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Tolkien détail et superflu
#5
Bonjour, je te souhaite à mon tour la bienvenue. Ta question est vaste et ne comporte pas de vrai réponse car elle dépend des goûts de chacun. De nombreux lecteurs font ce reproche à Tolkien. En particulier le prologue sur la vie des Hobbits en a rebuté plus d’un. D’autre part certains lecteurs chérissent Tolkien justement à cause de tous ces petits détails qui donnent à l’histoire un sentiment de réalité à nulle autre pareille et rendent la TdM réellement crédible. Et encore le SdA ne comporte qu’une petite partie de tous les détails secondaires que Tolkien avait imaginés. Si tu as un peu de temps il faudrait lire les « contes et légendes inachevées » et les ‘history of Middle Earth ». Là tu trouveras des centaines de pages de descriptions que Tolkien considérait comme faisant partie de la « sub-création » de son univers secondaire.

Je pense aussi qu’il faut penser que nul d’entre nous n’a l’expérience de la guerre alors que Tolkien lui avait vécu la première guerre mondiale. Personnellement (et heureusement), je n’ai pas connu la guerre mais j’ai connu de nombreuses personnes qui avaient vécu cette expérience. Tous me disaient que leurs souvenirs les plus précis n’étaient pas forcément ceux des combats. Durant le combat, il semblerait que l’homme puisse rentre en « mode réflex » et déconnecter en partie pour supporter l’incroyable stress. En revanche tous me disaient qu’ils se souvenaient avec une incroyable précision de petits détails. Comme une fleur qui arrivait à pousser dans le no mans land, ou le menu partagé avec les camarades avant l’attaque, ou encore le chant d’un merle au milieu des combats. Peut être que ce souci du détail vient de là chez Tolkien. Le SdA est le récit d’une guerre et je pense donc qu’il a voulu la rendre la plus fidèle possible à la réalité même dans son monde imaginaire.

Enfin n’oublions pas que le SdA a été écrit à une époque où la télévision n’existait pas, encore moins internet. Le lecteur d’alors n’était pas constamment bombardé d’images. Pour pouvoir se représenter un paysage ou un lieu il aimait donc bien une bonne description qui lui était nécessaire pour imaginer la scène. Tous les grands écrivains classiques faisaient de même (à titre d’exemple la description du couvent du petit picpus fait 60 pages dans les misérables sans aucune influence dans l’action)

Je ne sais pas mes réflexions sont d’aucune utilité mais c’est en tout cas ce que ta question m’a inspiré
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