15-08-2019, 20:33
Dans les deux notices du Dictionnaire Tolkien mentionnées supra, Sébastien Hoët décline la question en plusieurs points :
* Distinction entre liberté et libre arbitre
- Chez Tolkien, la liberté désigne le principe de subcréation accordé par Dieu / Ilúvatar à ses créatures, tandis que le libre arbitre désigne ce que les créatures feront de cette liberté « ou plus généralement la latitude qui leur est laissée d'engager cette liberté dan la voie du Bien ou du Mal » (S. Hoët appelle encore la première liberté métaphysique et la seconde liberté morale).
- Cette distinction date de l'apparition du Christianisme qui, « par l'intermédiaire de saint Paul et de saint Augustin notamment, conduit la pensée sur une voie non défrichée par les Grecs », puisqu'il « rend problématique le vouloir lui-même, en lui-même » (cf. Hannah Arendt).
- Le libre arbitre revient à à peu près toutes les créatures de la Terre du Milieu.
- La liberté se manifeste authentiquement dans l'acte de subcréer.
* Liberté et mortalité
- La liberté spéciale des Hommes, qui est de pouvoir mourir et quitter le monde, leur offre d'éviter « une vie qui se répète à l'infini » pour « une liberté infiniment surprenante par-delà notre condition déchue ».
- La liberté essentielle, « la transcendance véritable, échoit de la sorte aux créatures les plus fragiles ».
* Conjonction du choix et du destin — S. Hoët se réfère ici aux (superbes) pages de Vincent dans Tolkien : sur les rivages de la Terre du Milieu (pp.214-215)
- Tolkien mêle les registres antiques du Destin (qui fait plier sous son joug les plus valeureux) et de la Providence chrétienne (qui accorde, au sens musical du terme, les libertés humaines).
- Si bien que « la conjonction du choix et du destin est telle qu'elle peut être comparée à l'achèvement d'un puzzle ».
- Cf. Rivages : « choix et destin ne s'opposent pas mais se combinent » : Aragorn apporte (aux Rohirrim) « le destin du choix » ; le Miroir de Galadriel montre les futurs possibles sans que rien ne soit fixé à l'avance.
- Cf. Rivages : c'est « la liberté de choix, qui distingue [entre] les alliés [et] leurs adversaires » (alors que les alliés se demandent « ce [qu'ils doivent] faire du temps qui [leur] est donné », Sauron, Saruman et Gollum ne font jamais de choix) ou encore entre Frodo à la fin du deuxième livre (« libre de choisir, avec un seul instant pour le faire ») et Frodo au milieu du sixième (où, asservi par une puissance qui le dépasse, il ne parvient pas à « faire ce pour quoi [il est] venu »).
* Melkor, Fëanor, Túrin
- Melkor, dans sa rébellion, fait usage de son libre arbitre pour accroître une « pseudo-liberté » métaphysique, en introduisant du désordre dans la symphonie universelle composée par Ilúvatar.
- En fait, « une semblable décision se résorbe dans une nécessité qui en annule par avance l'initiative apparente » (on retrouve la remarque de Vincent quant à Sauron, Saruman et Gollum).
- Sous cet aspect, Fëanor est un des descendants de Melkor : il exhorte les Ñoldor à l'Exil en leur promettant de (re)devenir « un peuple libre » à qui il demande de dire « adieu aux liens » ; mais sa puissance de « décision », à plusieurs reprises qualifiée de « fureur », précipite la Chute des Ñoldor.
- S. Hoët trouve que la mort de Fëanor (dans la pulvérisation de son corps), de même que le suicide de Túrin, sont des exemples de liberté arrachée à la nécessité (je ne le pense pas).
* L'Anneau
- Avec l'Anneau, le libre arbitre est éprouvé au plus près de son effusion.
- Sméagol / Gollum est « le prototype de la volonté déchirée entre deux volitions contradictoires, typique du débat interne du libre arbitre ».
Ouf ! C'était certes court mais dense ;)
* Distinction entre liberté et libre arbitre
- Chez Tolkien, la liberté désigne le principe de subcréation accordé par Dieu / Ilúvatar à ses créatures, tandis que le libre arbitre désigne ce que les créatures feront de cette liberté « ou plus généralement la latitude qui leur est laissée d'engager cette liberté dan la voie du Bien ou du Mal » (S. Hoët appelle encore la première liberté métaphysique et la seconde liberté morale).
- Cette distinction date de l'apparition du Christianisme qui, « par l'intermédiaire de saint Paul et de saint Augustin notamment, conduit la pensée sur une voie non défrichée par les Grecs », puisqu'il « rend problématique le vouloir lui-même, en lui-même » (cf. Hannah Arendt).
- Le libre arbitre revient à à peu près toutes les créatures de la Terre du Milieu.
- La liberté se manifeste authentiquement dans l'acte de subcréer.
* Liberté et mortalité
- La liberté spéciale des Hommes, qui est de pouvoir mourir et quitter le monde, leur offre d'éviter « une vie qui se répète à l'infini » pour « une liberté infiniment surprenante par-delà notre condition déchue ».
- La liberté essentielle, « la transcendance véritable, échoit de la sorte aux créatures les plus fragiles ».
* Conjonction du choix et du destin — S. Hoët se réfère ici aux (superbes) pages de Vincent dans Tolkien : sur les rivages de la Terre du Milieu (pp.214-215)
- Tolkien mêle les registres antiques du Destin (qui fait plier sous son joug les plus valeureux) et de la Providence chrétienne (qui accorde, au sens musical du terme, les libertés humaines).
- Si bien que « la conjonction du choix et du destin est telle qu'elle peut être comparée à l'achèvement d'un puzzle ».
- Cf. Rivages : « choix et destin ne s'opposent pas mais se combinent » : Aragorn apporte (aux Rohirrim) « le destin du choix » ; le Miroir de Galadriel montre les futurs possibles sans que rien ne soit fixé à l'avance.
- Cf. Rivages : c'est « la liberté de choix, qui distingue [entre] les alliés [et] leurs adversaires » (alors que les alliés se demandent « ce [qu'ils doivent] faire du temps qui [leur] est donné », Sauron, Saruman et Gollum ne font jamais de choix) ou encore entre Frodo à la fin du deuxième livre (« libre de choisir, avec un seul instant pour le faire ») et Frodo au milieu du sixième (où, asservi par une puissance qui le dépasse, il ne parvient pas à « faire ce pour quoi [il est] venu »).
* Melkor, Fëanor, Túrin
- Melkor, dans sa rébellion, fait usage de son libre arbitre pour accroître une « pseudo-liberté » métaphysique, en introduisant du désordre dans la symphonie universelle composée par Ilúvatar.
- En fait, « une semblable décision se résorbe dans une nécessité qui en annule par avance l'initiative apparente » (on retrouve la remarque de Vincent quant à Sauron, Saruman et Gollum).
- Sous cet aspect, Fëanor est un des descendants de Melkor : il exhorte les Ñoldor à l'Exil en leur promettant de (re)devenir « un peuple libre » à qui il demande de dire « adieu aux liens » ; mais sa puissance de « décision », à plusieurs reprises qualifiée de « fureur », précipite la Chute des Ñoldor.
- S. Hoët trouve que la mort de Fëanor (dans la pulvérisation de son corps), de même que le suicide de Túrin, sont des exemples de liberté arrachée à la nécessité (je ne le pense pas).
* L'Anneau
- Avec l'Anneau, le libre arbitre est éprouvé au plus près de son effusion.
- Sméagol / Gollum est « le prototype de la volonté déchirée entre deux volitions contradictoires, typique du débat interne du libre arbitre ».
Ouf ! C'était certes court mais dense ;)

