06-01-2016, 21:16
Yyr Wrote:Au passage, je ne me souviens plus très bien de ce que tu nous avais expliqué quant à la disponibilité du recueil par Amazon ?
Arf... vaste débat, un brin délicat à porter en place publique, ami joueur ou oublieux de mes longs mails ;-)
Élargissons un peu : comme on cherche à faire les choses bien, nos ouvrages sont référencés par la BNF (via le dépôt légal) et au FEL ou Fichier Exhaustif du Livre (par nos soins). Ils rejoignent donc les bases de données documentaires qui alimentent les librairies, lesquelles peuvent constituer leur catalogue de références. Cela s'arrête là, essentiellement : c'est-à-dire que la distribution effective est d'un tout autre ressort.
Une librairie "classique", par ce biais, peut trouver l'ouvrage en référence si quelque acheteur lui en fait la demande (ou si elle souhaite l'avoir en stock propre, mais il ne faut pas non plus trop rêver, le métier de libraire est difficile et le pari osé). Elle peut alors nous le commander - Pour note, c'est brièvement expliqué là sur notre site. La librairie l'acquiert à un prix inférieur au prix public, puisqu'il faut bien que le libraire se rémunère. C'est du travail pour tout le monde : pour le libraire, qui doit faire une démarche, un règlement, etc. - alors qu'il est plutôt habitué à travailler avec de (très) grosses centrales de distribution, qu'on peut oublier à notre échelle ; pour l'association, et plus précisément à ce jour pour votre serviteur, qui doit assurer le traitement de la demande. Aux prix que nous pratiquons, ce n'est pas très intéressant financièrement, ni pour le libraire, ni pour l'association - mais comme cela peut faire un lecteur heureux, nous tentons d'honorer ces demandes. Elles restent très minoritaires : env. 4 % des exemplaires au consolidé 2011-2015 pour le Façonnement vol. 1 et vol 2 - mais c'est un canal de distribution que je respecte.
Amazon, donc...
Le dernier ouvrage figure à leur catalogue (le lien que tu donnes), car ils se contentent (eux aussi) d'exploiter les bases de références à leur disposition... Ça ne mange pas de pain, d'avoir un catalogue des plus fournis, en apparence du moins.
Que doit-on penser d'un "Temporairement en rupture de stock" et d'une possibilité de précommande ? Pas grand chose, je crois...
Nous n'avons mis, par décision (j'y reviens plus bas), les volumes 1 et 2 sur Amazon que plus d'un an (au bas mot) après leur parution.
Pour la France, Lulu fait appel à des imprimeurs situés en France. Est-ce qu'ils sont bien rémunérés, est-ce que l'humain derrière est bien traité ? Je ne sais pas. Mais Amazon imprime en Grande-Bretagne, dans le cas de ces deux volumes, sur leurs propres presses (ce qui n'existait pas à l'époque du volume 1). Outre la localisation (en ces temps de chômage, ce n'est pas neutre non plus), vous n'êtes pas sans savoir que les conditions de travail chez Amazon ont fait l'objet d'un certain nombre de critiques...
Les frais de ports Lulu sont élevés, d'où le -5% que nous accordons à ce canal privilégié, pour réduire un peu cet effet (outre que Lulu fait souvent des remises promotionnelles). Les frais de ports sur Amazon sont ridiculement bas (1 centime symbolique, disons-le, pour contourner l'interdiction de la gratuité de port qui leur a été imposée par la loi...). Dans ces conditions, la vente en ligne pose un vrai problème aux librairies classiques... Comment font-il ? Je ne sais pas, je ne suis pas magicien - mais je sais seulement qu'ils s'octroient la part belle du distributeur - autrement dit, aux prix que nous pratiquons, l'association touche beaucoup moins actuellement sur un volume vendu par Amazon que sur une vente Lulu "pure".
Ne nous voilons pas la face, Amazon est devenu un très très gros distributeur, doublé aujourd'hui d'un imprimeur, dans le secteur très concurrentiel et peu rentable du livre. La "force de frappe" d'Amazon qu'évoque Vinyamar est aussi un piège monopolistique, non ? Pour autant, il serait dommage de s'en priver complètement. Donc une fois que les autres canaux s'épuisent, que les comptes, recettes et dépenses de l'association s'équilibrent (ces comptes sont publics), pourquoi pas - c'est ce que nous avons fait après quelques années, et cela représente à grosse maille 8,6 % des exemplaires du Façonnement vol. 1 et vol 2.
J'ai dit à deux reprises "aux prix que nous pratiquons". Cela appelle un petit commentaire. Chez d'autres éditeurs, ce type d'ouvrage serait probablement au moins autour, disons, de 32 € (l'exemple n'est pas pris au hasard, mais ne demande surtout pas à être commenté ici). Le modèle économique que nous avons choisi est bien entendu contestable - rien que l'impression à la demande pourrait l'être, mais c'est aussi une belle souplesse. Ce modèle s'est aussi construit sur notre expérience avec Lulu.
Ou dit autrement (mais pour certains, je vais donner l'impression de radoter) : nous ne sommes pas un éditeur (notamment) associatif, mais une association qui s'édite (notamment). Compte tenu de notre cible, on peut faire un peu de militantisme, et considérer qu'Amazon n'a pas à être notre seule solution ultime ou privilégiée, ni même d'ailleurs un passage complètement obligé.
Après, ce n'est que mon avis très personnel, tout à fait discutable (en d'autres lieux et circonstances), mais bon, être président-dictateur, fût-il bienveillant (petit clin d’œil en private joke à l'ami Hyarion qui aime me chambrer), ça aide... Bref, en d'autres termes, je n'ai pas prévu de pousser ce troisième volume sur Amazon avant un an, sinon deux...
Didier (si ça, ce n'est pas de la transparence, je mange ma barbe !).
P.S. Heh, Vinyamar, salut, bon retour en ces contrées ! Mais si, elle est pas si mal que ça, la boutique Lulu... Et Lulu est aussi un imprimeur-distributeur militant, ils ont fini par renoncer aux DRM sur les eBooks au format ePub ouvert, tandis que certains s'arcboutent sur un format Kindle propriétaire captif et une ribambelle de DRM imposés... Remarquez, nous ne sommes pas concernés par cet heureux revirement, nous n'avons jamais eu de DRM sur nos eBooks. Remarquez encore, vu le boulot que représente la fabrication d'un bel eBook, pour 2,3 % des exemplaires, je ne sais pas si on réitèrera l'expérience systématiquement, surtout quand nos auteurs aiment les tableaux et les mises en page complexes

