06-09-2019, 00:23
Je me permets de reprendre ici le fil d'une discussion entamée ailleurs avec Elendil, et relative aux grilles de lecture psychanalytiques appliquées aux œuvres littéraires :
En ce qui concerne l'approche freudienne appliquée à Howard, il est en effet possible qu'elle puisse fonctionner, compte tenu de son histoire personnelle difficile et des répercutions qu'elle a pu avoir sur ses écrits. Il est par exemple très tentant de faire une lecture psychanalytique d'une nouvelle comme <i>Les Clous Rouges</i> (<i>Red Nails</i>), en raison en particulier des rapports qu'y entretiennent les principaux personnages féminins et masculins, même si ladite lecture a certainement ses limites. Du reste, il me semble que certains chercheurs ce sont déjà un peu penchés sur la question, et je ne serais d'ailleurs pas surpris que Patrice (Louinet) ait intégré un certain nombre d'éléments psychanalytiques dans sa thèse de doctorat, qu'il est précisément en train de boucler ces jours-ci, pour une soutenance toute prochaine.
J'avoue ne pas m'être trop frotté au sujet de la psychanalyse dans mes propres travaux, tant la discipline encourage des investigations spécifiques, que l'approche soit tantôt freudienne ou tantôt jungienne. Par ailleurs, pour moi aussi, il est plus que temps de <i>boucler</i>. Mais on ne sait jamais à côté de quoi l'on peut passer, alors qu'il suffirait peut-être de quelques observations pour au moins ouvrir encore quelques pistes en passant... Aussi serai-je intéressé par un éventuel développement de ta part, même succinct, s'agissant d'une lecture jungienne de <i>L'Âge hyborien</i>. En matière d'archétypes, si l'on songe par exemple au personnage d'Arus de Némédie, j'avoue que je me demande quelle signification au juste une telle grille de lecture pourrait lui attribuer, compte tenu de son rôle singulier dans toute cette histoire... Mais je ne prétends pas connaître tout cela sur le bout des doigts, et de Jung lui-même, j'ai surtout lu son autobiographie (<i>« Ma vie ». Souvenirs, rêves et pensées</i>), ainsi que son fascinant <i>Livre rouge</i> (<i>Liber Novus</i>)... Quel serait selon toi, le(s) meilleur(s) livre(s) jungien(s) pour essayer d'examiner un peu la question (je n'aurai probablement plus beaucoup de temps pour cela, mais bon...) ?
Hyarion.
Elendil Wrote:Concernant le sexe, même s'il occupe une place moins importante chez Jung que chez Freud, il ne faut pas oublier que Jung s'y intéresse de très près lui aussi, mais notamment pour montrer comment il s'inscrit dans une dynamique de croissance qui peut basculer sur un plan nettement plus spirituel pour les personnes à la recherche du sens de leur vie, plan auquel Freud dénie assez explicitement toute réalité et toute pertinence. Dans ce cadre, il me semble clair que les thèses de Jung seront beaucoup mieux à même d'aider à décrypter les romans de Tolkien, qui s'inscrivent dans une conception du monde assez proche, d'où le sexe n'est pas absent, mais passe très nettement à l'arrière-plan. A l'inverse, une approche freudienne me paraîtrait sans doute plus efficace avec un Howard, chez qui pulsion de vie et pulsion de mort s'entrechoquent avec une vigueur remarquable. Dans les deux cas, il faudrait sûrement nuancer, car l'un et l'autre romanciers ne sont pas monolithiques, comme tu le soulignes à raison. En particulier, la conception des archétypes jungiens me semble trouver une résonance particulière dans l'histoire fictive mise en scène par Howard dans L'Âge hyborien.
En ce qui concerne l'approche freudienne appliquée à Howard, il est en effet possible qu'elle puisse fonctionner, compte tenu de son histoire personnelle difficile et des répercutions qu'elle a pu avoir sur ses écrits. Il est par exemple très tentant de faire une lecture psychanalytique d'une nouvelle comme <i>Les Clous Rouges</i> (<i>Red Nails</i>), en raison en particulier des rapports qu'y entretiennent les principaux personnages féminins et masculins, même si ladite lecture a certainement ses limites. Du reste, il me semble que certains chercheurs ce sont déjà un peu penchés sur la question, et je ne serais d'ailleurs pas surpris que Patrice (Louinet) ait intégré un certain nombre d'éléments psychanalytiques dans sa thèse de doctorat, qu'il est précisément en train de boucler ces jours-ci, pour une soutenance toute prochaine.
J'avoue ne pas m'être trop frotté au sujet de la psychanalyse dans mes propres travaux, tant la discipline encourage des investigations spécifiques, que l'approche soit tantôt freudienne ou tantôt jungienne. Par ailleurs, pour moi aussi, il est plus que temps de <i>boucler</i>. Mais on ne sait jamais à côté de quoi l'on peut passer, alors qu'il suffirait peut-être de quelques observations pour au moins ouvrir encore quelques pistes en passant... Aussi serai-je intéressé par un éventuel développement de ta part, même succinct, s'agissant d'une lecture jungienne de <i>L'Âge hyborien</i>. En matière d'archétypes, si l'on songe par exemple au personnage d'Arus de Némédie, j'avoue que je me demande quelle signification au juste une telle grille de lecture pourrait lui attribuer, compte tenu de son rôle singulier dans toute cette histoire... Mais je ne prétends pas connaître tout cela sur le bout des doigts, et de Jung lui-même, j'ai surtout lu son autobiographie (<i>« Ma vie ». Souvenirs, rêves et pensées</i>), ainsi que son fascinant <i>Livre rouge</i> (<i>Liber Novus</i>)... Quel serait selon toi, le(s) meilleur(s) livre(s) jungien(s) pour essayer d'examiner un peu la question (je n'aurai probablement plus beaucoup de temps pour cela, mais bon...) ?
Hyarion.

