Pour le premier point : Glorfindel et Ecthelion meurent en raison de leur exploit, en raison de leurs blessures, mais peut-être pas seulement ; ils semblent épuiser leurs forces et leur "pouvoir" dans ces combats, étant donné le caractère tout de même formidable de leurs adversaires. Il en va de même pour Gandalf (qui certes est un Maia, mais avec la spécificité d'être un Istar à ce moment-là).
C'est Glaurung que Turin tue. Mais les dragons sont-ils des Maiar ? Apparemment non...
Concernant Sauron, il est plutôt vaincu grâce aux efforts conjoints de Gil-Galad et d'Elendil, qui succombent tous les deux (puis Isildur porte le coup de grâce au corps de Sauron et récupère ensuite l'Anneau). Deux héros contre Sauron, alors que dans les autres cas un héros parvient à vaincre (mais en se sacrifiant, en quelque sorte, dans la tâche) un Balrog. Dans la lettre 131, Tolkien écrit : "Gilgalad and Elendil are slain in the act of slaying Sauron".
Tolkien évoque juste la "great strength of body" de Sauron dans une lettre et le fait que sa stature, au sens propre comme au sens figuré, est supérieure et suprêmement royale (cette autorité naturelle et cette "aura" de royauté apparaît de façon plus voilée chez Gandalf le Blanc, parce qu'il est encore un Istar et pas complètement dévoilé). Le pouvoir de l'Anneau peut jouer aussi dans cette résistance physique notable, peut-être, et puis Sauron étant un grand forgeron, il ne pouvait pas faire sa sortie-fuite lors du siège sans sa meilleure armure ! Mais exorcisons les images du prologue de Peter Jackson le montrant avec une masse d'arme "magique" surpuissante : imaginez si le Grond de Morgoth avait eu ce pouvoir-là, Fingolfin n'aurait pas duré deux secondes ! Pour le combat armé direct proprement dit, il ne faut pas en effet considérer Sauron comme naturellement supérieur aux deux rois, il peut être leur égal, ou leur être inférieur sur ce plan-là (mais mieux protégé, plus résistant physiquement parlant, etc.), étant donné que je n'ai pas l'impression que Tolkien confère à Sauron une affinité particulière aux armes elles-mêmes (de toute façon, c'est tout sauf un guerrier né ; une interprétation trop rapide d'une prophétie et une sous-évaluation tant de Huan que de Lúthien, mais peut-être aussi la nécessité de ne pas démériter au vu de ses serviteurs, est ce qui le conduit à aller combattre Huan dans le Silmarillion ; par la suite, il évite autant que faire se peut la probabilité d'un combat direct - après la bataille de la Gwathló, il a failli être rattrapé et sans doute physiquement attaqué*), et c'est seulement la nécessité qui le conduit à se retrouver acculé par ses adversaires après le long siège de Barad-Dûr.
Concernant Fingolfin contre Morgoth, on peut noter qu'à l'époque Morgoth est déjà bien diminué par rapport au Melkor des origines (étant donné qu'il a répandu son pouvoir en Arda) - et plus tard le Morgoth de l'époque de la War of Wrath est littéralement présenté comme étant devenu un être personnellement moins puissant, moins grand que ce que Sauron au Deuxième Âge.
Certes, cela ne diminue pas les prouesses de Fingolfin, qui justement est le premier Elfe à venir châtier dans sa chair (Morgoth est alors pleinement incarné) le voleur des Silmarilli !
Je pensais plutôt à la situation en Aman, à Valinor, plutôt qu'en Terre du Milieu (surtout après la reconfiguration d'Arda et la Submersion). Tolkien écrit qu'il y a de nombreux Maiar qui ne sont pas connus des Elfes, qui n'ont pas reçu de noms de leur part. Cela me fait penser à l'existence, à côté des Maiar singularisés, qui ont leur identité (soit ceux qui sont nommés dans le Légendaire, soit ceux qui sont présentés comme, par exemple, rejoignant les Valar et les Eldar aux diverses festivités du royaume béni), de nombreux Maiar qui ne prennent pas de formes visibles (ou qui prennent peut-être des formes d'olvar et de kelvar ?)... Bien sûr, ce peut être un choix et une préférence. C'est toutefois un peu curieux, à moins de considérer qu'ils étaient avant tout intéressés par la construction d'Arda proprement dite, et qu'ils ne ressentaient pas le besoin ou l'envie d'entrer en contact avec les Enfants d'Eru (avant tout les elfes). La situation me fait penser que ces Maiar-là avaient un pouvoir ou une importance moindre que les Maiar nommés et que les Maiar "intermédiaires" non nommés dans le légendaire mais qu'on pourrait placer à un même niveau qu'Aiwendil, Alatar et Pallando.
Concernant la Terre du Milieu, les Maiar présents au Premier Âge étaient surtout des serviteurs de Morgoth, et là-aussi on a une hiérarchie : Sauron - Gothmog > les balrogs >= (?) sans doute Thuringwethil > d'autres Maiar comme les boldogs. Plus on "descend", moins le "pouvoir" de ces Maiar me semble proprement "sur-elfique", même s'il reste des différences essentielles.
* C'est un épisode du légendaire facilement oublié par beaucoup. Tolkien a certes été rapide dans ses écrits sur cette époque (ce qui est un peu dommage), mais je m'étonne qu'un certain nombre d'événements certes pas tous très importants mais qui éveillent l'imagination (c'est l'un des avantages justement du flou entretenu) n'aient parfois jamais été représentés par les artistes...
C'est Glaurung que Turin tue. Mais les dragons sont-ils des Maiar ? Apparemment non...
Concernant Sauron, il est plutôt vaincu grâce aux efforts conjoints de Gil-Galad et d'Elendil, qui succombent tous les deux (puis Isildur porte le coup de grâce au corps de Sauron et récupère ensuite l'Anneau). Deux héros contre Sauron, alors que dans les autres cas un héros parvient à vaincre (mais en se sacrifiant, en quelque sorte, dans la tâche) un Balrog. Dans la lettre 131, Tolkien écrit : "Gilgalad and Elendil are slain in the act of slaying Sauron".
Tolkien évoque juste la "great strength of body" de Sauron dans une lettre et le fait que sa stature, au sens propre comme au sens figuré, est supérieure et suprêmement royale (cette autorité naturelle et cette "aura" de royauté apparaît de façon plus voilée chez Gandalf le Blanc, parce qu'il est encore un Istar et pas complètement dévoilé). Le pouvoir de l'Anneau peut jouer aussi dans cette résistance physique notable, peut-être, et puis Sauron étant un grand forgeron, il ne pouvait pas faire sa sortie-fuite lors du siège sans sa meilleure armure ! Mais exorcisons les images du prologue de Peter Jackson le montrant avec une masse d'arme "magique" surpuissante : imaginez si le Grond de Morgoth avait eu ce pouvoir-là, Fingolfin n'aurait pas duré deux secondes ! Pour le combat armé direct proprement dit, il ne faut pas en effet considérer Sauron comme naturellement supérieur aux deux rois, il peut être leur égal, ou leur être inférieur sur ce plan-là (mais mieux protégé, plus résistant physiquement parlant, etc.), étant donné que je n'ai pas l'impression que Tolkien confère à Sauron une affinité particulière aux armes elles-mêmes (de toute façon, c'est tout sauf un guerrier né ; une interprétation trop rapide d'une prophétie et une sous-évaluation tant de Huan que de Lúthien, mais peut-être aussi la nécessité de ne pas démériter au vu de ses serviteurs, est ce qui le conduit à aller combattre Huan dans le Silmarillion ; par la suite, il évite autant que faire se peut la probabilité d'un combat direct - après la bataille de la Gwathló, il a failli être rattrapé et sans doute physiquement attaqué*), et c'est seulement la nécessité qui le conduit à se retrouver acculé par ses adversaires après le long siège de Barad-Dûr.
Concernant Fingolfin contre Morgoth, on peut noter qu'à l'époque Morgoth est déjà bien diminué par rapport au Melkor des origines (étant donné qu'il a répandu son pouvoir en Arda) - et plus tard le Morgoth de l'époque de la War of Wrath est littéralement présenté comme étant devenu un être personnellement moins puissant, moins grand que ce que Sauron au Deuxième Âge.
Certes, cela ne diminue pas les prouesses de Fingolfin, qui justement est le premier Elfe à venir châtier dans sa chair (Morgoth est alors pleinement incarné) le voleur des Silmarilli !
Jean Wrote:Pour ce qui est de la faible intervention des Maïar, autre que Sauron, dans le monde je pense que la réponse vient justement du respect par les « bons » Maïa du libre arbitre des enfants d’Eru. De même que les Valar se sont rendus compte que lorsqu’il cherchaient à intervenir directement, ils faisaient plus de mal que de bien, je pense que les Maïa font de même. Ce qui peut donner une impression de passivité. Mais je pense que c’est un choix plus qu’un réel manque de pouvoir
Je pensais plutôt à la situation en Aman, à Valinor, plutôt qu'en Terre du Milieu (surtout après la reconfiguration d'Arda et la Submersion). Tolkien écrit qu'il y a de nombreux Maiar qui ne sont pas connus des Elfes, qui n'ont pas reçu de noms de leur part. Cela me fait penser à l'existence, à côté des Maiar singularisés, qui ont leur identité (soit ceux qui sont nommés dans le Légendaire, soit ceux qui sont présentés comme, par exemple, rejoignant les Valar et les Eldar aux diverses festivités du royaume béni), de nombreux Maiar qui ne prennent pas de formes visibles (ou qui prennent peut-être des formes d'olvar et de kelvar ?)... Bien sûr, ce peut être un choix et une préférence. C'est toutefois un peu curieux, à moins de considérer qu'ils étaient avant tout intéressés par la construction d'Arda proprement dite, et qu'ils ne ressentaient pas le besoin ou l'envie d'entrer en contact avec les Enfants d'Eru (avant tout les elfes). La situation me fait penser que ces Maiar-là avaient un pouvoir ou une importance moindre que les Maiar nommés et que les Maiar "intermédiaires" non nommés dans le légendaire mais qu'on pourrait placer à un même niveau qu'Aiwendil, Alatar et Pallando.
Concernant la Terre du Milieu, les Maiar présents au Premier Âge étaient surtout des serviteurs de Morgoth, et là-aussi on a une hiérarchie : Sauron - Gothmog > les balrogs >= (?) sans doute Thuringwethil > d'autres Maiar comme les boldogs. Plus on "descend", moins le "pouvoir" de ces Maiar me semble proprement "sur-elfique", même s'il reste des différences essentielles.
* C'est un épisode du légendaire facilement oublié par beaucoup. Tolkien a certes été rapide dans ses écrits sur cette époque (ce qui est un peu dommage), mais je m'étonne qu'un certain nombre d'événements certes pas tous très importants mais qui éveillent l'imagination (c'est l'un des avantages justement du flou entretenu) n'aient parfois jamais été représentés par les artistes...

