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Figure, présence et critique de J.R.R. Tolkien chez G.R.R. Martin
#17
"Se baser sur Kull pour extrapoler sur Conan" serait hasardeux, notamment compte tenu des différences entre les deux personnages et les récits qui les mettent en scène, mais Patrice Louinet est, je pense, suffisamment familier avec l'oeuvre de Howard dans son ensemble pour aider précisément le lecteur à ne pas se focaliser uniquement sur ce que Howard a pu écrire sur sa façon de travailler et sur l'aura particulière qu'a Conan le Cimmérien, sa plus célèbre création. :-) En ce qui concerne la première nouvelle de Howard mettant en scène Conan, Le Phénix sur l'Épée (The Phoenix on the Sword), il se trouve qu'il s'agit d'une réécriture d'une histoire de Kull, Par cette hache je règne ! (By This Axe I Rule !, 1929), effectuée en 1932. Voila déjà un élément qui peut aider à faire la part des choses en matière de spontanéité vis à vis de la création d'un personnage d'une part et du processus d'écriture d'autre part, sachant bien que cet élément ne résume pas tout, naturellement.

Mais en tous les cas, les quelques extraits que j'ai cité ne dispense évidemment pas de lire l'essai "Une Genèse Hyborienne" dans son intégralité, loin s'en faut. :-) Cet essai comprend plusieurs dizaines de pages et il est divisé en trois parties, chacune concluant l'un des volumes de l'intégrale des histoires de Conan parue chez Bragelonne. Patrice y analyse chaque texte de Howard, un par un, par ordre d'écriture. Si tu lis cet essai, tu pourras constater qu'il commence par un extrait de la lettre de Robert Howard à Clark Ashton Smith de décembre 1933, juste avant d'évoquer son exemple des histoires de Kull. Cette évocation doit donc être prise pour ce qu'elle est : un élément introductif, avant d'aller substantiellement plus loin et en détail. Si tu poursuis ta lecture, tu retrouveras l'autre passage que j'ai cité, ou encore celui-ci :

[citation=Patrice Louinet, Une Genèse Hyborienne]Il semble bien qu'Howard disait la vérité lorsqu'il expliquait à Clark Ashton Smith que les épisodes se bousculaient dans sa tête et qu'il ne fit qu'écrire des histoires de Conan pendant des semaines. Howard envoya « Le Phénix sur l'Épée » et « La Fille du Géant de Gel » au début du mois de mars 1932, et n'attendit même pas la réponse de Wright [rédacteur en chef de la revue Weird Tales] pour entamer sa troisième nouvelle, « Le Dieu dans le Sarcophage ».[/citation]

Bref, ce que je veux simplement dire, c'est que Patrice s'efforce donc de faire la part des choses, en tenant compte des discours comme des faits. Mais je ne fais là que picorer dans le texte, si j'ose dire : pour avoir une vue d'ensemble, il vaut mieux lire tout l'essai (dans les trois volumes), à mon avis. :-)

Si la correspondance de Robert E. Howard t'intéresse, elle a fait l'objet d'une édition en quatre volumes (dont le premier est hélas épuisé) par la Robert E. Howard Foundation sous le titre The Collected Letters of Robert E. Howard : les lettres à Clark Ashton Smith que tu as citées figurent dans le troisième volume (1933-1936), où elles portent les numéros 249 et 298. La correspondance entre Howard et Lovecraft a fait, elle, comme je l'ai signalé dans le fuseau dédié à Howard, l'objet d'une édition en deux volumes chez Hippocampus Press sous le titre A Means to Freedom: The Letters of H. P. Lovecraft and Robert E. Howard (un projet d'édition en français est à l'étude).

Amicalement,

Hyarion.
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