Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Affaire de volonté
Hyarion Wrote:Prenons l'exemple, par ailleurs déjà plusieurs fois abordé autrefois en ces lieux, de la psychanalyse. Ne pas limiter la psychanalyse à Freud est une bonne chose. Tout miser sur Jung dans ce domaine en serait une autre, beaucoup moins bonne selon moi. Ainsi, Jung n'approuvait pas l'approche dogmatique de Freud autour du sexe, ainsi qu'il l'a notamment raconté avec sincérité et pertinence (à mes yeux) dans son autobiographie (« Ma vie ». Souvenirs, rêves et pensées), mais cela ne doit pas, par exemple, servir de prétexte à évacuer le sexe (qui ne subsume pas la psychanalyse freudienne : c'est tout l'inverse) des sujets de discussion, même si cela a semblé faire plaisir à certains ici, si j'en crois notamment des discussions sur ce forum plus ou moins aussi anciennes que celle qui ouvre le présent fuseau (malgré ses maladresses, un participant au forum comme Cœur de Canard avait à l'époque le mérite de ne pas avoir peur d'aborder certains sujets, même si ceux-ci ne plaisaient pas en soi à certains « connaisseurs » par ailleurs fort prolixes sur d'autres choses : voir par exemple ici).

Bien que je trouve in fine Jung beaucoup plus intéressant et moins dogmatique que Freud dans son approche psychanalytique, je ne prône pas non plus de restreindre l'analyse psychanalytique à l'approche jungienne. D'une part, parce que les continuateurs de Jung ont poursuivi son oeuvre dans des domaines que Jung lui-même n'a pas explorés, comme Marie-Louise von Franz, qui a effectué un travail colossal sur les contes de fées, ce qui peut intéresser au premier chef les analyses de l'oeuvre de Tolkien. D'autre part, certains continuateurs de Freud ont eux aussi une approche tout à fait intéressante : je pense notamment au travail de Lacan sur le langage, pour me limiter ici encore à un travail qui peut fournir un prisme d'analyse utile pour étudier l'oeuvre de Tolkien. Sans oublier que la psychanalyse ne se limite certainement pas à l'analyse littéraire (qui ne constitue qu'une pièce rapportée de celle-ci) et que l'analyse littéraire ne se limite pas à Tolkien... Par ailleurs, il serait évidemment injuste de négliger le rôle majeur de Freud dans la formalisation de la psychanalyse.

Concernant le sexe, même s'il occupe une place moins importante chez Jung que chez Freud, il ne faut pas oublier que Jung s'y intéresse de très près lui aussi, mais notamment pour montrer comment il s'inscrit dans une dynamique de croissance qui peut basculer sur un plan nettement plus spirituel pour les personnes à la recherche du sens de leur vie, plan auquel Freud dénie assez explicitement toute réalité et toute pertinence. Dans ce cadre, il me semble clair que les thèses de Jung seront beaucoup mieux à même d'aider à décrypter les romans de Tolkien, qui s'inscrivent dans une conception du monde assez proche, d'où le sexe n'est pas absent, mais passe très nettement à l'arrière-plan. A l'inverse, une approche freudienne me paraîtrait sans doute plus efficace avec un Howard, chez qui pulsion de vie et pulsion de mort s'entrechoquent avec une vigueur remarquable. Dans les deux cas, il faudrait sûrement nuancer, car l'un et l'autre romanciers ne sont pas monolithiques, comme tu le soulignes à raison. En particulier, la conception des archétypes jungiens me semble trouver une résonance particulière dans l'histoire fictive mise en scène par Howard dans L'Âge hyborien.

E.

N.B. : Excessif, ton message ? Ce n'est pas spécialement mon avis. Par contre, sans doute un peu répétitif. Tout le monde sait ici que tu es en désaccord avec la dichotomie « étoilés »/« carnassiers », qu'Yyr invoque assez fréquemment. Mais tu sais fort bien que tu ne le feras pas changer d'avis, surtout en le formulant comme tu le fais. Alors pourquoi insister à ce propos ? Pour marteler le fait qu'il y a là un désaccord, ce que nul n'ignore ? Incidemment, j'irais jusqu'à dire que le seul propos excessif dans ton dernier message est de prétendre qu'« on ne semble pas vouloir ou pouvoir [en] sortir en ces lieux », comme s'il s'agissait d'une généralité, alors même que ladite dichotomie revient en propre à Yyr, a déjà été discutée, et n'est guère reprise par les autres participants au forum... D'autant que c'est son droit le plus strict d'adopter cette formulation, comme c'est le tien d'insister régulièrement sur l'importance du sexe en littérature... Cela mis à part, je ne peux m'empêcher de constater que votre avis sur la pertinence des grilles de lecture diffère plus sur la forme que sur le fond, quand bien même vous préférez chacun adopter des grilles qui sont aux antipodes l'une de l'autre.
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)