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[Critiques] The Hobbit: The Battle of the Five Armies - P. J. (2014)
#14
Bonjour à tous,
Et bien, j'ai vu également la chose. En 2D et en VOST, pour préciser.
En aparté, quel plaisir de voir les lumières de la salle s'éteindre à l'heure exacte de la séance et le film débuter directement sans la moindre publicité ni bande-annonce ! Surtout pour un film de 2h30, le soir, alors qu'on n'a pas encore dîné...
Qu'en dire qui n'a déjà été dit ? J'y suis allé avec la meilleure volonté du monde, tant je ne sens nul besoin de dénigrer Jackson pour mieux apprécier Tolkien. J'ai donc tenté d'être le plus ouvert possible dans ma réception du film.
Cela dit, même avec cette bonne volonté, difficile de tresser des louanges à l'équipe. Du Jackson tel qu'on le connaît, et d'une certaine façon suivant, de film en film, la pente glissante depuis un très honnête Fellowship of the Ring jusqu'à ce sixième opus. Un peu comme l'an dernier, j'ai eu le sentiment d'une (relative) bonne surprise à la moitié du film avant, comme l'an dernier, d'être épuisé par une surenchère ici poussée au paroxysme de cascades, duels et autre incohérences parfaitement invraisemblables. Je rejoins Lodwing, sur ce fuseau comme sur le fuseau voisin, quant au traitement des batailles et de la guerre dans les superproductions modernes, et ne m'étendrai donc pas plus sur le sujet.
Au nom de l'adaptation et de la liberté du réalisateur, je suis prêt à accepter beaucoup de choses. Lier Gundabad et Angmar ? Faire intervenir Legolas, fils de Thranduil, dans la narration ? Créer le personnage burlesque d'Alfrid ? Oui, pourquoi pas ! C'est son droit. Il aurait tort de se priver des richesses du legendarium, et tout simplement des récits de Gandalf à Cul-de-Sac et Imladris dans la Communauté. En ce sens, d'ailleurs, la critique liant la longueur cumulée des films à la taille du livre m'a toujours paru à moitié judicieuse seulement. Après tout, une même histoire peut être racontée de façon relativement concise sur le ton d'un conte pour enfants, mais aussi sur un tout autre mode, plus épique, avec beaucoup plus de détails et de personnages.
Mais je vois deux principaux défauts dans la mise en oeuvre de ces légitimes libertés créatrices.
La première est que la crédibilité interne de l'histoire, la créance secondaire pour reprendre un terme ici consacré, est littéralement charcutée tout au long des trois films, avec la succession quasi-ininterrompus de cliffhangers cousus de fils blancs et de situations toutes plus désespérées les unes que les autres, puis toutes sauvées plus miraculeusement les unes que les autres. C'est, à mes yeux, la principale tare de l'adaptation jacksonienne, déjà largement présente dans la première trilogie mais portée ici à un niveau très supérieur.
Seconde grande critique : il faut que les nouveautés narratives apportent quelque chose. Gundabad, Angmar, Sauron chassé par le Conseil Blanc : rien d'abouti dans ces scènes qui auraient pu enrichir la trame du livre. Mais le contre-exemple le plus frappant est évidemment l'introduction de Tauriel. Un personnage féminin, pourquoi pas, encore une fois ? Mais elle n'est finalement là que pour démontrer qu'une femme combat aussi bien qu'un homme (fut-il elfe) et se débarrasser à bon compte des prévisibles et inévitables accusations de sexisme, et pour une histoire à l'eau de rose avec Kili dont il vaut mieux ne pas parler.
Les autres défauts que j'y vois ont déjà été discutés plus hauts, n'y revenons pas. Mention cependant pour les gros sabots que PJ croit (peut-être à raison, d'ailleurs) nécessaires de s'affubler pour faire le lien à plusieurs reprises avec sa première trilogie.
Terminons cependant par quelques notes positives. Les décors et paysages offrent toujours leurs lots de frissons intermittents ; Gandalf le Gris est toujours un plaisir à voir bougonner ; et Martin Freeman est excellent dans son rôle. Bon point aussi pour Bard, convaincant dans son rôle.
Bref, voilà, comme toujours on se dit que Jackson nous a prouvé, par un nombre de séquences de plus en plus restreint à chaque film, qu'il était possible de faire, sinon un chef-d'oeuvre, du moins une très bonne adaptation. Mais voilà, il semble que faire confiance à la finesse et à l'intelligence du spectateur ne soit pas dans le business plan, et il faut ingurgiter un nombre de grossièretés, au sens propre, qui dépassent désormais le seuil du supportable.
Et comme toujours, le film m'a donné envie de relire le livre, une vraie pépite en version originale, vraiment. Smile

Amicalement,
A.
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