La peur de la mort née, dit-on, avec la vie, et je suis, bien évidemment, d' accord...D' autant qu' il suffit d' être " mort ", quelques fois, pour savoir que cette peur est, en plus d' irrationnelle, parfaitement inutile...Il se trouve que je suis mort quatre fois, ce qui me permet d' avoir, sur le sujet de la " transhumanité ", un regard de quasi professionnel!
Etant on ne peut plus athée, la mort se limite, pour l' humain que je suis, à la perte totale de la conscience: que je sois réduit à l' état de viande " vivante ", hérissée de tubes et de fils, respirant par l' intermédiaire d' une pompe électrique, ne change rien à l' affaire: sans conscience d' être, je ne suis qu' une vaine tentative d' une technobiologie à vocation de mouvement perpétuel...Juste bonne, dans le meilleur des cas, à effrayer les gosses!
En comptant, sur mes doigts, ma première mort résulta d' un trop-plein de morphine, en Espagne...Fatigue, trou noir, arrêt cardiaque: uno! la deuxième me fut infligé par un connard irascible, mesquin, et communiste, de surcroit, mécontent que je m' intéressasse à son joujou, un superbe fusil SKS, qui valait, rapporté à qui de droit, un beau pactole! Le gland voulut m' éventrer, Didi lui explosa la tête, et je mourus...En fait, je mourus à répétition, émergeant du néant pour souffrir un bon coup, traîné/porté par mes amis, qui m' encourageaient à rester en vie, en m' insultant copieusement! Je finis par mourir un peu plus longtemps, le temps de renaître, sur un brancard de l' hosto de Chiang Rai...Et de deux! La troisième prit la forme d' une calandre de voiture: il roulait à gauche, en face, je faisais de même, je tournais à droite, lui coupant la route: nous étions en Thaïlande, il avait priorité, je m' en souvins en entendant ma tête cogner sur le bitume...Hosto, réa, et de trois! La quatrième est plus récente: une merde respiratoire, gaz du sang en surchauffe, coma, l' interne de garde enlevant ses gants, et disant: " on peut rien faire de plus, y a plus qu' à attendre..."
- Il faudra, un jour qu' on explique au personnel hospitalier, qu' on ne devient pas sourd, avant de perdre conscience...J' ai encore, gravée dans ma mémoire, sa saleté de phrase! " -
Et aussi le regard empreint de tristesse d' une infirmière qui me regardait...Cette peine affreuse, inscrite sur son visage, fut la dernière image que je gardais, avant ma quatrième mort!
Voilà...Quatre décès, et pas de tunnels brillants, de roto-biographie accélérée, de remords, de peines...Que dalle: pour tout dire, tu te sens même pas partir...T' es là, tu regardes...Didi qui te hurle quelque chose, en parlant dans un tuyau...Un gamin qui te fixe, avant que sa mère, affolée, le préserve d' une possible contagion de la mort, en l' agrippant contre elle...Le bruit des roues du brancard de Figueiras, sur le béton gris...Tu meurs pas, c' est le monde qui disparaît!
C' est ça, la mort...Le noir! Même pas, d' ailleurs, car le noir c' est " quelque chose " que tu penses être noir...La mort, c' est plus simple: c' est rien...Rien, du tout!
Alors, franchement, le transhumanisme, les tables tournantes, la volonté d' être, encore un peu, cette quête de rab' contre nature, que s' infligent les gens qui ne vivent que pour leur mort...Je trouve ça obscène, et, quelque part, quand je pense, par exemple, au p'tit Marc, d' injuste...Si ça veut dire quelque chose!
Pour d' autres, je présume que ça peut être différent...Les croyants, les optimistes, les goinfres, et les pauvres gens: j' en suis désolé pour eux!
Carpe diem...
Etant on ne peut plus athée, la mort se limite, pour l' humain que je suis, à la perte totale de la conscience: que je sois réduit à l' état de viande " vivante ", hérissée de tubes et de fils, respirant par l' intermédiaire d' une pompe électrique, ne change rien à l' affaire: sans conscience d' être, je ne suis qu' une vaine tentative d' une technobiologie à vocation de mouvement perpétuel...Juste bonne, dans le meilleur des cas, à effrayer les gosses!
En comptant, sur mes doigts, ma première mort résulta d' un trop-plein de morphine, en Espagne...Fatigue, trou noir, arrêt cardiaque: uno! la deuxième me fut infligé par un connard irascible, mesquin, et communiste, de surcroit, mécontent que je m' intéressasse à son joujou, un superbe fusil SKS, qui valait, rapporté à qui de droit, un beau pactole! Le gland voulut m' éventrer, Didi lui explosa la tête, et je mourus...En fait, je mourus à répétition, émergeant du néant pour souffrir un bon coup, traîné/porté par mes amis, qui m' encourageaient à rester en vie, en m' insultant copieusement! Je finis par mourir un peu plus longtemps, le temps de renaître, sur un brancard de l' hosto de Chiang Rai...Et de deux! La troisième prit la forme d' une calandre de voiture: il roulait à gauche, en face, je faisais de même, je tournais à droite, lui coupant la route: nous étions en Thaïlande, il avait priorité, je m' en souvins en entendant ma tête cogner sur le bitume...Hosto, réa, et de trois! La quatrième est plus récente: une merde respiratoire, gaz du sang en surchauffe, coma, l' interne de garde enlevant ses gants, et disant: " on peut rien faire de plus, y a plus qu' à attendre..."
- Il faudra, un jour qu' on explique au personnel hospitalier, qu' on ne devient pas sourd, avant de perdre conscience...J' ai encore, gravée dans ma mémoire, sa saleté de phrase! " -
Et aussi le regard empreint de tristesse d' une infirmière qui me regardait...Cette peine affreuse, inscrite sur son visage, fut la dernière image que je gardais, avant ma quatrième mort!
Voilà...Quatre décès, et pas de tunnels brillants, de roto-biographie accélérée, de remords, de peines...Que dalle: pour tout dire, tu te sens même pas partir...T' es là, tu regardes...Didi qui te hurle quelque chose, en parlant dans un tuyau...Un gamin qui te fixe, avant que sa mère, affolée, le préserve d' une possible contagion de la mort, en l' agrippant contre elle...Le bruit des roues du brancard de Figueiras, sur le béton gris...Tu meurs pas, c' est le monde qui disparaît!
C' est ça, la mort...Le noir! Même pas, d' ailleurs, car le noir c' est " quelque chose " que tu penses être noir...La mort, c' est plus simple: c' est rien...Rien, du tout!
Alors, franchement, le transhumanisme, les tables tournantes, la volonté d' être, encore un peu, cette quête de rab' contre nature, que s' infligent les gens qui ne vivent que pour leur mort...Je trouve ça obscène, et, quelque part, quand je pense, par exemple, au p'tit Marc, d' injuste...Si ça veut dire quelque chose!
Pour d' autres, je présume que ça peut être différent...Les croyants, les optimistes, les goinfres, et les pauvres gens: j' en suis désolé pour eux!
Carpe diem...

