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Expositions temporaires & musées
#18
<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1571715537_henri_de_toulouse-lautrec_au_moulin_rouge_1892-1895_art_institute_of_chicago.jpg" width="669" />
<small>Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).
<i>Au Moulin Rouge</i>, 1892-1895.
Huile sur toile, 123 × 141 cm.
Chicago, The Art Institute of Chicago.</small>

Puisqu'il n'y a pas que l'exposition Tolkien à la BNF à voir cet automne, signalons également, parmi les nombreuses autres expositions parisiennes de la saison, « Toulouse-Lautrec. Résolument moderne » au Grand Palais du 9 octobre 2019 au 27 janvier 2020. J'ai eu l'occasion de visiter cette exposition quelques jours après son inauguration, en évitant les longues files d'attente de la pleine saison, car fort heureusement ladite expo a ouvert un peu plus tôt dans le calendrier que les autres.

La dernière rétrospective française de l'œuvre d'Henri de Toulouse-Lautrec remonte à 1992, et elle avait eu lieu, déjà, au Grand Palais à Paris, après avoir été présentée à la Hayward Gallery de Londres dès l'automne 1991. Il se trouve que c'est à cette époque, alors que j'étais encore à l'école primaire, que j'ai visité pour la première fois un musée de peinture, à l'occasion d'une sortie scolaire, et qu'il s'agissait précisément du musée Toulouse-Lautrec d'Albi, dans le Tarn. En outre le premier livre d'art que j'ai découvert, enfant, dans la bibliothèque familiale fut un ouvrage de Philippe Huisman et Madeleine Grillaert Dortu consacré à Toulouse-Lautrec. Autant dire qu'il s'agit là d'un artiste dont l'œuvre m'est familière depuis fort longtemps... Je me souviens, lors de ma première visite au musée d'Albi d'avoir surtout été intéressé par les peintures animalières du tout jeune Lautrec (les cartes postales que j'avais acheté au musée, et que j'ai gardé, en témoignent encore), ce qui correspondait fort bien à mon goût précoce pour le dessin animalier (je me suis aperçu plus tard que très jeune, déjà entre 4 et 5 ans, j'avais le souci de donner une impression de mouvement dans la représentation des chevaux, un sujet d'art en commun avec Toulouse-Lautrec enfant). Plus tard, plus grand, je me suis intéressé aux divers autres aspects de l'œuvre de Lautrec, de ses nus d'atelier d'après modèle vivant (exercice que Lautrec pratiqua, avec son condisciple et ami Vincent Van Gogh, dans l'atelier de Fernand Cormon) à son grand travail d'affichiste et d'illustrateur, en passant par ses tableaux et dessins dédiés aux lumières de la nuit, au café-concert, au cirque, à l'opéra, aux maisons closes, et à la vie présente dans toutes les figures humaines croisées dans ces lieux. Pour l'anecdote, s'agissant des maisons closes et de leurs pensionnaires vues par Lautrec, ma familiarité avec le sujet m'a notamment valu d'être sollicité par le Dragon, pour le contenu d'une certaine note de bas de page dans son article sur les lanterniers, portiers et hôteliers de Minas Tirith figurant dans le volume 2 de <i>Tolkien, le façonnement d'un monde</i>.

<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1571715674_henri_de_toulouse-lautrec_rousse_ou_la_toilette_1889_orsay_.jpg" width="469" />
<small>Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).
<i>Rousse</i> (<i>La Toilette</i>), 1889.
Huile sur carton, 67 x 54 cm.
Paris, musée d'Orsay.</small>

Moins ambitieuse que la grande rétrospective de 1992, l'exposition organisée cet automne au Grand Palais propose cependant, avec plus de 200 œuvres, largement de quoi se faire une idée de la production dessinée, peinte, lithographiée de Toulouse-Lautrec pour qui ne la connaitrait pas (ou peu, ou mal), avec notamment le concours de la BNF (qui conserve l'œuvre lithographié de l'artiste) : « <i>Viveur, client insatiable des cabarets et des maisons closes, telle est la vision courante de Toulouse-Lautrec (1864-1901), qui se serait contenté de peindre sa vie dissolue de façon expéditive, voire caricaturale. Loin de cette légende encombrante, il convenait de revenir à l'œuvre, son ambition, son sens, son ouverture large sur le monde, que l'artiste a scruté et célébré sans complaisance. L'exposition se propose de le rattacher à la lignée du réalisme expressif, mordant et complice, héritier de Daumier, Manet et Degas. A dix-sept ans, le débutant déclare vouloir déjà « faire vrai et non pas idéal », puis Lautrec fait évoluer son naturalisme vigoureux vers un style incisif et caustique marqué par le Japon, la photographie, les impressionnistes. De plus, électrisé par la vitesse et les inventions du monde moderne, Lautrec livre des images en mouvement, quasi cinématographiques. Liant peinture, littérature et nouveaux médiums, l'exposition trouve son chemin, au plus près de cet accoucheur involontaire du XXe siècle.</i> »

<img src="https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1571715799_henri_de_toulouse-lautrec_au_salon_de_la_rue_des_moulins_1894_musee_toulouse-lautrec_albi_.jpg" />
<small>Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).
<i>Au Salon de la rue des Moulins</i>, 1894.
Fusain et huile sur toile, 111,5 cm x 132,5 cm.
Albi, musée Toulouse-Lautrec.</small>

À noter que si le musée Toulouse-Lautrec d'Albi a prêté beaucoup d'œuvres — une trentaine, dont le célèbre tableau <i>Au Salon de la rue des Moulins</i> de 1894 — à l'exposition du Grand Palais, ce n'est pas une raison pour ne pas aller dans le célèbre musée tarnais si l'on passe dans la région, car ledit musée profite de l'occasion pour sortir de ses réserves des œuvres de Lautrec moins souvent montrées au public et pour exposer des acquisitions récentes.

Pour qui serait intéressé par une évocation à la fois radiophonique et cinéphile d'Henri de Toulouse-Lautrec, je me permets enfin de signaler la possibilité d'écouter en ligne l'émission Ronde de Nuit n°64, proposée, préparée et présentée par Olivier Le Borgne, diffusée sur France Musique en janvier 2013 et rediffusée en février 2014. Consacrée à la sortie en DVD/Blu Ray Disc de plusieurs chefs-d'œuvre du cinéma britannique, l'émission évoque en premier lieu, et pour une part importante, le célèbre film <i>Moulin Rouge</i> (1952) de John Huston, biographie romancée de Toulouse-Lautrec d'après un roman de Pierre La Mure, avec notamment au casting José Ferrer (qui joue à la fois les rôles de Lautrec et du père de celui-ci), Zsa Zsa Gabor (dans le rôle de Jane Avril), Suzanne Flon et Colette Marchand (et même Christopher Lee, dans le rôle non crédité du peintre Georges Seurat), un film dont la musique a été brillamment composée par Georges Auric (avec une indispensable citation de Jacques Offenbach) : Olivier Le Borgne propose de larges extraits sonores du long métrage, et de nombreuses informations sur ce film aux grandes qualités esthétiques ainsi que sur son sujet.

Ronde de Nuit n°64 est écoutable à cette adresse : https://www.francemusique.fr/emissions/r...tres-22746

À noter que l'émission se poursuit en évoquant l'excellent film <i>Les 39 Marches</i> (<i>The 39 Steps</i> ; 1935) d'Alfred Hitchcock, puis d'autres films, et enfin — grosse cerise sur le gâteau — en diffusant l'intégralité de la magnifique musique composée par Basil Poledouris pour <i>La Chair et le Sang</i> (<i>Flesh+Blood</i>, 1985) de Paul Verhoeven, film dont je ne soulignerai jamais assez la très haute qualité.

Bonne écoute, et bonne(s) expo(s) ! ^^

Hyarion.
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