Hyarion Wrote:Yyr Wrote:il aurait été peut-être plus simple de conclure en distinguant entre une œuvre chrétienne (ce qu'est le SdA) et une œuvre apologétique (ce qu'il n'est pas).
J'ai écrit plus haut que ce je pense de la question s'agissant du roman, mais j'ajouterai simplement qu'à mon avis, cette distinction dont tu parles, quoique nécessaire (et a fortiori basée sur des faits), certains lecteurs/commentateurs ne semblent pas vraiment disposés à la faire, et c'est bien ce qui me pose problème quant à la question d'appréhender le christianisme chez Tolkien, au risque de tout y ramener : entre prétendre servir l'œuvre et s'en servir, il y a un pas que certains me paraissent un peu trop prompts à franchir en croyant cela « évident »... C'est ce qui constitue, à mes yeux, toute la limite d'une lecture chrétienne de Tolkien, quelle que soit la pertinence des analyses pouvant découler d'une telle lecture : si l'on va trop loin dans ce sens (et c'est sans doute une tentation assez facile, qui plus est dans le monde comme il va), alors c'est probablement le « meilleur » moyen de notamment dénaturer ce qu'est un roman comme Le Seigneur des Anneaux... Du moins est-ce mon point de vue.
Je suis en parfait accord avec toi et Jérôme sur ce point. Au demeurant, il ne faudrait pas exagérer : les commentateurs non disposés à faire la distinction sont particulièrement rares, qu'il s'agisse de chrétiens (pour défendre l'œuvre — ou éventuellement pour dénoncer l'hérésie que constitueraient les Elfes et les Nains
) ou d'athées (pour l'attaquer). En France, en particulier, à part quelques hurluberlus postant sur les forums les plus intégristes de la Toile, je n'en ai vu aucun. Il est vrai qu'ils sont plus nombreux aux États-Unis, mais comme toujours, il faut faire le tri dans la production intellectuelle américaine, ou l'on peut trouver le pire comme le meilleur.Au demeurant, les quelques essais s'efforçant sérieusement de faire de l'apologétique à travers le SdA se posent généralement comme des interprétations relevant d'une application de l'œuvre en rapport avec un thème extérieur donné, plutôt que comme des analyses dévoilant impartialement une allégorie voulue par l'auteur. Et nul n'est forcé d'adhérer à une lecture spécifique d'un roman, sauf précisément quand ce roman est une allégorie pour autre chose, ce qui irritait profondément Tolkien*, comme chacun sait. D'ailleurs, ces commentateurs apologétiques sont plutôt des spécialistes des analyses édifiantes appliquées à toutes les œuvres de fiction qui s'y prêtent — plus ou moins — que des experts de l'œuvre de Tolkien.
Hyarion Wrote:Hyarion... confronté au (petit) défi du moment : terminer une certaine contribution arthurienne avant la fin de la décennie (et donc de l'année) !
[small]Du coup, tu ne risques pas grand'chose : la décennie se termine réellement dans un an (et, oui, tout le monde ou presque a fêté le nouveau millénaire à la mauvaise date).
[/small]D.
* Cette affirmation serait elle-même à nuancer, comme en témoigne d'occasionnelles remarquables allégories chez Tolkien, que ce soit dans « Beowulf : les Monstres et les Critiques » ou dans Leaf by Niggle, par exemple. Mais le Légendaire occupait une place à part pour Tolkien et l'allégorie n'en faisait manifestement pas partie.

