Yyr Wrote:@Semprini : cher Semprini je suis d'autant plus désolé de ne pas pouvoir participer à te lire ici ... Peut-être plus tard. Mais très touché de ta fin de post sur le pardon et la bonne nouvelle. Merci à toi. Un même embryon de réponse à venir idéalement, pour tes deux questions à la fois (la mise en conformité des actes, et comment faire vivre plusieurs milliards d'êtres humains) : il faut s'entendre sur ce qu'on appelle Technique ou Machine ... (*) En tout cas ça ne sera pas "un" aliment littéraire, c'est, Tolkien le dit lui-même, un sinon le "sujet" de son œuvre. Les Lettres sont très claires. (*)
(*) Le volume en préparation au Dragon de Brume en dira quelques mots.
Hello Yyr

Tel que je le conçois, "l'aliment littéraire" dont j'ai parlé n'est pas quelque chose que l'artiste consomme, et qui est ensuite digéré, sans reparaitre dans l'oeuvre. Il faut prendre la formule d'aliment littéraire dans son sens le plus large et le plus noble possible - et si c'est une formule qui peut donner l'impression de quelque chose de prosaïque et de mécanique, d'une importance limitée, c'est quelle est impropre. Comme je l'écrivais, la réalisation par Tolkien que le monde a changé, sans possibilité de jamais recouvrer le passé, et que c'est un monde où la machine a acquis une place centrale, est "l'éperon de sa mélancolie" qui l'a placé dans un certain "état d'esprit" par rapport au monde réel, c'est ce qui à l'origine de l'oeuvre et la nourrit en permanence, et se retrouve dans l'oeuvre, transfiguré en termes et en figures mythologiques, sous la forme de l'Anneau, machine ultime. Tout ce qu'un écrivain ressent, tout ce qui le pousse à écrire, se retrouve dans son oeuvre et en devient le "sujet".

