Or donc, avant "TB au Laos" pendant la guerre du Viêt Nam, il y a eu "TB à Marseille" au temps de la French Connection...
On pourrait en faire une BD, de tout cela, sachant qu'au fond, TB, tu es un peu notre Mr. Natural...
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1525213102_mr_natural_by_robert_crumb.jpg" width="369">
La drogue ne m'a jamais vraiment intéressé comme plaisir, en tout cas beaucoup moins que la lecture, le sexe ou la bonne bouffe. Je ne sais pas trop pourquoi, mais peut-être parce que la drogue suppose trop de passivité face à elle, contrairement aux autres plaisirs que j'ai cité...
Je suis né juste après ces fameuses "Seventies" durant lesquelles fumer des joints quand on est jeune était devenu pour le moins courant, mais on ne m'a pas transmis le "virus", quand bien même celui-ci faisait partie du paysage. Lorsque j'étais lycéen, lors d'une soirée maquillée en clair-obscur (ce devait être un soir d'Halloween), une amie m'avait donné l'occasion de prendre un bang en bambou entre mes mains : tel un barbare à qui un missionnaire civilisé donnerait une bible sans explication, je ne comprenais pas l'usage de cette pipe à eau artisanale dont on peut se servir pour fumer de la beuh, et en la manipulant en tout sens, l'esprit déjà quelque peu embrumé par l'alcool, je n'avais rien trouvé de mieux à faire que renverser par inadvertance le contenu liquide du bang sur les jambes de mon voisin... Plus tard, lorsque j'étais étudiant, durant un voyage universitaire à Rome, lors duquel nous étions logés chez des religieuses (c'était meilleur marché que bien des hôtels), je me souviens que l'on m'avait proposé un joint qui tournait lors d'une soirée où nous étions réunis dans une même chambre : là comme en d'autres occasions, je n'avais pas eu envie d'essayer le cannabis proposé. Mon abstinence en matière de cigarettes-qui-font-rire ne m'a cependant pas empêché, depuis des années, de respirer la fumée des autres et d'en bien connaître l'odeur, non seulement à la fac dans le temps (sur le campus du Mirail, la brume ne venait pas d'en haut, et ça n'a pas trop changé aujourd'hui d'ailleurs) mais aussi, de plus en plus souvent ces derniers temps, dans la rue et jusque sur mon palier... Mais Diable ! Alors que je n'ai jamais autant senti la beuh autour de moi qu'actuellement, voila que notre TB nous annonce qu'il a réussi sa cure de désintox après toutes ses aventures zonardes par monts et par vaux ! À te lire, c'était peut-être ta dernière aventure, d'ailleurs... même si j'ai du mal à y croire. Toi qui te sens vieux en t'apercevant que tu ne seras plus le junkie vagabond que tu as été ou le toxico que tu étais encore il y a quelques mois, dis-toi en tout cas que tu as fait un choix et que maintenant il ne te reste plus, comme dirait Gandalf, qu'à savoir quoi faire du temps qui t'est (encore) imparti...
Ton cerveau a l'air encore, en tout cas, en bon état de marche après toutes ces années de consommation de substances illicites : c'est heureux car je ne crois pas que ce soit le cas pour tous les consommateurs desdites substances. Quant à la santé en général impactée par l'usage des drogues et au risque de passer tout simplement l'arme à gauche de ce fait, j'avoue que je n'envie pas le destin de Janis Joplin ou de Prince Nelson, morts prématurément chacun d'une overdose de drogue à la mode à leur époque – l'héroïne pour Janis et le fentanyl pour Prince. Les drogues, douces ou dures, franchement, ça ne fait pas rêver... même s'il ne faut sans doute pas tout mélanger (au propre comme au figuré) : à chacun son type de consommation, avec les risques correspondants qu'il faut savoir assumer. Mais l'addiction, quelle horreur... Si je souffrais d'une maladie dont le cannabis m'aiderait à supporter la douleur physique, je n'hésiterais pas à en consommer si c'est possible (légalement ou non), mais à condition de ne pas en devenir trop dépendant pour peu que je puisse guérir...
Bref, à ta place, je ne regretterais rien... mais je ne suis pas à ta place ! Pas de quoi être plus triste et amer que si tu avais continué, à mon avis, en tout cas : c'est le même réel qui s'impose toujours à toi, que tu sois toxico ou pas, même si tu penses que c'est illusoire et même si c'est peut-être Lovecraft qui a raison, avec sa vision non-anthropocentrique du cosmos...
Il y aurait encore bien des choses à dire, sur ce monde qui ne parait pas avoir de sens et sur cette humanité bourrée de contradictions entre idéal et réel... Toi qui aimes bien parler de prostitution au détour d'une phrase, c'est là un bon exemple de sujet, peut-être encore plus clivant que celui des drogues, à propos duquel on prétend faire le bonheur des gens malgré eux tout en continuant à se moquer du monde par ailleurs. Mais il est tard et j'ai déjà bien assez parlé...
Pour conclure, je m'interroge : après sa mue, notre TB serait-il désormais à poil, tout nu quelque part dans le village global qu'est devenu ce monde absurde ? Au moins, si c'est le cas, es-tu prêt à te faire tirer la barbe par Goldberry pour une petite baignade printanière avec elle dans le Withywindle : ça tombe bien, contrairement sans doute au "victorien attardé" Tolkien (Toto pour TB), j'ai toujours préféré imaginer Goldberry toute nue dans la rivière, elle aussi.
Carpe diem, donc.
Amicalement,
Hyarion.
On pourrait en faire une BD, de tout cela, sachant qu'au fond, TB, tu es un peu notre Mr. Natural...
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La drogue ne m'a jamais vraiment intéressé comme plaisir, en tout cas beaucoup moins que la lecture, le sexe ou la bonne bouffe. Je ne sais pas trop pourquoi, mais peut-être parce que la drogue suppose trop de passivité face à elle, contrairement aux autres plaisirs que j'ai cité...
Je suis né juste après ces fameuses "Seventies" durant lesquelles fumer des joints quand on est jeune était devenu pour le moins courant, mais on ne m'a pas transmis le "virus", quand bien même celui-ci faisait partie du paysage. Lorsque j'étais lycéen, lors d'une soirée maquillée en clair-obscur (ce devait être un soir d'Halloween), une amie m'avait donné l'occasion de prendre un bang en bambou entre mes mains : tel un barbare à qui un missionnaire civilisé donnerait une bible sans explication, je ne comprenais pas l'usage de cette pipe à eau artisanale dont on peut se servir pour fumer de la beuh, et en la manipulant en tout sens, l'esprit déjà quelque peu embrumé par l'alcool, je n'avais rien trouvé de mieux à faire que renverser par inadvertance le contenu liquide du bang sur les jambes de mon voisin... Plus tard, lorsque j'étais étudiant, durant un voyage universitaire à Rome, lors duquel nous étions logés chez des religieuses (c'était meilleur marché que bien des hôtels), je me souviens que l'on m'avait proposé un joint qui tournait lors d'une soirée où nous étions réunis dans une même chambre : là comme en d'autres occasions, je n'avais pas eu envie d'essayer le cannabis proposé. Mon abstinence en matière de cigarettes-qui-font-rire ne m'a cependant pas empêché, depuis des années, de respirer la fumée des autres et d'en bien connaître l'odeur, non seulement à la fac dans le temps (sur le campus du Mirail, la brume ne venait pas d'en haut, et ça n'a pas trop changé aujourd'hui d'ailleurs) mais aussi, de plus en plus souvent ces derniers temps, dans la rue et jusque sur mon palier... Mais Diable ! Alors que je n'ai jamais autant senti la beuh autour de moi qu'actuellement, voila que notre TB nous annonce qu'il a réussi sa cure de désintox après toutes ses aventures zonardes par monts et par vaux ! À te lire, c'était peut-être ta dernière aventure, d'ailleurs... même si j'ai du mal à y croire. Toi qui te sens vieux en t'apercevant que tu ne seras plus le junkie vagabond que tu as été ou le toxico que tu étais encore il y a quelques mois, dis-toi en tout cas que tu as fait un choix et que maintenant il ne te reste plus, comme dirait Gandalf, qu'à savoir quoi faire du temps qui t'est (encore) imparti...
Ton cerveau a l'air encore, en tout cas, en bon état de marche après toutes ces années de consommation de substances illicites : c'est heureux car je ne crois pas que ce soit le cas pour tous les consommateurs desdites substances. Quant à la santé en général impactée par l'usage des drogues et au risque de passer tout simplement l'arme à gauche de ce fait, j'avoue que je n'envie pas le destin de Janis Joplin ou de Prince Nelson, morts prématurément chacun d'une overdose de drogue à la mode à leur époque – l'héroïne pour Janis et le fentanyl pour Prince. Les drogues, douces ou dures, franchement, ça ne fait pas rêver... même s'il ne faut sans doute pas tout mélanger (au propre comme au figuré) : à chacun son type de consommation, avec les risques correspondants qu'il faut savoir assumer. Mais l'addiction, quelle horreur... Si je souffrais d'une maladie dont le cannabis m'aiderait à supporter la douleur physique, je n'hésiterais pas à en consommer si c'est possible (légalement ou non), mais à condition de ne pas en devenir trop dépendant pour peu que je puisse guérir...
Bref, à ta place, je ne regretterais rien... mais je ne suis pas à ta place ! Pas de quoi être plus triste et amer que si tu avais continué, à mon avis, en tout cas : c'est le même réel qui s'impose toujours à toi, que tu sois toxico ou pas, même si tu penses que c'est illusoire et même si c'est peut-être Lovecraft qui a raison, avec sa vision non-anthropocentrique du cosmos...
Il y aurait encore bien des choses à dire, sur ce monde qui ne parait pas avoir de sens et sur cette humanité bourrée de contradictions entre idéal et réel... Toi qui aimes bien parler de prostitution au détour d'une phrase, c'est là un bon exemple de sujet, peut-être encore plus clivant que celui des drogues, à propos duquel on prétend faire le bonheur des gens malgré eux tout en continuant à se moquer du monde par ailleurs. Mais il est tard et j'ai déjà bien assez parlé...
Pour conclure, je m'interroge : après sa mue, notre TB serait-il désormais à poil, tout nu quelque part dans le village global qu'est devenu ce monde absurde ? Au moins, si c'est le cas, es-tu prêt à te faire tirer la barbe par Goldberry pour une petite baignade printanière avec elle dans le Withywindle : ça tombe bien, contrairement sans doute au "victorien attardé" Tolkien (Toto pour TB), j'ai toujours préféré imaginer Goldberry toute nue dans la rivière, elle aussi.
Carpe diem, donc.
Amicalement,
Hyarion.

