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Mythologie nordique
Quelques éléments de réponse, si je puis me permettre :

I. 1. : Le -r des substantifs nominatifs masc. sg. en norrois peut être conservé ou non. C'est dans un premier temps un choix du traducteur, mais en dernier ressort, c'est l'éditeur qui tranche. Pour l'Histoire des Rois de Norvège par exemple, l'orthographe a été simplifiée. Personnellement je préfère la conservation de tous les caractères norrois : þ, ð, æ, ǫ, etc. Mais j'aime la simplification quand elle est bien menée, c'est-à-dire que je n'aime pas un Odhinn pour Óðinn par exemple, je préfèrerais Odin. Ce type de normalisation est un peu hybride à mon sens et relève des anciennes normes éditoriales en matière de littérature norroise comme on pouvait le voir dans les ouvrages des éditions du Porte-Glaive. J'ai noté que le Que sais-je ? Les 100 légendes de la mythologie nordique de Patrick Guelpa utilise le même procédé vieillot. La question de la conservation du -r en islandais moderne ne se pose pas, étant donné que l'u svarabhakti qui permet une prononciation plus aisée est désormais couché sur papier depuis quelques siècles. Enlever la désinence devenue -ur dans un roman islandais aujourd'hui en traduction relèverait du mauvais goût.

2. Comme RomaineZ, le sens de ráð ici est clair. Si tous les dictionnaires de norrois, le De Vries, celui de Copenhague, ou encore le Vigfússon note deux sens à ce mot, il faut lui préférer sa deuxième acception, celui de mariage. Je n'ai pas mon exemplaire de Magnússdóttir sous la main pour relire le chapitre, mais pour moi le sens du mot ici est clair. Il n'est pas question de conseil. La précipitation made in Boyer dans toute sa splendeur.

3. (Ce point n'existe pas, mais j'y réponds tout de même Wink.)

4. J'ai traduit le passage littéralement, si cela peut t'éclairer un peu cher Hyarion : [emphase]« Il fit ainsi. Elle le caresse partout et il a l'impression d'en être plus fort. Ensuite, elle lui donne à boire dans un vaisseau, après quoi ils entrent dans la pièce. »[/emphase] La traduction de ker par vaisseau chez Boyer est assez intéressante, elle suit bien ce qu'écrit De Vries dans son Altnordisches etymologisches Wörterbuch, p. 306 : gefäss. Je ne sais pas si l'on peut y voir un épisode à connotation érotique. Pour l'aspect magique, il faut que je me replonge dans Les magiciens dans l'Islande ancienne de Dillmann pour peut-être y trouver quelque chose, mais je ne pourrais pas le faire avant une voire deux semaines.

5. Pour les sens du mot stokk, nominatif stokkr, il y en a dix-sept acceptions dans l'Ordbog over det norrøne prosasprog. Le mot pourrait être traduit par planche ou morceau de bois, mais pas par bûche. Je n'interviens pas sur l'interprétation que tu proposes, je pense qu'elle me semble convenable. Il s'agit bien d'une preuve de chasteté dans ce passage.

[espacement]

II. Avant toute chose, je recommanderais davantage la lecture de la saga d'Éric le Rouge dans son édition et traduction par Maurice Gravier : La saga d’Eric le Rouge et le Récit des Groënlandais, Aubier-Montaigne, Bibliothèque de Philologie Germanique, tome XVII, 1955, 228 p. L'ouvrage étant rare à trouver, je veux bien en faire une version numérique pour ceux qui le souhaiterait. C'est à ma connaissance la meilleure traduction française existante de la saga. Je laisserai donc de côté celle de Boyer. La collection Íslenzk fornit est l'outil de base sur lequel se fondent les traducteurs et commentaires des textes de la littérature norroise classique. L'édition d'un volume est l'aboutissement d'une vie de travail souvent. Ce sont les éditions normalisées du norrois qui font office d'autorité. L'édition du texte est toujours précédée d'une copieuse introduction en islandais ainsi que d'un apparat critique érudit. Souvent, dans le temps, les thésards français qui traduisaient des sagas traduisaient simplement l'introduction pour leur propre thèse, puis lors de la publication, revoyaient l'introduction en version condensée. Un coup classique qui en dit long sur les capacités de certains à produire un travail original...

1. Je n'ai guère le temps de me pencher dans le détail sur la traduction de Boyer ici, je suis en partiels jusqu'à jeudi. Après, j'aurais peut-être plus de temps. Mais je me méfie comme de la peste de ses traductions. J'ai pu constater à maints endroits les folles traductions qu'il propose. La Völuspá en est, je crois, un exemple phare d'hérésie. Sur l'autre point, je dirai qu'il faut s'appuyer sur la collection de l'Íslenzk fornrit quand le texte à étudier existe dans cette collection. C'est l'assurance d'un travail sérieux fondé sur une excellente édition.

2. Bardagi við Skælinga : Comme l'a dit Elendil, avec, donc contre les Skrælingar.

3. Brjóst en norrois, c'est le brust allemand, le sein. Il n'y a pas de doute là-dessus. Brjóstit est la forme définie de brjóst. Étant donné que le mot est neutre, sa forme définie est brjóst-it, l'article défini étant postposé dans les langues scandinaves. On traduirait donc par : le sein, ou la poitrine.

4. Skrælingi, dans le De Vries et le dictionnaire de Copenhague est clair : le mot signifie faible ou gringalet. Débile est donc à entendre dans ce sens. Je me demande ce que Gravier a choisi dans sa traduction.

5. Sur ce point je n'ai rien de bien neuf à ajouter pour le moment. Avec quelques recherches supplémentaires en matière d'articles, je pourrais peut-être trouver quelque chose.

Amicalement,

A.
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