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Comté et distribustisme
#9
En ce qui concerne ta dernière observation, Yyr, oui c'est vrai, le débat a déjà eu lieu, mais il ne me semble pas qu'il ait été tranché en faveur de ton point de vue, apparemment censé être à tes yeux le plus fidèle qui soit à Tolkien, voire à la vérité que tu souhaites peut-être établir en matière d'idéologies (?). Je ne cherche pas à avoir raison à tout prix et encore moins à avoir raison de l'autre, mais ton propos mérite cependant une réponse (un peu longue et donc en caractères de taille normale, si tu veux bien, car sinon la lecture n'en serait pas facilitée), avant d'en revenir plus précisément à l'objet du présent fuseau.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire en 2014 à l'occasion de la discussion dans le fuseau que tu indiques, il n'est pas du tout sérieux de mettre dans le même sac nazisme et socialisme. Dans le cas du communisme stalinien, il y a dévoiement des idéaux socialistes dans le cadre d'une généalogie, nul ne le nie. Dans le cas du nazisme, il y a captation d'un terme à seule fin de capter un électorat, en dehors de tout rapport généalogique, puisque pour mémoire le nazisme ne s'intéresse qu'au nationalisme à la sauce de l'inégalité raciale, et non à l'émancipation égalitaire et universelle de l'humanité. En clair, s'agissant du mot « socialisme », dans le cas du communisme stalinien, il y a dévoiement, et dans le cas du nazisme, il y a vol.

Quant à la réduction du terme « socialisme » à ce que tu appelles « l'aplatissement social de toute transcendance », il a le mérite de souligner ce qu'il me semble bien avoir été l'erreur de Tolkien à l'origine de son jugement primaire. C'est apparemment une manie récurrente chez certains chrétiens que de réduire à une sorte d'athéisme collectif tout idéal social (voire toute aspiration philosophique) ne se réclamant pas de Jésus-Christ (soit Jésus de Nazareth conçu par l'Église [ou les Églises] comme Fils de Dieu) et étant qui plus est susceptible de faire politiquement concurrence à leurs convictions chrétiennes : je n'en suis pas sûr mais il est bien possible, à cette aune, que ce soit beaucoup par anti-socialisme, voire plus que par anticapitalisme, que Chesterton et Belloc aient tant tenu à forger leur doctrine distributiste. À croire que pour certains, c'est un peu comme si la moindre pensée en mouvement (une pensée à l'opposé de ce que j'appelle le « lithisme ») supposait de s'attaquer d'abord à leurs propres convictions religieuses, censées renvoyer à une « Vérité » supposée établie de toute éternité : « cet individu-là parle de choses importantes mais sans se référer à mon Dieu : c'est donc que cet individu est aussi fou que dangereux ! »
C'est d'ailleurs apparemment plus ou moins la même chose avec Nietzsche, que l'on présente souvent (et hâtivement) comme une sorte de représentant philosophique (arché)typique de l'athéisme : il semble d'ailleurs, d'après certains observateurs, que tel aurait été le point de vue de Tolkien, quoique ce dernier n'ait jamais, semble-t-il, mentionné explicitement Nietzsche dans aucun de ses écrits (même les plus cachés derrière de l'elfique), du moins à ma connaissance...

Mais les choses sont, comme souvent, un peu plus compliquées que ce que l'on croit. S'agissant du socialisme, la notion ne suppose pas en soi d'être athée, même si certes bien des athées et des matérialistes croient ou ont cru que le socialisme (comme l'anarchisme) était par essence fait pour eux, au point de vouloir y fondre leur croyance en l'inexistence du Dieu personnel des religions du Livre (et a priori en l'inexistence de tout autre dieu, ou de toute autre forme de transcendance).
Par exemple, on oublie parfois que derrière le socialisme utopique de Charles Fourier, il y avait un penseur qui, en matière politique et sociale et parce qu'il prônait la liberté amoureuse et sexuelle (Fourier pensait toujours, en particulier, et fort justement selon moi, à la liberté des femmes, si entravée par l'hypocrisie et la misogynie de la société de son temps, et il ne les blâmait pas pour les responsabilités qu'elles étaient appelées à prendre, y compris en matière d'avortement), allait clairement à contre-courant de l'ordre établi et de la morale traditionnelle de la civilisation chrétienne, mais qui n'était pas pour autant un athée : Fourier renvoyait en effet volontiers dos-à-dos « les philosophes » ridiculisant l'esprit religieux et « les rigoristes » proscrivant l'amour tel qu'il le concevait.

Égarés dans l'abîme de ténèbres, dans les systèmes politiques et moraux, commençons par chercher un fanal plus sûr que cette prétendue raison qui nous a perdus ; rallions-nous à Dieu, cherchons sa trace dans le dédale. Où trouver parmi nos passions quelque souffle de l'esprit divin ? Est-ce dans les fureurs de l'ambition, dans les perfidies administratives et commerciales, dans la vénalité des amitiés, dans les discordes des familles ? Non, la cupidité, le mensonge, l'envie, attestent l'absence de l'esprit divin, mais il est une passion qui conserve sa noblesse primitive et qui entretient chez les mortels le feu sacré, les caractères de la Divinité. Cette passion est l'amour, flamme toute divine, véritable esprit de Dieu qui est tout amour. N'est-ce pas dans l'ivresse de l'amour que l'homme s'élève aux cieux et s'identifie avec Dieu ? Est-il d'amant ou d'amante qui ne divinise l'objet aimé et qui ne croie partager avec lui le bonheur de Dieu ; l'amour est l'agent le plus puissant des rapprochements passionnels, même entre caractères antipathiques. C'est par lui que l'orgueilleuse Diane s'humanise avec le berger Endymion ; les autres passions n'ont presque rien de cette influence dévolue à l'amour pour le rapprochement des conditions.
Charles Fourier (1772-1837), Le Nouveau Monde amoureux, notes de Simone Debout-Oleszkiewicz, Dijon, Les Presses du réel, 2013, collection « L'écart absolu », « Prologue sur les indices divins en étude passionnelle et richesses matérielles de la nature », p. 4.

Plus tard, Jean Jaurès fut critiqué pour ne pas être un marxiste orthodoxe y compris sur un plan spirituel, et on l'a fort perfidement attaqué sur ce terrain (de tous les côtés) notamment à l'occasion de la communion de sa fille Madeleine. La philosophie de Jaurès, sa pensée théologico-politique, en font un esprit plus libre et ouvert que celui de bien des « vrais chrétiens » et de bien des athées, m'est avis. Jaurès n'était pas un « bouffeur de curés », ni un athée, mais c'est pourtant bien le même homme qui a milité, en socialiste, pour une école émancipée des dogmes et systèmes religieux, en particulier à travers un de ses plus beaux discours, connu sous le titre « Pour la laïque », prononcé à Paris devant la Chambre des députés les 21 et 24 janvier 1910, et dont Léon Blum a pu dire qu'il était « peut-être le plus beau de tous ». Il faut lire ce discours, et en détail (Jaurès y cite même le cardinal Newman et le pape Pie X, fut-ce pour critiquer, à bon droit selon moi, leur vision désespérément dogmatique du monde), afin d'avoir une idée du socialisme de Jaurès, et sur ce même thème de l'éducation, on pourra également lire utilement son discours de Castres du 30 juillet 1904, publié dans L'Humanité du 2 août de la même année. Et pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin, plus largement, on peut aussi lire l'œuvre philosophique de Jaurès, éditée par Jòrdi Blanc (né Georges Blanc) aux éditions de l'association Vent Terral (le premier tome s'ouvre sur une introduction générale à cette œuvre par Blanc, « Vers Jaurès », qui aborde précisément la question du rapport de Jaurès à la religion et à la métaphysique). Même si, pour moi, le « progrès » est une notion relative (et le mot, en soi, nullement positif), même si je suis sans illusions s'agissant de la politique telle qu'elle se présente aujourd'hui (comme hier), ce ne sera pas un scoop de dire ici que « mon » socialisme est notamment proche de celui de Jaurès, ainsi que de celui de William Morris, entre autres : ça, vous le savez déjà. Mais cela ne veut pas forcément dire que mon point de vue sur la question ne serait que subjectif, sans quoi je ne me permettrai pas de partager ici ledit point de vue, et sans quoi je ne me serais pas permis de consacrer un article à William Morris et à ses idées pour une revue dédiée à la fantasy.

La fin du XIXe siècle et le tout début du XXe siècle en Occident sont loin de n'avoir été qu'un moment relevant de ce que l'on a appelé a posteriori « la Belle Époque » : sur le plan social, c'était un temps de révolte face aux injustices du capitalisme qui s'est caractérisé, notamment en France, par des grèves et manifestations ouvrières ainsi que par un syndicalisme sans doute autrement plus radicaux qu'aujourd'hui, et qui — il ne faut pas l'oublier — pouvait avoir des conséquences mortelles, puisque le patronat et les « forces de l'ordre » (la troupe, à l'époque) pouvaient tirer ou faire tirer (évidemment à balles réelles) sur les manifestants. J'ai eu l'occasion de revoir assez récemment, au musée d'Orsay, un tableau de Paul Delance qui rappelle cette époque de très dures luttes sociales, époque où la spiritualité n'était évidemment pas absente : à l'occasion de la représentation d'une scène de manifestation lors de ce que l'on devine être les funérailles de deux ouvriers tués lors d'un affrontement violent, le peintre évoque tout à la fois la lutte sociale révolutionnaire intergénérationnelle à travers le drapeau rouge (axe central de la composition), la religiosité traditionnelle à travers des communiantes (visibles sur la gauche du tableau), et une foi en l'avenir de l'humanité ici-bas - foi qui était celle de William Morris comme de Jean Jaurès - à travers la femme et le tout jeune enfant qui, au premier plan, font face au spectateur.


Paul Delance (1848-1924).
Grève à Saint-Ouen, 1908.
Huile sur toile, 127,3 x 192,5 cm.
Paris, musée d'Orsay.


Au cours du XXe siècle, durant l'entre-deux-guerres et au-delà, alors que le socialisme, dans son essence même, n'a jamais été un mouvement nationaliste, impérialiste ou raciste, l'usage par les fascistes en Italie et par les nazis en Allemagne d'une phraséologie pseudo-socialiste, tromperie destinée à arnaquer les masses populaires, fera beaucoup de tort aux socialistes et sociaux-démocrates, et leur fait d'ailleurs encore du tort aujourd'hui, vu les énormités que l'on peut lire depuis des années sous la plume d'auteurs chrétiens conservateurs et/ou capitalistes libéraux, entre autres, et qui relève de ce que j'appelle l'anti-socialisme primaire, J. R. R. Tolkien me paraissant faire partie du lot de ces anti-socialistes, quoique de façon assez anecdotique et à un niveau plus ou moins confidentiel (en l'occurrence, celui de sa correspondance privée). On a parfois tendance à oublier que la Résistance, en France, a compté de nombreux socialistes dans ses rangs, par exemple Raymond Naves (1902-1944) à Toulouse, qui était un professeur universitaire spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle, militant socialiste de la SFIO, à l'engagement politique directement inspiré de l'idéal des Lumières : chef régional toulousain du Parti socialiste clandestin pendant la guerre, Naves fut finalement arrêté par la police allemande en février 1944, puis emporté dans un des trois convois de non-juifs qui furent expédiés à Auschwitz, où il mourut de maladie. C'est notamment aussi en pensant à des hommes et des femmes comme lui que je trouve primaire (sinon carrément odieux) le jugement de Tolkien sur le socialisme, qu'une majuscule (théologique ?) soit mise ou non à la première lettre du mot. Heureusement qu'un tel jugement reste anecdotique dans son cas, et n'empêche pas d'apprécier son œuvre littéraire, d'une portée autrement plus grande et universelle (j'y reviendrai plus loin).

S'agissant des réactions que peuvent susciter, encore aujourd'hui, ne serait-ce que la simple mention du mot « socialisme » dans le débat public, il me suffit d'évoquer la réception médiatique toute récente qui a été celle, ce mois-ci même en France, de l'ouvrage de l'économiste Thomas Piketty intitulé Capital et idéologie (Seuil, 2019). Je n'ai, pour le moment, que feuilleté cet ouvrage, mais l'idée qu'y développe notamment Piketty, celle d'un « socialisme participatif au XXIe siècle » — pour lequel il fait des propositions originales d'organisation fiscale, en vue d'un dépassement du capitalisme et de la propriété privée qui soit adapté à notre temps, le tout étant présenté sans pour autant se réclamer de l'extrême-gauche —, me parle plutôt bien, malgré mon peu de goût par ailleurs pour « l'économisme » (en la matière, je me sens un peu comme Morris devant Das Kapital en version française, ayant le sentiment que l'on tend vers le vrai mais sans forcément bien comprendre toute la complexité proprement économique du discours : sans doute suis-je, moi aussi, un peu « trop » rêveur ou artiste...). Mais quoi que l'on puisse penser du contenu de l'ouvrage en question, s'agissant des médias de masse, c'est toujours un peu la même chose : même quand vos idées sont originales, réfléchies, présentées calmement, et que vous avez tous les statuts sociaux (et accessoirement intellectuels) qu'il faut pour que l'on vous accorde quelque importance médiatique, il reste facile de vous (dis)qualifier comme étant dangereusement « radical », pour peu simplement que vous mettiez en évidence et remettiez en cause les systèmes de justification des inégalités. À ce propos, Laura Raim a consacré, la semaine dernière, un article publié sur le site de l'émission en ligne « Arrêt sur Images », article dans lequel elle évoque cette réception médiatique du livre de Piketty et expose bien le problème : https://www.arretsurimages.net/articles/...se-piketty

Mais voila que je me suis (encore) fait avoir : même quand je veux me taire, on me force plus ou moins à jouer ce rôle d'« intarissable discoureur » que m'attribue ontologiquement Yyr, probablement avec une certaine délectation (hein, que tu aimes ça, Jérôme ? ;-)...)... Mais aussi bien Elendil se sentira-t-il, pour sa part, peut-être moins frustré de ce que je souhaitais vous écrire (à lui comme à Yyr) le mois dernier dans un autre fuseau, même si je suis évidemment bien loin d'avoir tout dit ici...

Je ne souhaite pas, du reste, en dire encore davantage (d'autant plus que j'ai vraiment trop de travail d'écriture en retard par ailleurs !), mais pour finir, je tiens simplement à revenir à J. R. R. Tolkien et à son œuvre.

Après réflexion, s'agissant des écrits de fiction, je pense qu'il me parait moins indiqué de voir du distributisme chez Tolkien que, par exemple, du socialisme chez Morris. Ce dernier était à la fois artiste et militant, alors que ce n'est pas le cas de Tolkien. Et même dans le cas de Morris, on peut trouver des éléments d'inspiration socialiste dans ces romances médiévalisants (ce à quoi j'avais en partie consacré mon article), mais pas au point que cela en fasse véritablement l'équivalent politique d'autres écrits de fiction à l'ambition plus explicite : je pense en particulier à News from Nowhere, qui est une fiction politique utopique assumée et que Morris situe dans un possible futur post-révolutionnaire.
Alors, dès lors, que dire de Tolkien ? En matière de politique, il me parait avoir agi comme il l'a fait en matière de religion : en limitant le plus possible une évocation explicite de la chose, et pas seulement pour des raisons de « cohérence interne » comme on se contente de le dire trop souvent. C'est, à mon avis, un des secrets de son talent et de son succès : ne pas tomber dans le prosélytisme balourd, et faire en sorte que son travail romanesque s'adresse au plus grand nombre. Que vaudrait le/la Comté (The Shire) et ses Hobbits si cela ne renvoyait qu'à un certain idéal politico-religieux qui reflèterait forcément le conservatisme chrétien de l'écrivain ? Comme Leo Carruthers l'a très bien montré dans son livre Tolkien et la religion — avec son fort louable et toujours remarquable sens de la nuance —, Tolkien n'a pas écrit sa fiction en tant que « projet chrétien », et cela me parait valoir aussi bien sur le plan religieux que politique. Les Hobbits sont là pour accueillir le lecteur dans un monde imaginaire censé relever d'un passé alternatif : l'immersion peut être moins directe que chez d'autres auteurs de fantasy, mais le lecteur n'est pas pour autant « pris en traitre », compte tenu du souci qu'à eu l'écrivain de proposer quelque-chose d'original, et même de plutôt accueillant. Par ailleurs, même quand il écrit The Hobbit, Tolkien ne s'adresse pas qu'à des enfants... et même s'il le fait, il ne tient pas à les prendre pour des imbéciles tout juste bons à endoctriner.
Même si ses habitants sont loin d'être parfaits, humainement parlant, la/le Comté est un pays où l'on a surtout envie de se balader, tel Tom Bombadil, sans se soucier de politique ou de religion : sans quoi, comment quelqu'un comme JR aurait pu consacrer tout un bouquin à ce sujet ? Hein, franchement, entre nous ? ;-)


Ted Nasmith (né en 1956).
The Shire ; A View of Hobbiton From The Hill.
Gouache sur carton d'illustration, 63,5 x 39,4 cm.
https://www.tednasmith.com/tolkien/the-s...-the-hill/


Le fait que nous puissions tous nous amuser autour d'une éventuelle élection municipale hobbitesque (je vois, d'après les résultats, qu'il y a effectivement eu de nouveaux votes !) démontre assez, je pense, que les Hobbits ne sont guère sérieusement politisables, a fortiori selon nos critères actuels (à moins de considérer la détestation de la cuisine française [cf. Lettre 213] comme une opinion politique ? Mais cela ne figure même pas dans les brouillons des romans !). ;-)
S'agissant du distributisme, on pourra toutefois, selon moi, au moins le considérer (notamment via l'article de Yannick Imbert, malgré une référence bien malheureuse de sa part à ce qui n'est qu'une rumeur douteuse, pointée précédemment) comme une doctrine politique ayant pu participer à la réflexion de Tolkien quant à certains aspects de l'organisation sociale dans sa subcréation, mais pas plus, me semble-t-il, que sa foi catholique ne l'a poussé à parler explicitement de religion dans son œuvre : sur le terrain de la fantasy, c'est ce qui le distingue (en bien, selon moi) d'un C. S. Lewis. Du reste, même si, encore une fois, Tolkien ne me parait pas avoir été « apolitique », sa foi religieuse me parait avoir été nettement plus importante que les projections politiques que pouvaient éventuellement impliquer celle-ci, sans quoi il n'aurait pas tenu des propos aussi critiques envers la politique en général (il me fait un peu penser à ma grand-mère, très pieuse et qui me disait souvent, avec raison : « il n'y a rien de plus sale que la politique ! »). Personnellement, il me semble que je comprends bien ce que Tolkien a voulu dire en se réclamant à la fois de l'anarchie et de la monarchie : c'est, à mon avis, une manière de botter en touche quant aux agissements des gouvernements et quant à l'engagement politique dans ce qu'il peut avoir de convenu, voire d'obligatoire, même si cela n'empêche pas d'avoir des convictions qui, qu'on le veuille ou non, vous place quelque-part dans l'arène politique. Tel est en tout cas sans doute la raison qui m'a personnellement amené à un certain choix de baptême pour le blog politique et culturel que j'avais créé en janvier 2007 : même si j'y ai davantage assumé explicitement « mon » socialisme par la suite, je l'ai appelé « Le Blog de l'Anarcho-Monarchiste », et je pense que sur ce point, Tolkien m'a très certainement influencé, de même que George Steiner (qui de son côté s'est défini comme un « anarchiste platonicien », détestant les gouvernements et considérant que l'homme est un animal d'une grande veulerie, d'où parfois, mais rarement, perce le talent d'un Shakespeare ou d'un Einstein). ^^'

Bref, raison de plus pour prendre l'œuvre littéraire de Tolkien pour ce qu'elle est (selon moi) : de la grande littérature sans esprit d'endoctrinement... même s'agissant de Faërie ! Je me rends compte que c'est sans doute pour cela que l'œuvre de cet auteur peut encore toutes et tous nous réunir, malgré nos différences, nos divergences (parfois profondes) et le temps qui passe...

Peace and love,

Hyarion.

EDIT: correction de fautes (il y en a toujours trop...).
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