Vinyamar Wrote:Pour l'amour, je n'étais pas d'accord vu qu'on n'a rien sur l'histoire de Faramir, et qu'Arwen est plus une guerrière sanguinaire qu'une princesse, et qu'on ne revoit pas le retour à la Comté de Sam chez les siens.
Mais dans le film, on voit Arwen renoncer à l'immortalité par amour pour Aragorn, et que c'est hachement plus beau que chez Tolkien.
Alors d'abord je ne me souviens pas de cela dans le film, mais j'avoue que je n'avais pas non plus souvenir de cette mortalité d'Arwen, qui il est vrai n'est pas vraiment mise en scène dans le roman [small](même si je ne vois plus trop pourquoi elle aurait le choix alors que son père a déjà fait le choix de la voie Elfe et donc de l'immortalité)[/small]
Bon alors un point que je suis bien obligé de concéder au film.
Pour l'amour, c'est essentiellement le « Fragment de l'histoire d'Aragorn et d'Arwen » qui en traite, ce qui est logique puisque ce n'est pas la thématique principale du roman. Néanmoins, le « Fragment » est indissociable du SdA et est — je trouve — éminemment plus poétique et parlant que les scènes dispersées des films, qui manquent d'ailleurs de cohérence. Il ne faut pas oublier que dans les films, la vie d'Arwen se retrouve mêlée à l'existence de l'Anneau d'une façon particulièrement étrange, à tel point qu'en réalité son mariage avec Aragorn est plus forcé qu'autre chose, puisqu'elle devient mortelle lors de la destruction de l'Anneau et non pas par libre choix. Il convient de souligner que dans les films, Arwen choisit initialement d'obéir à son père et de quitter la Terre du Milieu sans même attendre la conclusion de la guerre. Seule la vision d'Eldarion la fait changer d'avis. Au rebours, Tolkien explique fort bien dans le Silm. que les descendants d'Elrond conservent leur capacité à choisir leur destinée jusqu'au moment où ils décident de quitter la Terre du Milieu pour rejoindre Valinor, si c'est le choix qu'ils font.
Vinyamar Wrote:Pour la tentation, on m'a expliqué que les images rendaient beaucoup mieux que dans le livre la tentation tant de Frodon que de Sam, et que le film était parfaitement concordant sur cette thématique (avec des exemples de scène oubliées qui prouvent que le film n'est pas en reste sur cette question).
Bon, j'ai dû concéder une égalité faute de mémoire.
La tentation de Frodo me paraît assez mal rendue dans le film : on ne voit guère comment elle le conduit à soupçonner le fidèle Sam et à croire Gollum sur parole alors que la duplicité de ce dernier est bien connue, de même que son appétit pour l'Anneau. À l'inverse, cette dimension est remarquablement rendue dans le livre, où Frodo utilise Gollum en toute connaissance de cause et garde même la capacité de le prendre en pitié, car il connaît le fardeau dont souffre Gollum. Frodo n'agresse finalement Sam que lorsqu'il voit l'Anneau au cou de ce dernier, vision alors insupportable pour lui.
Par ailleurs, la fameuse tentation surmontée par Sam est magnifiquement décrite dans le roman, alors que je ne me souviens de rien de semblable dans le film. En réalité, le film est beaucoup plus faible sur toute cette thématique que le livre : le film laisse penser que tout un chacun peut être tenté par l'Anneau, quel que soit sa prédisposition. Le livre dit tout le contraire : seule la volonté de puissance est source de tentation. Celui qui accepte d'y renoncer, accepte de ne pas se mettre dans une situation de tentation trop forte pour lui, celui-là est épargné, qu'il s'agisse de Gandalf, d'Aragorn, de Faramir ou de Sam. Seul Frodo est vaincu au dernier moment, car il a poussé ses forces jusqu'à l'extrême limite des possibilités humaines. Et c'est sa pitié passée qui le sauve alors, de la manière la plus imprévisible qui soit.
Vinyamar Wrote:Pour l'immortalité, bon c'est vrai que Tolkien prétend que c'est le vrai sujet du roman, mais à dire vrai, c'est n'est pas très facile à argumenter, surtout face au choix d'Arwen mis en scène dans le film et pas dans le livre.
J'ai dû là aussi m'avouer vaincu faute d'arguments percutants.
Sur Arwen, je pense avoir répondu plus haut. Sur d'autres points, le film se hisse effectivement assez près du film, notamment au sujet des Nazgûl, de Gollum ou de Boromir, bref de tous ceux qui ont cédé à la tentation. Il n'empêche que du côté des Peuples Libres, Jackson est beaucoup moins convaincant que Tolkien : ses Elfes ne sont que des surhommes sur le plan physique avec les qualités et les défauts moraux des hommes. C'est une vision qui serait appropriée pour le Silm., certainement pas pour le SdA, qui se passe 6000 ans plus tard. Si c'est Legolas, un jeunot des Sylvains, qui accompagne Frodo, plutôt qu'un seigneur Elfe comme Glorfindel, ce n'est pas un hasard. Les Elfes restent puissants militairement (la Lórien et le Royaume Sylvain repoussent les attaques menées contre eux, même si on ne le découvre qu'incidemment), mais sont trop repliés sur eux-mêmes pour aller une fois de plus au secours des Hommes. C'est la rançon de leur longévité...
Vinyamar Wrote:Mais je n'ai pas pu nier que la réapparition de Saroumane n'était pas le meilleur de cette post-aventure. J'ai dû céder sur ce point.
Au contraire, j'ai trouvé que Tolkien avait là anticipé de manière assez prémonitoire sur la façon dont les dictateurs déchus se comportent une fois que le pouvoir leur a été arraché des mains. La médiocrité, la volonté de souiller ce qu'ils n'ont pu détruire, la petitesse d'âme et l'incapacité à se repentir : voilà qui me fait penser à bien des personnages réels du XXe siècle.
Elendil

