ISENGAR Wrote:Les cérémonies de la commémoration de la Somme semblent se retrouver parmi la liste de plus en plus longue des dommages collatéraux du brexit.
A priori, ni François Hollande (qui a fait planer longtemps le doute sur sa venue), ni la reine Elisabeth II ne seront présents.
Un article du Monde évoque la question, avec une certaine justesse.
En tout cas, qu'on se réjouisse à Albert, Thiepval ou Beaumont-Hamel : si François Hollande n'est pas présent le 1er juillet sur place, pas de risque de pluie pour les commémorations ! :p
Eh bien, finalement, François Hollande a fait le déplacement à Thiepval, ce vendredi 1er juillet, pour participer aux commémorations du centenaire de la bataille de la Somme réunissant Français et Britanniques, ainsi que l'a notamment annoncé un autre article du Monde diffusé ce matin. Le temps a été maussade, sur place, parait-il, mais apparemment il n'a pas plu. ;-) Hollande a déclaré à cette occasion que, malgré le Brexit, « le Royaume-Uni restera un partenaire, un allié, un ami de la France, quoi qu'il arrive ». Comme il y a 100 ans. Je me demande cependant où en seront, dans 100 ans, le Royaume-Uni, la France, l'Europe, ainsi que le souvenir de la boucherie mondiale de 1914-1918...
Benilbo Wrote:[...] pour reprendre le thème, ici un article qui essaye d'imaginer quelle aurait pu être la réaction de Tolkien vis-à-vis du Brexit. Chacun se fera une idée de cet article et de son intérêt ; à mon humble avis il est orienté et fait de la récup', et possède une forme d'indécence dans le fait de vouloir parler à la place d'un homme mort hors de son contexte de vie. Mais si on dégage l'argumentaire et qu'on garde les citations de Tolkien, il aura pour moi l'intérêt de montrer à quel point le temps s'accélère et qu'à l'échelle d'une vie d'humain le monde se transforme vraiment vit : les mythes et l'histoire paraissent si loin, enterrés dans le fond des âges. Dans le légendaire de Tolkien (lettre 131 je crois), l'image du beurre étalé sur une trop grande tartine représentait la conception de la mortalité des hommes, dans le sens où l'on ne peut leur donner l'immortalité, ni même plus de vie, une telle tentative résulterait en un 'étirement' de ce qui leur est donné - comme du beurre étalé sur une trop grande tartine. On tire sur les hommes comme on arrache des arbres, et sur ses racines comme on étalerait ce fameux beurre.
J'avoue que je m'attendais à ce qu'au moins un « petit malin » tente ce genre de récup', comme tu dis Benilbo, à l'occasion du Brexit. Sans surprise, en fait d'« étirement », c'est bien hélas à celui de Tolkien que l'on assiste, là comme dans d'autres cas lorsque certains prétendent le faire parler post mortem sur tel ou tel sujet, en prétextant l'universalité de tel ou tel propos - toujours tiré des mêmes extraits de lettres ou de textes de fiction, cités indifféremment -, comme si Tolkien était un maître à penser. Concernant précisément la question politique européenne, cela aurait pu avoir éventuellement un peu de sens de se demander de ce qu'aurait voté Tolkien lors du précédent référendum britannique, celui de 1975, dans la mesure où celui-ci a eu lieu seulement moins de deux ans après sa mort, et que l'écrivain a éventuellement pu avoir un avis sur l'adhésion du Royaume-Uni à la CEE, future UE, en 1973. Mais s'agissant du référendum de 2016, quel intérêt de convoquer Tolkien ? Aucun, à mon avis, si ce n'est peut-être, comme tu l'as écrit, de nous faire mesurer combien peut changer rapidement le monde comme il va, même si par bien des aspects cependant, on peut se dire que paradoxalement plus les choses changent et plus elles restent les mêmes...
Amicalement,
Hyarion.

