20-11-2018, 20:30
Merci Benjamin.
Un ami m'avait déjà parlé de Zygmunt Bauman, pour qui « la postmodernité n’est pas le contraire de la modernité, c’est le développement de la modernité poussé à son maximum ».
Cette conférence est intéressante.
En la suivant, on constate le plein recoupement de l'analyse de Bauman avec celle d'Ellul (tous deux partis de Marx).
Trois différences avec Ellul, cependant :
- Lorsque, apparemment (je n'ai pas lu Bauman moi-même), lorsque l'on nous parle ici de conspiration extra-territoriale de la part des élites : pour Ellul, il n'y a pas besoin de conspiration : le système qui s'est mis en place s'autonomise sans cela : la loi de l'efficacité, tant que nous nous y soumettons, nous y contraint.
- Ensuite, si les analyses se recoupent entièrement, Ellul offre cependant, en plus, une compréhension de l'essence du problème, avec la Technique et l'esprit de puissance.
- Enfin, les conférenciers concluent ici que Bauman montre, en gros, un espoir inversement proportionnel à sa lucidité : aucun espoir. Ellul partage la même lucidité, effroyable, mais montre aussi le chemin de l'espérance : si la loi de cette modernité liquide est celle de l'efficacité et de l'esprit de puissance, le salut est spirituel et il existe — c'est le Christ.
Je dois avouer, à ce sujet, que les cinq pistes proposées à la fin de l'émission pour réfléchir sur des éléments de réponse à la vie liquide me laissent dubitatifs (écologie, politique, soins, espace urbain, numérique), s'il s'agit d'essayer d'apporter des réponses aux conséquences sans traiter la cause.
À noter de nombreuses correspondances, pas seulement avec Ellul. Le « mouvement perpétuel » de la société liquide nous renvoie au dernier essai de François-Xavier Bellamy (Demeure). L'empire du consumérisme sur les corps puis sur les âmes, et maintenant sur le contrôle de plus en plus anxieux du corps aux essais d'Olivier Rey (en particulier Leurre et malheur du transhumanisme). Et le déchet comme référence, ou, plus exactement, le fait de devenir soi-même déchet parce que devenant nous-mêmes marchandises à ce que Günther Anders avait développé sur la « honte prométhéenne » (L'obsolescence de l'homme). D'autres encore ...
Jérôme
Un ami m'avait déjà parlé de Zygmunt Bauman, pour qui « la postmodernité n’est pas le contraire de la modernité, c’est le développement de la modernité poussé à son maximum ».
Cette conférence est intéressante.
En la suivant, on constate le plein recoupement de l'analyse de Bauman avec celle d'Ellul (tous deux partis de Marx).
Trois différences avec Ellul, cependant :
- Lorsque, apparemment (je n'ai pas lu Bauman moi-même), lorsque l'on nous parle ici de conspiration extra-territoriale de la part des élites : pour Ellul, il n'y a pas besoin de conspiration : le système qui s'est mis en place s'autonomise sans cela : la loi de l'efficacité, tant que nous nous y soumettons, nous y contraint.
- Ensuite, si les analyses se recoupent entièrement, Ellul offre cependant, en plus, une compréhension de l'essence du problème, avec la Technique et l'esprit de puissance.
- Enfin, les conférenciers concluent ici que Bauman montre, en gros, un espoir inversement proportionnel à sa lucidité : aucun espoir. Ellul partage la même lucidité, effroyable, mais montre aussi le chemin de l'espérance : si la loi de cette modernité liquide est celle de l'efficacité et de l'esprit de puissance, le salut est spirituel et il existe — c'est le Christ.
Je dois avouer, à ce sujet, que les cinq pistes proposées à la fin de l'émission pour réfléchir sur des éléments de réponse à la vie liquide me laissent dubitatifs (écologie, politique, soins, espace urbain, numérique), s'il s'agit d'essayer d'apporter des réponses aux conséquences sans traiter la cause.
À noter de nombreuses correspondances, pas seulement avec Ellul. Le « mouvement perpétuel » de la société liquide nous renvoie au dernier essai de François-Xavier Bellamy (Demeure). L'empire du consumérisme sur les corps puis sur les âmes, et maintenant sur le contrôle de plus en plus anxieux du corps aux essais d'Olivier Rey (en particulier Leurre et malheur du transhumanisme). Et le déchet comme référence, ou, plus exactement, le fait de devenir soi-même déchet parce que devenant nous-mêmes marchandises à ce que Günther Anders avait développé sur la « honte prométhéenne » (L'obsolescence de l'homme). D'autres encore ...
Jérôme

