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[Critiques] The Hobbit: The Battle of the Five Armies - P. J. (2014)
#47
De mon seul point de vue, mais aussi vis-à-vis de JR, entre The Big Lebowski et Jacques Chirac, c'est un peu tout ce fuseau qui, par de telles évocations, pourrait relever de la private joke... ;-)

Ceci dit, sur le fond, si j'ai pris la peine d'exprimer longuement mon point de vue sur la dernière trilogie, ici même et sur d'autres fuseaux dédiés que j'avais initié, cela ne voulait pas dire que j'en attendais forcément de même de qui que ce soit, y compris de JR, d'autant plus qu'il m'aura fallu tout de même faire un effort pour aller au bout de ma démarche, pour des raisons que j'avais alors évoqué. ;-) Mais j'ai tenu à le faire, cet effort, simplement pour que la nuance née de la diversité des points de vue et des approches, sur ce sujet comme sur d'autres, reste plus ou moins présente, ici comme ailleurs. Qu'il s'agisse de cinéma ou de littérature, de divertissement ou de création "pure", de textes originaux ou de traductions, de mon point de vue, si avoir une opinion passionnée à l'égard des œuvres est légitime, la nuance dans le regard me parait indispensable pour pleinement les apprécier et les interpréter. :-)

Je suis pas venu sur ce forum il y a douze ans pour me faire l'avocat de Peter Jackson et de sa première trilogie (même si j'avais apprécié cette dernière) : le premier fuseau que j'ai créé sur JRRVF parlait, comme vous vous en souvenez peut-être, de tout autre chose... ;-) Mais comme ce premier fuseau en témoigne d'un certain point de vue (même si je suis passé à autre chose depuis), je ne suis pas non plus venu ici pour exprimer une adoration sans nuance à l'égard de Tolkien, dont j'aime l'œuvre sans pour autant exclure un regard critique sur l'homme et sa création... ce en quoi je me suis souvent senti un peu seul, ici ou sur Tolkiendil, mais il est vrai que j'ai souvent dit que je n'aimais pas même le mot "fan" et tout ce qu'il pouvait impliquer comme parti pris excessif.

Ce que je dis vis-à-vis de la planète Tolkien vaut évidemment pour d'autres planètes que je fréquente, comme la planète Howard par exemple : encore une fois, j'ai toujours été attaché à une certaine nuance dans le regard, d'autant plus à force non seulement de lire ou de voir mais aussi d'étudier les œuvres de tel ou tel artiste. Cela ne m'empêche pas, je pense, d'avoir une sensibilité certaine à l'égard desdites œuvres, laquelle sensibilité n'ayant pas vocation à entrer dans une quelconque hiérarchie, ce pourquoi je me suis permis d'exprimer en ces lieux, à l'occasion, les plus franches réserves à l'égard d'une certaine dichotomie "étoilés/carnassiers" ou à l'égard d'une certaine condamnation des "images qui bougent" (sous-entendu : le cinéma) sous prétexte de critiquer négativement les films de PJ. Tout cela est bien trop excessif pour moi, et je préfèrerai toujours, d'ailleurs, que les passions s'expriment à travers la création plutôt qu'à travers de simples commentaires sur les créations des autres (surtout si c'est en négatif et/ou au nom de je-ne-sais quel "dogme").

Pour moi, par exemple, Jean-Rodolphe a fait preuve de créativité avec ses Promenades au pays des Hobbits, en ayant su très heureusement dépasser sa "croisade" (le mot n'est pas de moi !) anti-PJ, longtemps seul objet de sa notoriété dans le milieu, pour littéralement inventer quelque-chose à partir de sa passion pour une œuvre littéraire, non francophone par ailleurs. Même s'il aura toujours du mal à le reconnaître ;-), son travail a bénéficié de la fenêtre de tir médiatique de la deuxième trilogie de PJ pour être diffusé largement dans le circuit des librairies, mais ce qui compte avant tout, à mes yeux, c'est qu'il ait fait cet effort de créativité, qui lui a permis de dépasser la condition qui était la sienne jusque-là... Ce genre de travail mérite un coup de chapeau. Parce qu'il est créatif. Et je le salue d'autant plus qu'il se trouve que je connais l'auteur depuis assez longtemps maintenant, fusse surtout de manière virtuelle même nous nous sommes déjà rencontré en "vrai". ;-) De l'extérieur, tout cela peut bien passer pour des "histoires de fans" auxquelles personne n'est censé rien comprendre en dehors des "initiés"... mais moi j'y vois avant tout une histoire de travail créatif à saluer bien au-delà d'une planète communautaire, de ses codes, voire de ses hiérarchies.

Par ailleurs, voila pourquoi, entre autres raisons, vous ne me verrez probablement pas m'exprimer, par exemple, quand Christopher Tolkien partira pour les domaines de Mandos : tout le monde, ici et ailleurs, je n'en doute pas, pourra se sentir obligé de dire (voire de faire) quelque-chose pour rendre hommage, comme cela avait été, un peu curieusement (effet de la rareté de la parole ?), déjà un peu le cas lors de la publication du fameux article du Monde en 2012, mais en dehors du fait de simplement lui souhaiter de reposer en paix, je pense que je n'aurai rien d'autre à dire (ou à faire) personnellement. Christopher Tolkien a été animé par une singulière piété filiale pour accomplir le travail colossal d'édition de la très vaste part posthume de l'œuvre de son père, mais je n'ai jamais éprouvé pour autant cette impression de sacralité quant à son rôle que semblent éprouver d'autres lecteurs. Je n'éprouve pas de proximité particulière avec le fils, comme si cela devait constituer un lien "privilégié" avec le père (il est vrai que je ne sacralise pas non plus ce dernier). Je mesure bien sûr l'immensité du travail accompli, que je salue comme tel, mais je mesure aussi toute la dimension hautement personnelle qu'il y a derrière : je pense que le fils a d'abord travaillé pour son père et l'œuvre de celui-ci telle qu'il l'a conçoit en tant que fils, tout le reste venant après, bien après. En ce sens, contrairement à d'autres peut-être, je ne me sens pas proche de cette histoire, qui n'est tout simplement pas la mienne, même de loin. Bien qu'étudiant l'œuvre du père, je n'attends évidemment pas, ni ne recherche, la moindre reconnaissance de la part du fils s'il devait être encore vivant quand j'en aurais enfin fini avec mon projet actuel : à chacun son parcours et son histoire, en toute indépendance dans la mesure du possible, et à chacun sa façon d'apprécier et de respecter l'œuvre, toutes proportions gardées. Je ne sais si mon discours est compréhensible par des personnes se considérant (éventuellement) comme des "fans", mais je ne peux pas en tenir un autre s'il me faut être honnête (je préfère ne pas parler de bonne ou de mauvaise foi : l'emploi de ce genre d'expression a pris un tour à la fois récurrent et malheureux récemment dans un autre fuseau).

Au fond, donc, ce qui m'intéresse, c'est avant tout la création artistique indépendamment des intermédiaires, des filtres, des grilles de lecture, même si j'en tiens compte par ailleurs : cela peut sans doute paraître bien vague aux yeux de certains, mais c'est ce qui explique notamment pourquoi je tiens à cette nuance dans le regard, et à cette recherche de l'équilibre ou du point d'équilibre, dont je parle souvent... ;-)

Amicalement,

Hyarion.
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