14-11-2016, 21:48
III- L'Ouest
A l’arrivée de la Grande Obscurité, il y a une première séparation parmi les Elfes, qui prendront alors un destin différent.
Une partie s’enfuit dans de lointaines vallées et se réfugie dans la nostalgie de leur jeunesse (et ils se sont cachés, chantant des jours qui ne seraient jamais plus – 2T p 82).
Les autres Elfes passèrent au-delà de la mer.
Pour les premiers, on n'en reparlera plus dans l’évocation des jours anciens (Enfuis dans de lointaines vallées et réfugiés dans la nostalgie de leur jeunesse nous dit Fangorn).C'est pourtant dans ce même état d’esprit que seront devenus tous les elfes du 3e âge présentés dans le récit du SdA : coupés volontairement du monde, réfugiés dans le passé, que ce soit par nostalgie ou même physiquement si l’on songe à la Lórien. S’agit-il de ces premiers elfes-là, j’en doute, car on apprendra que les elfes du 3e âge sont des exilés et ont le languir de la mer et de l’ouest, choses que n’ont pas connus ceux-là.
Pour les autres Elfes, autant qu'on l'imagine la grande majorité, leur destin sera tout autre, grandiose. Ils passèrent au-delà de la mer.
On en apprend un peu sur cette autre terre à l’ouest au-delà de la mer, appelée Eldamar, Valinor ou le royaume béni. Quelques bribes de géographie avec aux moins deux terres ou îles distinctes, Eressëa et Eldamar. Et au sein de cette dernière des noms de lieux et de ville, tels la colline d'Ilmarin, Tirion ou le Calacirion, ainsi qu'une ou des hautes montagnes escarpées.
Certains détails sont évoqués plusieurs fois dans le SdA, ce qui signifierait qu'ils ont eu une certaine importance dans le récit des jours anciens. Tirion, sans doute une ville ou la capitale, et deux arbres, Telperion et Laurelin.
On décrit ces deux arbres brillants, sans doute bien plus majestueux que l'arbre blanc de Minas Tirith dont ce dernier est un descendant (par Telperion). Mais on les décrit surtout au passé et avec nostalgie et tristesse.
Ce qui m'a frappé dans le SdA au sujet de ces deux arbres, ce sont les deux personnages qui nous en parlent, Galadriel et Gandalf, excusez du peu, des meneurs d'hommes, les deux rocs les plus solides du roman. Et pourtant, c'est à l'évocation de ces arbres qu'on les voit, pour la seule et unique fois, émus, sans doute pleurant intérieurement. Gandalf, de plus, était prêt de faillir à sa mission et à se servir du Palantir pour son propre compte pour revoir la jeunesse des arbres. Les deux arbres ne sont que très vaguement évoqués dans le SdA, cependant, par ces réactions, je pense qu'il a dû se passer un des événements les plus tragiques des jours anciens au sujet de ces arbres.
Les elfes ont acquis une grande technique à l'Ouest. Ils ont créé les Palantir par exemple. On évoque le nom de Fëanor, comme celui d'un grand artisan, un lettré également (cf. la porte de la Moria). Ils ont sans doute appris à créer des armes et à se battre, car on quitte des pères des Elfes contemplatifs, éveillant les arbres, créant les mots et adeptes du verbe pour retrouver des elfes guerriers à leur retour en Terre du Milieu (cf. le descriptif d'Aragorn de la guerre des joyaux et descriptif d’Elrond sur la Grande bataille).
D'où ou de qui ont-ils tiré cette technique? Rien n'est dit à ce sujet.
Les nains ? Sans doute pas, rien n’indique qu’un seul nain, avant Gimli, ait passé à l’Ouest.
Sauron ou son maître, tel que Sauron a enseigné aux elfes de l'Eregion pour la confection des anneaux ? Pourtant on nous décrit un noir ennemi arrivant en Terre du Milieu et des elfes fuyant à l'ouest en conséquence. Je ne les vois pas accueillir celui-là même qu'ils ont fui.
D'autres êtres alors ? Peut-être ceux que les elfes louent dans leurs chants, Elbereth, les Valar ... Rien n'est dit là-dessus ni sur la nature de ces derniers. Ils sont évoqués dans des prières (Puisse le valar détourner l’oliphant supplie Damrod), Gandalf évoque les trônes des Valar au couronnement d’Aragorn, Bilbo dans le poème d’Eärendil évoque un « roi ancien » sur la montagne escarpée, et la chevauchée de Theoden devant Minas Tirith est comparée à « Oromë le grand à la bataille des Valar ». On évoque là des êtres puissants, régnant, mais physiquement absents dans le récit du SdA. Sans doute des dieux ou bien des ancêtres déifiés. Mais sur ce dernier point nous sont décrits de nombreux héros (Tuor, Húrin, Eärendil …) présentés explicitement comme des hommes ou des elfes, leur nature doit donc être différente.
IV- Les nains et les hommes
Et pendant ce temps-là ?
Nous n’avons pas encore parlé des nains ou des hommes.
Pour les nains, rien de mieux qu’un autre nain pour en parler.
Gimli nous parle de leur origine, avec l’éveil de Durin. Une génération spontanée donc. Leur origine est ancienne, « la lune était sans tache et aucun mot n’était posé sur les rivières et les pierres ».
Aucun mot ? Les nains seraient apparus avant les elfes, dont on dit plus haut qu’ils sont à l’origine du langage ? J’ai peine à y croire. J’y vois ici une erreur chronologique volontaire.
Gimli évoque dans la suite de son poème des villes, dont Gondolin que l’on sait habitée par des elfes (les lames de Thorin, Gandalf et Bilbo ont été créées par les elfes de Gondolin nous apprend le Hobbit).
Bref, on apprend donc que les nains sont apparus aux Jours Anciens et en Terre du Milieu. Quant à la suite de leur histoire, pas grand-chose, si ce n’est la rencontre malheureuse avec un Balrog et un conflit récurrent avec les orques.
Les hommes.
Les hommes dormaient encore quand sont arrivés les elfes. Aragorn évoque les enfants des hommes avant les années sombres comme joyeux, chantant beaucoup de chansons (cf. p 36 2T). Si ces « années sombres » correspondent à la « grand obscurité », les hommes seraient donc apparus aux jours anciens, juste avant l’arrivée de Morgoth.
Pour la suite, ce sont des années de malheur pour certains hommes (cf. les Druadan, p85, RdR) ou des années de guerre contre l’Ennemi avec de nombreuses descriptions d’actes héroïques. Trois maisons d’homme ont combattu au côté des elfes aux Jours Anciens, Faramir y fait référence lors qu’il parle des Rohirim. On a un récit détaillé des exploits de Beren, face à Sauron, Morgoth ou Ungoliant, l’ancêtre d’Arachne. De même pour Eärendil ou par allusion Tuor ou Turin.
Il est intéressant d’ailleurs de signaler que les récits des exploits du premier âge soient presque uniquement ceux d’hommes (pas d'elfe ou de nain). Exploits individuels pour une défaite collective des peuples libres.
V- La guerre
A l'origine de ces années de guerre, Aragorn nous apprend que les elfes (ou des elfes) reviennent en Terre du Milieu pour reprendre un bijou à Morgoth. La suite chronologique est une série de batailles, de défaites, chutes de cités, Nargothrond, Gondolin et toutes les terres citées par Fangorn.
Enfin, l’on apprend que finalement Morgoth fut vaincu, par une armée elfe en bannières blanches et que sa forteresse du Thangorodrim fut mise à bas. Mais peu d’éléments nous sont indiqués sur ce revirement de situation et sur cette réapparition soudaine des elfes en majesté, ni sur ce qu’ils sont devenus.
Elrond décrit ces elfes victorieux comme la plus grande armée qu’il y ait eu, belle et puissante. Et pourtant, les terres du Beleriand sombrèrent et l’on ne retrouve plus trace ensuite, dans le descriptif des 2e et 3e âge d’un royaume elfe tout puissant. Tout au plus, quelques principautés locales en Eregion, aux Havres Gris, chez Elrond ou en Lórien, mais pas de trace de cette puissance décrite par Elrond pour cette guerre de la grande colère. Ces elfes sont sans doute repartis, vers l’Ouest assurément.
Ainsi se terminent les Jours Anciens.
A l’arrivée de la Grande Obscurité, il y a une première séparation parmi les Elfes, qui prendront alors un destin différent.
Une partie s’enfuit dans de lointaines vallées et se réfugie dans la nostalgie de leur jeunesse (et ils se sont cachés, chantant des jours qui ne seraient jamais plus – 2T p 82).
Les autres Elfes passèrent au-delà de la mer.
Pour les premiers, on n'en reparlera plus dans l’évocation des jours anciens (Enfuis dans de lointaines vallées et réfugiés dans la nostalgie de leur jeunesse nous dit Fangorn).C'est pourtant dans ce même état d’esprit que seront devenus tous les elfes du 3e âge présentés dans le récit du SdA : coupés volontairement du monde, réfugiés dans le passé, que ce soit par nostalgie ou même physiquement si l’on songe à la Lórien. S’agit-il de ces premiers elfes-là, j’en doute, car on apprendra que les elfes du 3e âge sont des exilés et ont le languir de la mer et de l’ouest, choses que n’ont pas connus ceux-là.
Pour les autres Elfes, autant qu'on l'imagine la grande majorité, leur destin sera tout autre, grandiose. Ils passèrent au-delà de la mer.
On en apprend un peu sur cette autre terre à l’ouest au-delà de la mer, appelée Eldamar, Valinor ou le royaume béni. Quelques bribes de géographie avec aux moins deux terres ou îles distinctes, Eressëa et Eldamar. Et au sein de cette dernière des noms de lieux et de ville, tels la colline d'Ilmarin, Tirion ou le Calacirion, ainsi qu'une ou des hautes montagnes escarpées.
Certains détails sont évoqués plusieurs fois dans le SdA, ce qui signifierait qu'ils ont eu une certaine importance dans le récit des jours anciens. Tirion, sans doute une ville ou la capitale, et deux arbres, Telperion et Laurelin.
On décrit ces deux arbres brillants, sans doute bien plus majestueux que l'arbre blanc de Minas Tirith dont ce dernier est un descendant (par Telperion). Mais on les décrit surtout au passé et avec nostalgie et tristesse.
Ce qui m'a frappé dans le SdA au sujet de ces deux arbres, ce sont les deux personnages qui nous en parlent, Galadriel et Gandalf, excusez du peu, des meneurs d'hommes, les deux rocs les plus solides du roman. Et pourtant, c'est à l'évocation de ces arbres qu'on les voit, pour la seule et unique fois, émus, sans doute pleurant intérieurement. Gandalf, de plus, était prêt de faillir à sa mission et à se servir du Palantir pour son propre compte pour revoir la jeunesse des arbres. Les deux arbres ne sont que très vaguement évoqués dans le SdA, cependant, par ces réactions, je pense qu'il a dû se passer un des événements les plus tragiques des jours anciens au sujet de ces arbres.
Les elfes ont acquis une grande technique à l'Ouest. Ils ont créé les Palantir par exemple. On évoque le nom de Fëanor, comme celui d'un grand artisan, un lettré également (cf. la porte de la Moria). Ils ont sans doute appris à créer des armes et à se battre, car on quitte des pères des Elfes contemplatifs, éveillant les arbres, créant les mots et adeptes du verbe pour retrouver des elfes guerriers à leur retour en Terre du Milieu (cf. le descriptif d'Aragorn de la guerre des joyaux et descriptif d’Elrond sur la Grande bataille).
D'où ou de qui ont-ils tiré cette technique? Rien n'est dit à ce sujet.
Les nains ? Sans doute pas, rien n’indique qu’un seul nain, avant Gimli, ait passé à l’Ouest.
Sauron ou son maître, tel que Sauron a enseigné aux elfes de l'Eregion pour la confection des anneaux ? Pourtant on nous décrit un noir ennemi arrivant en Terre du Milieu et des elfes fuyant à l'ouest en conséquence. Je ne les vois pas accueillir celui-là même qu'ils ont fui.
D'autres êtres alors ? Peut-être ceux que les elfes louent dans leurs chants, Elbereth, les Valar ... Rien n'est dit là-dessus ni sur la nature de ces derniers. Ils sont évoqués dans des prières (Puisse le valar détourner l’oliphant supplie Damrod), Gandalf évoque les trônes des Valar au couronnement d’Aragorn, Bilbo dans le poème d’Eärendil évoque un « roi ancien » sur la montagne escarpée, et la chevauchée de Theoden devant Minas Tirith est comparée à « Oromë le grand à la bataille des Valar ». On évoque là des êtres puissants, régnant, mais physiquement absents dans le récit du SdA. Sans doute des dieux ou bien des ancêtres déifiés. Mais sur ce dernier point nous sont décrits de nombreux héros (Tuor, Húrin, Eärendil …) présentés explicitement comme des hommes ou des elfes, leur nature doit donc être différente.
IV- Les nains et les hommes
Et pendant ce temps-là ?
Nous n’avons pas encore parlé des nains ou des hommes.
Pour les nains, rien de mieux qu’un autre nain pour en parler.
Gimli nous parle de leur origine, avec l’éveil de Durin. Une génération spontanée donc. Leur origine est ancienne, « la lune était sans tache et aucun mot n’était posé sur les rivières et les pierres ».
Aucun mot ? Les nains seraient apparus avant les elfes, dont on dit plus haut qu’ils sont à l’origine du langage ? J’ai peine à y croire. J’y vois ici une erreur chronologique volontaire.
Gimli évoque dans la suite de son poème des villes, dont Gondolin que l’on sait habitée par des elfes (les lames de Thorin, Gandalf et Bilbo ont été créées par les elfes de Gondolin nous apprend le Hobbit).
Bref, on apprend donc que les nains sont apparus aux Jours Anciens et en Terre du Milieu. Quant à la suite de leur histoire, pas grand-chose, si ce n’est la rencontre malheureuse avec un Balrog et un conflit récurrent avec les orques.
Les hommes.
Les hommes dormaient encore quand sont arrivés les elfes. Aragorn évoque les enfants des hommes avant les années sombres comme joyeux, chantant beaucoup de chansons (cf. p 36 2T). Si ces « années sombres » correspondent à la « grand obscurité », les hommes seraient donc apparus aux jours anciens, juste avant l’arrivée de Morgoth.
Pour la suite, ce sont des années de malheur pour certains hommes (cf. les Druadan, p85, RdR) ou des années de guerre contre l’Ennemi avec de nombreuses descriptions d’actes héroïques. Trois maisons d’homme ont combattu au côté des elfes aux Jours Anciens, Faramir y fait référence lors qu’il parle des Rohirim. On a un récit détaillé des exploits de Beren, face à Sauron, Morgoth ou Ungoliant, l’ancêtre d’Arachne. De même pour Eärendil ou par allusion Tuor ou Turin.
Il est intéressant d’ailleurs de signaler que les récits des exploits du premier âge soient presque uniquement ceux d’hommes (pas d'elfe ou de nain). Exploits individuels pour une défaite collective des peuples libres.
V- La guerre
A l'origine de ces années de guerre, Aragorn nous apprend que les elfes (ou des elfes) reviennent en Terre du Milieu pour reprendre un bijou à Morgoth. La suite chronologique est une série de batailles, de défaites, chutes de cités, Nargothrond, Gondolin et toutes les terres citées par Fangorn.
Enfin, l’on apprend que finalement Morgoth fut vaincu, par une armée elfe en bannières blanches et que sa forteresse du Thangorodrim fut mise à bas. Mais peu d’éléments nous sont indiqués sur ce revirement de situation et sur cette réapparition soudaine des elfes en majesté, ni sur ce qu’ils sont devenus.
Elrond décrit ces elfes victorieux comme la plus grande armée qu’il y ait eu, belle et puissante. Et pourtant, les terres du Beleriand sombrèrent et l’on ne retrouve plus trace ensuite, dans le descriptif des 2e et 3e âge d’un royaume elfe tout puissant. Tout au plus, quelques principautés locales en Eregion, aux Havres Gris, chez Elrond ou en Lórien, mais pas de trace de cette puissance décrite par Elrond pour cette guerre de la grande colère. Ces elfes sont sans doute repartis, vers l’Ouest assurément.
Ainsi se terminent les Jours Anciens.

