop simplifiées et proches du langage parlé moderne à mon goût... Les aperçus de la version SDA en cours ne font pas exception et n ont absolument pas ma préférence dans le choix des mots. J ai pas non plus le sentiment que Ledoux ait sombré dans l inusité (hein? ce serait une discussion intéressante), c est donc l ancienne version malgré toutes ses erreurs.
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