Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Centenaire de la Bataille de La Somme
#12
Vous l'avez surement noté, nous avons fait le choix avec Cédric, de publier le feuilleton Tolkien et le TCBS au cœur de la Grande Guerre sur JRRVF avec un léger décalage pour laisser la primeur à Tolkiendil et à la page Facebook de Tolkiendil, ce qui est la moindre des choses, puisque notre ami Druss est l'auteur de ces pages.
Cependant, c'est un soir particulier. C'est la veillée d'armes.
Si vous souhaitez d'ores et déjà prendre connaissance de la suite du feuilleton et retrouver Tolkien à la veille de la bataille, rendez-vous sur Tolkiendil.

...

Projetons-nous 100 ans en arrière.

Le soleil s'est couché derrière des grappes de nuages d'un ciel de traîne

Le tonnerre des canons gronde plus que jamais sur la ligne de front.

L'état major allié prend acte d'un changement de météo, après plusieurs jours d'un temps suffisamment pluvieux sur La Somme pour retarder la grande offensive.
Des heures terribles s'annoncent pour Tolkien, ses amis du T.C.B.S. et les dizaines de milliers de soldats anglais, français et allemands (et plusieurs autres nationalités issus des empires coloniaux) cantonnés dans les tranchées.


L'attaque est certaine (...).
Surtout je ne dois pas penser... Que pourrais-je envisager ? Mourir ? Je ne veux pas l'envisager. Tuer ? C'est l'inconnu, et je n'ai aucune envie de tuer. La gloire ? On n'acquiert pas de gloire ici, il faut être plus en arrière. Avancer de cent, deux cent, trois cent mètres dans les positions allemandes ? J'ai trop vu que cela ne changeait rien aux événements. Je n'ai aucune haine, aucune ambition, aucun mobile. Pourtant je dois attaquer.
Ma seule idée : passer à travers les tirs de balles, de grenades et d'obus, en réchapper, vainqueur ou vaincu. D’ailleurs : être vainqueur, c'est vivre. C'est aussi la seule idée de tous les hommes qui m'entourent (...)
Nous voudrions suspendre la marche du temps. Pourtant le crépuscule envahit le champ de bataille, nous sépare les uns des autres, nous pénètre de froid... le froid de la mort...
Nous attendons.
Rien ne se précise.
Je m'accroupis dans un trou pour dormir. Autant ne pas savoir à l'avance !
Je me souviens que j'ai vingt ans, l'âge que chantent les poètes...

Gabriel Chevallier, La Peur, chap. V. "la barricade" Le Dilettante, 2008 (Stock, 1930)



I.
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)