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Mythologie nordique
Mellyn nín, je trouve enfin le temps de formuler ici une demande d'aide concernant certains éléments de "matière du Nord" que j'aborde dans mon ouvrage toujours en cours d'écriture...
Ladite "matière du Nord" n'est pas au centre de mon sujet mais elle en fait partie comme d'autres et j'aurai, en tout cas, souhaité avoir votre avis concernant deux extraits de sagas ayant plus particulièrement retenu mon attention au fil de mes (nombreuses) lectures... Il s'agit de passages de la Saga de Sturlaug l'Industrieux et de celle d'Eirík (ou Eiríkr) le Rouge, lesquelles appartiennent à deux ensembles de sagas différents (les fornaldarsögur pour la première et les islendingasögur pour la deuxième).

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I - La Saga de Sturlaug l'Industrieux (Sturlaugs saga starfsama) :

J'ai deux références sous la main (déjà citées précédemment dans le présent fuseau) :
- Saga de Sturlaugr l'Industrieux, in Sagas légendaires islandaises, textes traduits et présentés par Régis Boyer avec la participation de Jean Renaud, Toulouse, Anacharsis Éditions, 2012 ;
- Saga de Sturlaug l'Industrieux, in Quatre sagas légendaires d'Islande, présentées, traduites et annotées par Asdis R. Magnusdottir, édition bilingue, Grenoble, ELLUG, 2002 (ouvrage contenant le Dit de Thorstein le Colosse-de-la-Ferme, le Dit de Helgi Fils de Thorir, la Saga de Sturlaug l'Industrieux, et la Saga d'Egil le Manchot et d'Asmund Tueur-de-Guerriers-Fauves).

De cette saga de Sturlaug, deux versions, dites A et B, nous sont parvenues, Asdis Magnusdottir ayant choisi la version A, la plus vieille (c. 1400), pour son édition bilingue (cf. Quatre sagas légendaires d'Islande, introduction, p. 15, note 40). Régis Boyer pour sa part dit suivre fidèlement la version de Guðni Jónsson in Fornaldar sögur Norðurlanda (1954) qui, selon Boyer, "suit assez fidèlement la version A de cette saga" (cf. Sagas légendaires islandaises, p. 1019, note 1).

Le passage de la saga qui m'a interpellé met notamment en scène Sturlaug (Sturlaugr) d'abord avec son épouse Asa (Ása) puis par la suite avec Vefreyia (Véfreyja), dont le nom composé de ("demeure" ou "lieu sacré [au sens "païen"]") et freyja (renvoyant à la déesse Freyja [ou Freyia]) signifie "maîtresse de maison, femme mariée", et qui est décrite comme une femme "riche et talentueuse" ayant des dons surnaturels, très vieille ("ses yeux devenaient rouges de vieillesse"), très savante, au courant de tout et passant ses journées à filer du lin, activité magique par excellence, associée aux figures féminines ayant en main le destin des hommes. Voici le passage en question (cf. pp. 94-97 chez Magnusdottir et pp. 1028-1029 chez Boyer) :

8. Staurlaugr fékk Ásu.

[...] Gengr Sturlaugr at eiga Ásu ina fögru, ok er þegar leidd í sömu sæng. Veislan fór vel fram, ok váru menn með góðum gjöfum út leystir. Ríða þeir Ingólfr heim, en þau Ása ok Sturlaugr eru eftir ok undu allvel sínu ráði.
8. Sturlaug obtint la main d'Asa.

[...] Sturlaug épousa Asa l'Éblouissante et on les conduisit aussitôt au même lit. La fête se déroula bien et les hommes reçurent des cadeaux en partant. Ingolf et la troupe rentrèrent, mais Asa et Sturlaug restèrent et furent très contents de leur union.
8. Sturlaugr épouse Ása

[...] Sturlaugr épousa Ása la Belle, et on les conduisit aussitôt dans le même lit. Le banquet se déroula bien et les gens furent renvoyés avec d'excellents présents. Ingólfr et les siens revinrent chez eux, et Ása et Sturlaugr suivirent, très satisfaits de ses conseils.
9. Sturlaugr fann Véfreyju.

Einn morgin, er þau Ása lágu í sæng sinni, mælti Ása við Sturlaug: „Er hólmstefna á hendi þér, Sturlaugr?“
„Satt er þat,“ segir hann.
„Við hvern?“ segir hún.
„Við Kol krappa,“ segir hann, „eða hvat kanntu þar til leggja?“
Hún svarar: „Far þú ok finn Véfreyju, fóstru mína. Haf hennar ráð, ok mun þér vel duga. Hér er fingrgull, er þú skalt henni færa til jarteikna, ok seg, at mér þykkir mikit undir, at hún taki vel við þér.“
Sturlaugr ferr nú ok þeir tólf saman fóstbræðr, ríða nú til þess, er þeir koma at bæ kerlingar. Sturlaugr hleypr af baki ok inn í dyrrnar at kerlu ok leggr hendrnar um háls henni ok kyssti hana svá mælandi: „Heil ok sæl, kerling mín.“
Hún snarast við honum fast ok rekr upp á hann augun: „Hverr er þessi hundsins sonrinn, er mik leikr svá háðuliga, ok engi hefir slíkt þorat at gera fyrri, ok skal ek þetta grimmliga gjalda.“
Sturlaugr mælti: „Vertu eigi svá reið, kerling mín, því at Ása sendi mik hingat til þín.“
„Hvat er þér at Ásu?“ segir kerling.
„Hún er kona mín,“ segir hann.
Hún mælti: „Er lokit boðinu?“
„Svá er þat,“ segir hann.
„Nú eru brögð í“ segir kerling, „er mér var eigi boðit til boðsins. Þó skal gera sem Ása biðr. Far þú af klæðum, ok vil ek sjá bolvöxt þinn.“
Hann gerir svá. Hún strýkr hann allan, ok þykkist hann mikit styrkna við. Síðan gefr hún honum ker at drekka ór, ganga síðan til stofu. Kerling var in bezta til beina um kveldit. Hún spyrr, hvárt Sturlaugr vill liggja einn um náttina eða hjá sér, – „en eigi skal ek at heldr svíkja Ásu mína.“
Sturlaugr segir: „Þess betr þykki mér, kerling, sem ek er nær þér.“
Þá lét kerling einn stokk á milli þeira, en þau lágu á einu hægendi bæði saman ok áttu tal saman um nóttina.
Sturlaugr mælti: „Hvat leggr þú mér til ráðs, því at hólmstefna er á hendi mér við Kol inn krappa?“
„Óvænliga þykki mér þat horfa,“ segir kerling, „því at á hann bíta engi járn, ok kann ek hér varla ráð til at leggja.“
9. Sturlaug rencontra Vefreyia.

Un matin lorsqu'ils étaient couchés dans leur lit, Asa dit à Sturlaug : « Dois-tu te battre en duel, Sturlaug ? »
« C'est bien vrai », répliqua-t-il.
« Contre qui ? » demanda-t-elle.
« Contre Kol le Redouté », dit-il, « aurais-tu un conseil à me donner à ce sujet ? »
Elle répondit: « Va trouver ma nourrice Vefreyia. Suis son conseil, car cela te sera bien utile. Voici un anneau d'or que tu dois lui apporter en signe de reconnaissance et dis-lui que cela compte beaucoup pour moi qu'elle t'accueille bien. »
Sturlaug s'en alla ; ils formaient un groupe de douze frères jurés. Ils chevauchèrent jusqu'à la ferme de la vieille femme. Sturlaug sauta du cheval et courut jusqu'à la porte où se trouvait la bonne femme ; il posa les mains autour de son cou et l'embrassa en disant : « Que la santé et le bonheur soient avec toi, ma petite vieille. »
Elle se retourna brusquement et le regarda avec un grand étonnement : « Qui est ce fils de chien qui me traite d'une manière si honteuse ; personne n'a jamais osé agir de la sorte et je m'en vengerai cruellement. »
Sturlaug dit : « Ne sois pas si fâchée, ma bonne femme, car c'est Asa l'Éblouissante qui m'a envoyé ici. »
« Qui es-tu pour Asa ? » demanda la vieille femme.
« C'est mon épouse », dit Sturlaug.
Elle dit : « Les noces sont-elles terminées ? »
« Elles le sont », répliqua-t-il.
« Il est étrange », dit-elle, « qu'on ne m'ait pas invitée à la fête. Cependant il faut faire ce qu'Asa demande. Enlève tes vêtements ; je veux voir ton corps. »
Il fit ainsi. Elle passa ses mains sur lui partout et il avait l'impression d'en devenir plus vigoureux. Ensuite elle lui servit à boire dans un bol, après quoi ils entrèrent dans une pièce. La vieille femme le servit très bien le soir. Elle demanda si Sturlaug voulait dormir seul cette nuit ou avec elle - « mais je ne vais pas non plus tromper mon Asa. »
Sturlaug dit : « Plus près je suis de toi, bonne femme, mieux c'est. »
La vieille femme posa alors une planche de bois entre eux, mais ils partagèrent un oreiller et eurent une conversation au courant de la nuit.
Sturlaug dit : « Que me conseilles-tu, car je dois relever le défi d'un combat singulier contre Kol le Redouté ? »
« Cela ne sera pas facile », répondit la bonne femme, « car le fer ne peut pas l'entamer, et je n'ai guère de conseil à te donner à ce sujet. »
9. Sturlaugr rencontre Véfreyja

Un matin, alors qu'Ása et Sturlaugr étaient au lit, Ása lui dit : « Y a-t-il un duel déclaré contre toi, Sturlaugr ?
- C'est vrai, dit-il.
- Contre qui ? dit-elle.
- Contre Kolr le Rusé, dit-il, et qu'es-tu capable de conseiller ? »
Elle répond : « Va trouver Véfreyja, ma mère adoptive. Prends conseil d'elle et cela te servira bien. Voici une bague que tu vas lui remettre comme signe, et dis que j'aimerais beaucoup qu'elle te recoive bien. »
Sturlaugr s'en va donc avec ses frères jurés, à douze en tout, ils chevauchent jusqu'à ce qu'ils arrivent à la ferme de la vieille. Sturlaugr saute de selle, franchit les portes vers la vieille, lui passe les bras autour du cou et l'embrasse, parlant ainsi : « Salut, ma bonne vieille ! »
Elle se retourne vers lui et le dévisage. « Qui est ce fils de chien qui me traite si honteusement, personne n'a jamais osé agir ainsi et je vais revaloir cela cruellement. »
Sturlaugr dit : « Ne sois pas si fâchée, ma chère vieille, car c'est Ása qui m'a envoyé ici chez toi.
- Qu'est-ce qu'Ása a à voir avec toi ? dit la vieille.
- C'est ma femme », dit-il.
Elle dit : « Les noces sont terminées ?
- C'est cela, dit-il.
- Voilà qu'on m'a joué un vilain tour, dit la vieille, je n'ai pas été invitée. On fera pourtant comme Ása le demande. Enlève tes habits et je veux voir la forme de ton corps. »
C'est ce qu'il fait. Elle le caresse tout entier et il a l'impression d'en être renforcé. Ensuite, elle lui donne un vaisseau dans lequel boire, puis ils se rendent dans la _stofa_ [pièce secondaire de la maison]. Le soir, la vieille fournit la meilleure hospitalité. Elle demande si Sturlaugr veut coucher tout seul pour la nuit ou avec elle - « mais je ne trahirai pas ma chère Ása. »
Sturlaugr dit : « Je me trouverais d'autant mieux, la vieille, que je serais plus près de toi. »
Alors, la vieille déposa une bûche entre eux et ils couchèrent sur un oreiller tous les deux et conversèrent pendant la nuit.
Sturlaugr dit : « Que me conseilles-tu, car je suis chargé d'un duel contre Kolr le Rusé ?
- Cela ne me semble pas très prometteur, dit la vieille, parce que le fer ne mord pas sur lui et là, je ne peux guère donner de conseils. »
Sturlaugs saga starfsama, version A (c. 1400) reproduite dans l'édition de Magnusdottir
Saga de Sturlaug l'Industrieux, traduction de Magnusdottir
Saga de Sturlaugr l'Industrieux, traduction de Boyer

Je me demande jusqu'à quel point la version de Guðni Jónsson éditée en 1954, que Boyer dit suivre, est-elle fidèle à la version A de la saga que traduit directement Magnusdottir (en se limitant à l'extrait choisi, le texte d'une précédente édition de Guðni Jónsson et Bjarni Vilhjálmsson de 1943-1944, accessible en ligne, me semble être fidèle à quelques petits détails près, après vérification), et j'avoue que je ne comprends pas toujours les variations de traduction concernant certains passages de l'extrait sélectionné. Voici quelques interrogations plus précises que je me permets de vous exposer, un peu en vrac :

1 - Pourquoi traduit-on aussi diversement les noms propres dans les sagas ? Un accent par ci, un "r" par là, ajoutés ou conservés selon apparemment la fantaisie du traducteur : je suppose qu'il n'y a pas de règle particulière en la matière ?
2 - Concernant la dernière phrase du chapitre 8 : de quoi exactement Asa (Ása) et Sturlaug (Sturlaugr) sont-ils contents ou satisfaits ? De leur nuit de noces ? De conseils donnés liés à cette nuit de noces ?
4 - Lorsque Sturlaug se déshabille devant Vefreyia, que fait-elle exactement ? Elle passe "ses mains sur lui partout" au point qu'il a l'impression d'en devenir "plus vigoureux" ou elle "le caresse tout entier" au point qu'il a l'impression d'en "être renforcé" : y a-t-il une traduction la plus exacte que l'autre ? Quelle signification a cet "examen" du corps de Sturlaug par Vefreyia, et le fait qu'ils dorment ensuite ensemble ? Cela relève-t-il d'un rituel magique attendu de la part d'une femme comme Vefreyia ? Y-a-t-il une connotation érotique ? À force d'être elliptique, le texte pourrait faire croire à une idylle phrygienne en mode couguar... ];-)
5 - La vieille femme dit ne pas vouloir "tromper" ou "trahir" Asa, et pose une "planche de bois" ou une "bûche" entre eux (le terme en vieux norrois "stokk" laisse-t-il une libre interprétation ?), tout en couchant sur le même oreiller que Sturlaug ou en le partageant avec lui : est-ce symbolique d'une volonté de chasteté ? Si c'est le cas, cela pourrait faire un peu penser, toutes proportions gardées, à l'histoire de Tristan et Iseut (connue bien sûr par les poèmes français qui y sont consacrés mais aussi par une saga norroise), et à l'épée déposée entre eux lorsqu'ils dorment côte à côte dans la forêt ou la grotte où ils sont découverts par le roi Marc...

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II - La Saga d'Eirík Le Rouge (Eiríks saga rauða) :

J'ai une référence sous la main (déjà citée précédemment dans le présent fuseau) :
- Saga d'Eiríkr le Rouge, in Sagas islandaises, textes traduits, présentés et annotés par Régis Boyer, Bibliothèque de la Pléiade n° 338, Gallimard, 1987, rééditée in Saga d'Eiríkr le Rouge suivi de Saga des Groenlandais, Folio2€, Gallimard, 2010.

Pour établir ses traductions des islendingasögur ou sagas dites des Islandais figurant dans le volume de la Bibliothèque de la Pléiade, Boyer dit, dans sa note d'édition, avoir "suivi les excellentes éditions procurées par la collection « Íslenzk Fornrit », dont personne ne conteste l'autorité" (cf. pp. LXVII-LXVIII du volume de La Pléiade), mais sauf erreur de ma part, s'il indique en bibliographie avoir utilisé comme base pour l'ensemble de ses traductions les volumes II, IV, V, VII, VIII, IX, XI, XI et XII de cette collection « Íslenzk Fornrit » éditée à Reykjavík à partir de 1933, il ne donne guère d'autres précisions sur ses sources, que ce soit pour les Sagas du Vínland (Saga d'Eiríkr le Rouge, Saga des Groenlandais, Dit des Groenlandais) ou pour les autres. Boyer mentionne en complément, entre autres, la collection « Íslendinga Sögur », éditée par G. Jónsson (Reykjavík, 1946-1949, 12 volumes), mais je ne sais pas si c'est seulement à titre indicatif. La Saga d'Eirík Le Rouge telle qu'éditée par Guðni Jónsson est en tout cas accessible en ligne : http://www.heimskringla.no/wiki/Eiríks_saga_rauða. Qu'est-ce qui, cependant, dans toutes ces références, relève du vieux norrois ou de l'islandais moderne ? Je ne sais pas et j'ignore jusqu'à quel point cela peut être important dans la mesure où le vieux norrois a été beaucoup conservé dans l'islandais écrit et parlé aujourd'hui, pour ce que j'en sais.

Le passage de la saga qui m'intéresse, très connu, met en scène la fille d'Eirík le Rouge, Freydís Eiríksdóttir, née vraisemblablement vers 970-980 : alors que la Saga des Groenlandais la décrit comme une personne mauvaise et meurtrière, la Saga d'Eirík le Rouge met en valeur son courage face aux Skrælingar du Vínland (probablement des Amérindiens de Terre-Neuve) lors d'une scène censée se passer en l'an 1004. Voici le passage en question (cf. p. 351 du volume de La Pléiade et p. 56 de la réédition de poche de 2010) :

[colonne][gauche=Eiríks saga rauða (Þorfinns saga karlefnis), édition de Jónsson d'après http://www.heimskringla.no]11. Bardagi við Skrælinga.

Freydís kom út ok sá, at þeir Karlsefni heldu undan, ok kallaði: "Hví rennið þér undan þessum auvirðismönnum, svá gildir menn sem þér eruð, er mér þætti sem þér mættið drepa niðr svá sem búfé? Ok ef ek hefða vápn, þætti mér sem ek skylda betr berjast en einnhverr yðvar."

Þeir gáfu engan gaum hennar orðum. Freydís vildi fylgja þeim ok varð seinni, því at hon var eigi heil. Gekk hon þó eftir þeim í skóginn, en Skrælingar sækja at henni. Hon fann fyrir sér mann dauðan. Þar var Þorbrandr Snorrason, ok stóð hellusteinn í höfði honum. Sverðit lá bert í hjá honum. Tók hon þat upp ok býst at verja sik. Þá kómu Skrælingar at henni. Hon dró þá út brjóstit undan klæðunum ok slettir á beru sverðinu. Við þetta óttast Skrælingar ok hljópu undan á skip sín ok reru í brott. Þeir Karlsefni finna hana ok lofa happ hennar.[/gauche][droite=Saga d'Eiríkr le Rouge, traduction de Boyer]Chapitre XI

Freydís sortit et vit que Karlsefni et ses hommes battaient en retraite. Elle cria : « Pourquoi fuyez-vous en courant ces misérables bonshommes, des hommes de valeur comme vous, alors qu'il me semble que vous pourriez les abattre comme du bétail ? Et si j'avais des armes, j'estime que je me battrais mieux que n'importe lequel d'entre vous. »

Ils ne prêtèrent aucune attention à ses propos. Freydís voulut les suivre, mais elle fut distancée car elle était enceinte. Elle entra pourtant dans la forêt derrière eux, et les Skraelingar la suivirent. Elle trouva devant elle un homme mort : c'était Thorbrandr fils de Snorri qui avait une pierre plate enfoncée dans la tête. Son épée nue gisait auprès de lui ; elle la ramassa et se prépara à se défendre. Les Skraelingar arrivèrent alors sur elle ; elle sortit ses seins de son vêtement et les frappa du plat de son épée. À cette vue, les Skraelingar prirent peur, ils battirent en retraite vers les bateaux et s'en allèrent à la rame. Karlsefni et ses hommes vinrent la retrouver et vantèrent sa bonne chance.[/droite][/colonne]

Quelques interrogations en vrac :
1 - La traduction de Boyer vous semble-t-elle correcte , en supposant que le texte édité par Jónsson corresponde plus ou moins à la même chose que la version de « Íslenzk Fornrit » sur laquelle Boyer dit s'appuyer ?
2 - Que signifie "Bardagi við Skrælinga" ?
3 - Sauf erreur de ma part, le mot "brjóst" (provenant directement du vieux norrois) signifie "sein" en islandais. Quel est dès lors le sens exact du mot "brjóstit" employé dans le passage de la saga ?
4 - Le nom de peuple "Skrælingar" signifie-t-il vraiment "Débiles" comme l'affirme Boyer ?
5 - Boyer avance comme explication possible que les Skrælingar ne pouvaient pas supporter la vue d'un être furieux, mais existe-t-il d'autres interprétations développées concernant la cause de la peur des Skrælingar face à Freydís Eiríksdóttir et à sa poitrine dénudée ?

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Et maintenant que j'en ai fini avec ce long message préparé de longue date, je vais enfin pouvoir aller dormir... ^^'
Merci d'avance pour votre aide.

Amicalement,

Hyarion.
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