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Exuvie...
#7
La discussion (re)devenant badine, je pose ma cravache...L' humour, chez moi, est un vernis censé édulcorer le tragique et l' insupportable du réel, et si on ajoute un manque total de foi en une partition idéale du bien et du mal, de LA vérité et des mensonges, et des faits et de leurs interprétations ( "C' est pas moi, M'sieur, c' est Nietzsche qu' a commencé..."), je conçois que la compréhension de mon "moi-profond" puisse être malaisée...Et, de nouveau, je m' en excuse.
Reste que, comme chacun je présume, j' ai des "sujets qui (me) fâchent": les drogues et leur utilisation, le plaisir, et ses choix éventuels, la tolérance, et son arrière-goût de condescendance - On "tolère" plus facilement, n' est-il pas, une faute, et/ou une erreur qu' une affirmation non partagée. -...Et d' autres, encore, plus sombres et complexes: la vie et la mort, la violence et son usage...Et leur kyrielle de "pourquoi", et "comment il se peut"!
Ceci posé, passons à la pratique qui en découle: comment, par exemple, se présenter à la personne qui vient, par sa seule présence, de bouleverser votre chaotique existence..." Salut, je m' appelle michel, je vends de la dope à des personnes majeures et consentantes, et j' en ai tué d' autres qui l' étaient moins..."...Ou bien: que faire d' un malfaisant, qui, son chargeur vide, vient quêter pitié et, surtout, survie, les mains à hauteur de sa tête, après avoir passé sa dernière demi-heure à tenter de vous tuer..." Ok, man, on a tous nos contradictions...Un p'tit joint, pour sceller notre nouvelle amitié!? "
Non... Je partage, allongé sur l' herbe, et une nuit d' été entière, l' infini d' un ciel étoilé, en lui parlant de mon désir à voyager jusqu' aux confins de l' univers...Avant qu' elle me fasse taire d' un baiser! Quant au malfaisant, préférant assurer ma survie que la sienne, je l' explose d' une cartouche de chevrotines...Après tout, qui voudrait se traîner cinq ou six ennemis, au milieu de leur territoire, attendant le moindre signe de faiblesse, ou d' inattention, pour vous faire de même!?
Alors...Où est le juste, la vérité, la certitude!? Je n' ai, pourtant et cette nuit-là, pas menti une seule seconde, comme il me semble pas, perdu dans le maquis lao, avoir été un seul instant "inhumain"...Hélas...Enfin, peut-être! Je pense, aujourd'hui, qu' on se détermine en fonction des choix personnels qu' on pêche dans l' étendue infinie de nos possibles: certains, peu enclins à l' errance, préfèrent lui substituer une Vérité absolue, unique et de toutes éternités, engendrant un Bien univoque et, intrinsèquement, supérieur au Mal qu' il combat...Bonne chance à eux!
Pour ce qui est du diagnostique, il est le fait d' un "psychiatre militaire" ( Je sais...Mais mon pouvoir " d' initié" n' est pas omnipotent: je me dois de m' accommoder du réel! ), commis par l' Armée pour déterminer si il existait plus de risque(s) que d' intérêt(s) à me garder en son sein: une sombre affaire de poursuite d' un sous-off' imbécile et sadique par moi-même, armé d' une hache d' incendie, venant, en sus, à l' éradication intempestive de quatre prisonniers (Déjà!), à l' aide d' une grenade, certes d' exercice mais totalement inappropriée, et ce, aux dires du coupable ( Votre bon TB, pour ceux qui ont du mal à suivre...): "..parce qu' ils m' auraient retardé, et privé, par l' arrivée - supposée - tardive au bivouac du soir, du seul repas chaud de la journée"...Ce qui est, pour le moins, une version très résumée de ma déposition et des entretiens qui ont suivi!
Ceci dit, l' homme de bien que je suis n' est pas exempt de la faculté de pardon, cet olibrius m' ayant, par son jugement favorisant mon exclusion - Ad vitam aeternam - de la "Grande Muette", épargné une mutation au fort d' Aiton...J' aurais mauvaise grâce, compte tenu de la réputation du lieu, à lui en vouloir!
Bref ( Si je puis dire...), je sais: mal agir contre des malfaisants n' est pas la meilleur des définitions du bien, comme mentir par omission n' est celle de la vérité...Mais je réclame, pourtant et tout à la fois, l' indulgence du jury, pour mon peu de respect de la psychiatrie et de ses dérives psychanalystes, et l' absolution du péché de gourmandise, pour le repas au bivouac du soir...Et pour vous avoir infligé, analogiquement parlant, cette inutile débauche de bande passante! OSmile
Carpe diem...
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