Des livres... J'en ai tellement autour de moi, dans mon modeste logis, que toute une année de confinement ne suffirait pas pour tout lire ou relire. Autant dire qu'il y a largement de quoi faire, durant bien des nuits et des jours, présents et à venir...
Or donc... voila qu'un peu plus d'un siècle après la grippe espagnole, de sinistre mémoire (400 000 morts en France et de 30 millions à 80 millions dans le monde, comme le rappelle Le Canard enchaîné de cette semaine), nous vivons à nouveau des temps historiques où l'humanité se retrouve confrontée, de plein fouet, à sa propre bêtise... À mes yeux, c'est un moment de vérité : on verra bien ce qu'il en sortira. En bien (peut-être). En mal (c'est toujours à craindre). Sans complaisance, en tout cas.
Toujours est-il qu'effectivement, c'est un moment pour lire, ou relire, et pour moi aussi un temps pour écrire et pour dessiner. Enfermés chez vous, sachez savoir quoi faire du temps qui vous est imparti : de toute façon, nous en avons pour un bon moment...
Si tu as lu l'article consacré à la nouvelle The Frost-Giant's Daughter (La Fille du géant du gel, 1932) que j'avais écrit pour la revue Fantasy Art and Studies n°6, tu auras peut-être constaté que j'avais pris soin de ne pas raconter toute l'histoire. Aussi j'espère que la découverte directe de ce récit de Robert Howard t'aura plu, car c'est un des meilleurs.
Voici, du reste, un palmarès personnel des nouvelles de Conan (tant que j'y suis), d'après l'édition établie par Patrice (Louinet) :
- Volume I (1932-1933) : quatre nouvelles (sur treize) que j'estime être parmi les meilleures > Le Phénix sur l'Épée, La Fille du Géant de Gel, La Tour de l'Éléphant, La Citadelle Écarlate;
- Volume II (1934) : un roman et deux longues nouvelles, soit tout (ou presque) dans ce très bon volume > Le Peuple du Cercle noir, L'Heure du dragon, Une sorcière viendra au monde;
- Volume III (1934-1935) : trois nouvelles (sur cinq), que j'estime être aussi parmi les meilleures, et parmi les plus abouties > Au-delà de la rivière Noire, Le Maraudeur noir, Les Clous rouges.
Actuellement, pour ma part, je relis Les Essais de Montaigne. Un peu tous les jours, quelques pages, comme d'autres liraient la Bible. En cela je marche un peu dans les pas du cinéaste Orson Welles, dont le point de vue émouvant sur Montaigne est reproduit sur la quatrième de couverture de mon édition (LGF) :
[citation=Orson Welles]Montaigne est le plus parfait écrivain que le monde ait produit. Je le lis littéralement chaque semaine, à la façon dont les gens lisent la Bible, pas très longtemps ; j’ouvre mon Montaigne, lis une page ou deux, au moins une fois par semaine, pour le plaisir, comme ça. Pour moi, il n’y a pas de plus grande joie au monde. En français, pour le plaisir d’être en sa compagnie. Ce n’est pas tellement pour ce qu’il raconte, mais c’est un peu comme d’attendre un ami, vous savez. Pour moi, c’est quelque chose de merveilleux, de très cher. J’ai de l’affection pour Montaigne. C’est un grand ami de ma vie.[/citation]
L'édition des Essais de Montaigne dont je dispose (Librairie Générale Française, 2001, coll. « La Pochothèque » [Le Livre de Poche]) est celle du texte de 1595 publié par Marie de Gournay, « fille d'alliance » de Michel de Montaigne, édition établie, présentée et annotée par Jean Céard avec la collaboration de Denis Bjaï, Bénédicte Boudou et Isabelle Pantin. C'est une très bonne édition, à la fois scrupuleuse et accessible.

En matière de (re)lecture, par les temps qui courent, j'avoue que je n'en vois point de meilleure que celle-ci, au quotidien, du moins pour ce qui me concerne. Bertrand Vergely a raison quand il écrit que Montaigne est « un maître de vie ».
Bon courage à toutes et tous (particulièrement bien sûr au personnel soignant) et bonnes lectures.
B.
Or donc... voila qu'un peu plus d'un siècle après la grippe espagnole, de sinistre mémoire (400 000 morts en France et de 30 millions à 80 millions dans le monde, comme le rappelle Le Canard enchaîné de cette semaine), nous vivons à nouveau des temps historiques où l'humanité se retrouve confrontée, de plein fouet, à sa propre bêtise... À mes yeux, c'est un moment de vérité : on verra bien ce qu'il en sortira. En bien (peut-être). En mal (c'est toujours à craindre). Sans complaisance, en tout cas.
Toujours est-il qu'effectivement, c'est un moment pour lire, ou relire, et pour moi aussi un temps pour écrire et pour dessiner. Enfermés chez vous, sachez savoir quoi faire du temps qui vous est imparti : de toute façon, nous en avons pour un bon moment...
ISENGAR Wrote:Eh bien, en ce moment, je suis en pleine lecture de Conan le Cimmérien, de Robert E. Howard.Merci pour cet hommage, cher JR. ;-) Et tant mieux si ma participation au fuseau en question a pu avoir jusqu'ici quelque utilité. ^^'
C'est pour moi une découverte, je n'avais en fin de compte qu'une connaissance superficielle de Conan, pour avoir vu les films de Milius (82) et Fleischer (84).
J'avais longtemps repoussé la possibilité de découvrir l’œuvre d'Howard, tant elle me semblait touffue.
C'est par ce genre de fuseau, fort utile et instructif, que la compréhension de cette œuvre a fini par devenir plus aisée pour votre serviteur, puis que son exploration est devenue une évidence.
Grâce en soit rendue à son principal contributeur, qui se reconnaîtra ;)
Si tu as lu l'article consacré à la nouvelle The Frost-Giant's Daughter (La Fille du géant du gel, 1932) que j'avais écrit pour la revue Fantasy Art and Studies n°6, tu auras peut-être constaté que j'avais pris soin de ne pas raconter toute l'histoire. Aussi j'espère que la découverte directe de ce récit de Robert Howard t'aura plu, car c'est un des meilleurs.
Voici, du reste, un palmarès personnel des nouvelles de Conan (tant que j'y suis), d'après l'édition établie par Patrice (Louinet) :
- Volume I (1932-1933) : quatre nouvelles (sur treize) que j'estime être parmi les meilleures > Le Phénix sur l'Épée, La Fille du Géant de Gel, La Tour de l'Éléphant, La Citadelle Écarlate;
- Volume II (1934) : un roman et deux longues nouvelles, soit tout (ou presque) dans ce très bon volume > Le Peuple du Cercle noir, L'Heure du dragon, Une sorcière viendra au monde;
- Volume III (1934-1935) : trois nouvelles (sur cinq), que j'estime être aussi parmi les meilleures, et parmi les plus abouties > Au-delà de la rivière Noire, Le Maraudeur noir, Les Clous rouges.
Actuellement, pour ma part, je relis Les Essais de Montaigne. Un peu tous les jours, quelques pages, comme d'autres liraient la Bible. En cela je marche un peu dans les pas du cinéaste Orson Welles, dont le point de vue émouvant sur Montaigne est reproduit sur la quatrième de couverture de mon édition (LGF) :
[citation=Orson Welles]Montaigne est le plus parfait écrivain que le monde ait produit. Je le lis littéralement chaque semaine, à la façon dont les gens lisent la Bible, pas très longtemps ; j’ouvre mon Montaigne, lis une page ou deux, au moins une fois par semaine, pour le plaisir, comme ça. Pour moi, il n’y a pas de plus grande joie au monde. En français, pour le plaisir d’être en sa compagnie. Ce n’est pas tellement pour ce qu’il raconte, mais c’est un peu comme d’attendre un ami, vous savez. Pour moi, c’est quelque chose de merveilleux, de très cher. J’ai de l’affection pour Montaigne. C’est un grand ami de ma vie.[/citation]
L'édition des Essais de Montaigne dont je dispose (Librairie Générale Française, 2001, coll. « La Pochothèque » [Le Livre de Poche]) est celle du texte de 1595 publié par Marie de Gournay, « fille d'alliance » de Michel de Montaigne, édition établie, présentée et annotée par Jean Céard avec la collaboration de Denis Bjaï, Bénédicte Boudou et Isabelle Pantin. C'est une très bonne édition, à la fois scrupuleuse et accessible.

En matière de (re)lecture, par les temps qui courent, j'avoue que je n'en vois point de meilleure que celle-ci, au quotidien, du moins pour ce qui me concerne. Bertrand Vergely a raison quand il écrit que Montaigne est « un maître de vie ».
Bon courage à toutes et tous (particulièrement bien sûr au personnel soignant) et bonnes lectures.
B.

