21-05-2015, 12:14
Bonjour,
Je ne suis pas surpris de découvrir ce fil de discussion vieux de bientôt dix ans qui montre à quel point, dans la rigueur et le souci du détail, des membres de ce forum s'étaient déjà interrogés sur la question.
Je souhaite remonter ce sujet, car ayant commencé ma lecture de Pour comprendre Tolkien , une lumière éclatée de V. Flieger, je suis tombé sur ce passage où il est dit que Tolkien avait écrit un article dans Medium Aevum intitulé "Sigelwara Land" (voir pp. 61-64, éd. Desclée de Brouwer, 2014).
Je connaissais l'existence de cet article mais n'avait jamais pu me le procurer. V. Flieger nous fait un résumé de cet article et conclue ainsi (les ajouts entre parenthèses sont miens) :
Le joyau-soleil ou soleil-joyau est un artefact que les lecteurs connaissent bien : dans le Silmarillion, les Silmarilli (Éclats de lumière pure en quenya) reçoivent la lumière des Deux Arbres avant leur destruction. Cette brûlure des Silmarilli est plusieurs fois évoquée dans le texte : lorsque Carcharoth arrache la main de Beren qui serrait un Silmaril (on peut voir ici un écho de la mythologie scandinave, voir notamment Gylfaginning, chap. 34) ; la brûlure des mains de Maedhros et de Maglor après la chute de Morgoth.
Ce que j'aimerais savoir -car je n'ai pas de réponse, raison pour laquelle vous allez très certainement m'apprendre quelque chose- si Tolkien, à l'heure de la rédaction de son article, avait, oui ou non, déjà écrit des passages dans une version de son Silmarillion qui parlent de cette brûlure des joyaux ? Si ce n'est pas le cas, pourrions-nous dire que son étude très poussée de Tolkien, qui "mêle la philologie à une bonne dose d'imagination" (V. Flieger, p.63) a pu éveiller en lui de nouvelles images qui ont alimenté ses récits par la suite ?
Mes faibles connaissances de The History of Middle-Earth ne me permettent pas d'achever ce commentaire, veuillez m'en excuser.
Je ne suis pas surpris de découvrir ce fil de discussion vieux de bientôt dix ans qui montre à quel point, dans la rigueur et le souci du détail, des membres de ce forum s'étaient déjà interrogés sur la question.
Je souhaite remonter ce sujet, car ayant commencé ma lecture de Pour comprendre Tolkien , une lumière éclatée de V. Flieger, je suis tombé sur ce passage où il est dit que Tolkien avait écrit un article dans Medium Aevum intitulé "Sigelwara Land" (voir pp. 61-64, éd. Desclée de Brouwer, 2014).
Je connaissais l'existence de cet article mais n'avait jamais pu me le procurer. V. Flieger nous fait un résumé de cet article et conclue ainsi (les ajouts entre parenthèses sont miens) :
Verlyn Flieger Wrote:L'analyse de Tolkien sur les significations séparées des deux éléments de ces mots (en parlant de sigel et Hearwa) aboutit à ce que sigel, "soleil", uni à son homonyme sigle, "joyau", traduit une possible perception du soleil semblable à un joyau et des joyaux comme semblables au soleil. Cet unique mot pourrait aisément avoir les deux sens sans être nécessairement spécifique à l'un où à l'autre. Hearwa, de son côté, dérive du got(h)ique (je supprime cette lettre, car j'opte l'orthographe moderne des spécialistes français de linguistique germanique) haúri, "charbon", en vieil-anglais hyr-r (erreur : le mot hyrr est vieil-islandais), "feu", mot apparenté au vieil-anglais heorð ("foyer") et hierstan "grillé, rôti". Ceci suggère qu'en mettant ensemble les deux éléments on veuille dire quelque chose comme peuple "brûlé par le joyau-soleil" ou grillé "par le soleil-joyau".
Traduction de l'anglais par d'Éric Iborra.
Le joyau-soleil ou soleil-joyau est un artefact que les lecteurs connaissent bien : dans le Silmarillion, les Silmarilli (Éclats de lumière pure en quenya) reçoivent la lumière des Deux Arbres avant leur destruction. Cette brûlure des Silmarilli est plusieurs fois évoquée dans le texte : lorsque Carcharoth arrache la main de Beren qui serrait un Silmaril (on peut voir ici un écho de la mythologie scandinave, voir notamment Gylfaginning, chap. 34) ; la brûlure des mains de Maedhros et de Maglor après la chute de Morgoth.
Ce que j'aimerais savoir -car je n'ai pas de réponse, raison pour laquelle vous allez très certainement m'apprendre quelque chose- si Tolkien, à l'heure de la rédaction de son article, avait, oui ou non, déjà écrit des passages dans une version de son Silmarillion qui parlent de cette brûlure des joyaux ? Si ce n'est pas le cas, pourrions-nous dire que son étude très poussée de Tolkien, qui "mêle la philologie à une bonne dose d'imagination" (V. Flieger, p.63) a pu éveiller en lui de nouvelles images qui ont alimenté ses récits par la suite ?
Mes faibles connaissances de The History of Middle-Earth ne me permettent pas d'achever ce commentaire, veuillez m'en excuser.

