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Andrzej Sapkowski - Le Sorceleur
#1
Andrzej Sapkowski est un écrivain polonais surtout connu pour être le créateur du personnage de Geralt de Riv, aussi appelé Le Sorceleur (Wiedźmin dans la langue de l'auteur et traduit en anglais le plus souvent The Witcher), aux aventures duquel il a consacré plusieurs nouvelles et romans de fantasy depuis la deuxième moitié des années 1980.

En 1992 parait en Pologne le volume L'Épée de la Providence (Miecz Przeznaczenia), un recueil contenant six nouvelles, suivi en 1993 par la parution du volume Le Dernier Vœu (Ostatnie życzenie), autre recueil contenant sept nouvelles dont quatre (Le Sorceleur, Un grain de vérité, Une question de prix et Le Moindre Mal) sont des récits qui ont été publiées initialement dans le magazine polonais Fantastyka à partir de 1986 et qui avaient déjà fait l'objet d'un recueil intitulé Le Sorceleur (Wiedźmin) publié en 1990.
Dans la chronologie des aventures de Geralt de Riv, les histoires contenues dans le volume Le Dernier Vœu (Ostatnie życzenie) sont antérieures à celles du volume L'Épée de la providence (Miecz Przeznaczenia), d'où sans doute le fait que c'est d'abord le volume Le Dernier Vœu qui ait fait l'objet d'une traduction française par Laurence Dyèvre parue en 2003 chez Bragelonne (puis chez Pocket en 2005) : http://www.noosfere.org/icarus/livres/ni...re=-318335
Le recueil L'Épée de la Providence a été quant à lui publié dans une traduction en français par Alexandre Dayet chez Bragelonne en 2008 : http://www.noosfere.org/icarus/livres/ni...2146558211
Les deux recueils ont finalement fait l'objet d'un volume unique publiée en 2012, toujours chez Bragelonne, sous le titre Sorceleur : http://www.noosfere.org/icarus/livres/ni...2146582678

Sapkowski a également consacré par la suite plusieurs romans à Geralt de Riv : Le Sang des elfes (Krew elfów, 1994), Le Temps du mépris (Czas pogardy, 1995), Le Baptême du feu (Chrzest ognia, 1996), La Tour de l'hirondelle (Wieża Jaskółki, 1997), La Dame du lac (Pani Jeziora, 1999), tous publiés en français chez Bragelonne entre 2008 et 2011, avant d'être réédités dans la collection de poche de l'éditeur, Milady, entre 2011 et 2012 tout comme les deux recueils de nouvelles précédemment évoqués. Plus récemment, un roman à part vis-à-vis de la série, La Saison des orages (Sezon burz, 2013), qui raconte une aventure du Sorceleur se situant avant les évènements du Sang des elfes, a été publié en français chez Milady en mai dernier.

Sapkowski est un écrivain à succès. Son éditeur attitré en France rappelle régulièrement ce qui suit sur les quatrième de couvertures des livres de l'auteur qu'il publie : "Andrzej Sapkowski est né en Pologne en 1948. Il a remporté un succès spectaculaire avec le cycle consacré au Sorceleur. Best-seller en Pologne, ses ventes y dépassent celles de Stephen King ou Michael Crichton. Traduit en neuf langues, dont l'anglais chez le prestigieux éditeur londonien Gollancz, il a vendu 1,5 millions d'exemplaires dans toute l'Europe. Les aventures de Geralt de Riv ont été adaptées au cinéma, en série télé, en BD, en jeu de rôle et en jeu vidéo sous le titre The Witcher."
À noter que la troisième version du jeu vidéo en question, The Witcher 3: Wild Hunt, est sorti en mai dernier, précédé de critiques apparemment élogieuses et de la mise en ligne d'une cinématique de bonne qualité dédiée à l'univers du jeu inspiré de celui des livres : http://www.elbakin.net/jeux-video/23308-...o-remember

Mais qu'en est-il au juste du contenu et de la qualité des textes de Sapkowski ? J'avoue pour ma part que jusqu'à récemment, les seuls échos que j'en ai eu, à partir de 2012, ont été ceux d'Acta et Fabula (www.actaestfabula.fr), site proposant un regard critique et/ou humoristique sur la fantasy... et malheureusement porté disparu depuis le mois d'avril dernier. Fort heureusement, comme rien ne se perd jamais tout-à-fait sur la Toile, les précieux écrits de ce site en rapport avec le sujet du présent fuseau, pieusement recueillis, refont à présent surface ici même, avec l'accompagnement original d'illustrations commentées spécialement reconstitué pour l'occasion (c'est Jean qui va être content...), sachant qu'il s'agit de versions non censurées d'images de "romance cards" virtuelles tirées du premier jeu vidéo The Witcher.

Le 3 mars 2012, sur le site actaestfabula.fr, Fingo Wrote:Fantasme #1 – Sapkowski et le repos du guerrier

<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1436234945_witcher_romance-card_triss_1.png" width="200" />
[small]That's the Witcher's life, folks.[/small]

Elle entra discrètement, tout doucement, à pas feutrés, flottant dans la pièce comme un fantôme, un spectre. Le froufrou de sa mante à capuchon sur sa peau nue était le seul bruit qui accompagnait ses gestes. [...] Il ne bougea pas, il n’eut même pas un frémissement. La jeune fille s’approcha de lui, se défit de sa mante et puis lentement, avec hésitation, ploya un genou qu’elle appuya contre le bord du lit. [...] La fille grimpa avec précaution sur le lit, sur lui, et l’enserra de ses cuisses. Prenant appui sur ses bras tendus, elle effleura son visage de ses cheveux qui fleuraient la camomille. Résolue et comme impatiente, elle se pencha, lui caressant la paupière, la joue, la bouche, de la pointe de seins. Il sourit et l’attrapa par les épaules, d’un geste très lent, avec retenue et délicatesse. Elle se redressa, échappant à ses doigts, rayonnante, éclairée par-dessous ; la leur brumeuse de l’aube estompait son éclat. Il remua, mais d’une ferme pression des deux mains, elle lui interdit de changer de position ; avec des mouvements légers mais décidés de ses hanches, elle exigeait une réponse.

Il répondit. Elle ne reculait plus devant ses mains, elle renversa la tête en arrière, secoua ses cheveux. Sa peau était fraîche et étonnamment lisse. [...] Bercé, il sombra dans une mer de camomille dont le calme disparut pour céder la place à la tempête de ses flots mugissants.

La fantasy, c’est pas pour les prudes. Les femmes, chez Sapkowski, sont des gourmandes. Pour info, cette scène est l’incipit du premier livre de la saga du sorceleur, et ça commence donc très fort avec une scène de cul complètement gratuite : la fille visiblement dominatrice choisit la position d’Andromaque, idéale pour l’excitation du clitoris. À bon entendeur…

La Saga du sorceleur d’Andrzej Sapkowski, chez Bragelonne.


Aaah, la stimulation du clitoris... On n'en parle jamais assez !
Cependant, je repense à ce que Jean avait écrit l'année dernière à propos de Game of Thrones :

jean Wrote:Je ne suis pas particulièrement bégueule et j’accepte les scènes de sexe quand elles ont un rapport avec l’action.

D'après Fingo, ce ne serait pas le cas ici, mais pour en avoir le cœur net, il va falloir se forger une opinion personnelle en lisant tout le recueil Le Dernier Vœu.
Le texte suivant est consacré aux romans de Sapkowski dont j'ai parlé plus haut, et plus précisément aux quatre premiers d'entre eux.

Le 4 mars 2012, sur le site actaestfabula.fr, Caracole Wrote:Andrzej Sapkowski – La saga du sorceleur (tomes 1 à 4)

<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1436234986_witcher_romance-card_shani_2.png" width="200" />
[small]En vrai, l'univers, c'est ça.[/small]

Rappelons d’entrée que le principal atout des livres de Sapkowski est son personnage : Geralt de Riv, alias le sorceleur. D’ailleurs c’est écrit dessus, en sous-titre : La saga du sorceleur. Malheureusement Geralt le dur à cuire des recueils de nouvelles qui ont précédé la fameuse saga (récompensée par le Gemmel Award 2009, tout de même – un mauvais signe, sans aucun doute), dont les relations avec les femmes reposaient essentiellement sur des non-dits plutôt que sur de bonnes grosses phrases poisseuses de sentiments. Bref, entre deux massacres de monstres, on imaginait avec ce cycle pouvoir s’asseoir à table avec Geralt, boire une bière sans rien dire et mater les nibards de la serveuse. Loupé. Circulez machos, y a rien à voir.

Il s’avère que Sapkowski a cédé au syndrome roman d’initiation avec un ado en guise de figure centrale. En l’occurrence, une fille particulièrement insupportable nommée Ciri. Et le brave Geralt de servir de papounet paniqué à l’idée qu’on touche à un cheveu de sa gamine, qui surmonte mal ses problèmes de famille dysfonctionnelle. Elle va donc céder progressivement à l’attrait de la violence, de la drogue et du sexe. La jeunesse, c’est le mal. En somme, pendant que la crétine s’éclate, le brave Geralt se fait éclater par tout un tas de méchants qui manquent singulièrement de caractère (quand on a vu un magicien véreux, on les a tous vus). Vous l’aurez compris : selon le bon vieux principe qui veut que plus le héros en chie, plus le triomphe sera orgasmique pour le lecteur, Sapkowski fait souffrir son héros.

<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1436235084_witcher_romance-card_triss_2.png" width="200" />
[small]Ou ça...[/small]

Et ça dure. Longtemps. Très longtemps. Au bout de quatre tomes actuellement publiés en français, l’intrigue a réussi à ne pratiquement pas progresser. Un exploit. Comme il faut bien combler le vide, les personnages se multiplient sans aucune utilité narrative, sinon celle de fournir des dialogues répétitifs à souhait. Le sorceleur solitaire n’est plus. D’ailleurs il n’y a plus guère de sorceleur (= tueur de monstre), mais un vague sous-Aragorn familial avec la chevelure d’un Elric (les cheveux blancs, c’est chic).

Par acquis de conscience, signalons toutefois que les femmes ont une place de choix dans la série, si bien que les amateurs de féminisme ne seront pas déçus.

Vous l’aurez compris : Sapkowski est pris en flagrant délit d’application de la méthode « comment écrire un roman de fantasy », avec une joyeuse accumulation de poncifs qui pourront soit déprimer le lecteur avide d’originalité, soit détendre le lecteur avec des valeurs sûres pas trop regardant sur la dépense occasionnée. Il est donc recommandé de s’en tenir aux deux tomes de nouvelles qui ont précédé ce cycle décevant, voire de se contenter du premier, le plus réussi, qui conservait encore une certaine touche personnelle.

En revanche, l’équipe ne peut que vous conseiller les excellents jeux-vidéo tirés de l’univers de Sapkowski, The Witcher 1 et 2 (mention spéciale pour les cartes à jouer du premier opus – les vrais savent).

La saga du sorceleur, tomes 1 à 4, d’Andrzej Sapkowski chez Bragelonne.

Liens utiles :

http://www.actaestfabula.fr/fantasme-1-s...errier-178 [small][voir texte du 3 mars 2012 précédemment cité][/small]

http://www.chiennesdegarde.com/

Depuis, j'ai pensé à aller regarder du côté de nooSFere pour trouver une critique de 2003 par Pascal Patoz du premier volume de nouvelles (en bas de la page dédiée) : http://www.noosfere.org/icarus/livres/ni...re=-318335
Il semblerait décidément que ce soit ce volume-là, Le Dernier Vœu, qui soit le plus intéressant.

Qu'en pensez-vous ? Avez-vous lu des histoires du Sorceleur de Sapkowski ? Et si oui, quel est votre avis ?

Amicalement,

Hyarion.
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