07-01-2020, 09:02
Yyr Wrote:Certains rois égyptiens ne facilitaient-ils pas leur propre mort en se faisant accompagner par leurs proches ?
En aucun cas, à tout le moins à l'époque historique. Les anciens Égyptiens auraient indubitablement assimilé cela à un crime impardonnable privant le défunt de toute chance de survie dans l'au-delà. Tu confonds certainement avec d'autres cultures qui pratiquaient cela régulièrement : Celtes, Germains, Slaves, Scythes... sans parler des traces mythiques de cette pratique dans l'Iliade ou de la sati dans l'hindouisme. En fait, il est probable que l'assassinat de proches lors des funérailles d'un chef soit une coutume commune à tous les anciens peuples indo-européens. Le jugement de Gandalf (et ici indubitablement de Tolkien) vise donc les peuples proches et non les coutumes lointaines.
Yyr Wrote:Et je profite de ta présence en ces lieux, Damien, pour et demander si tu ne penses pas qu'à la fin, la transmission des Légendes des Jours Anciens devait être le fait de Bilbo plutôt que d'Ælfwine ? C'est Bertrand qui m'y a fait songé depuis longtemps maintenant : à la fin du SdA, on comprend que Bilbo a rédigé des Traductions de l'elfique. De quoi peut-il s'agir si ce n'est du Silmarillion ? Autre question : avais-tu pu consulter les Archives de Pengolodh, réalisées par Philippe Garnier sur JRRVF (mais je ne crois pas qu'elles soient encore en ligne) ou son article dans la Feuille de la Compagnie n°2 (« Eriol ou Ælfwine le marin », pp.157-180) ?
Je connais bien les articles de Philippe Garnier, en effet. J'ai longtemps pensé qu'en achevant le SdA, Tolkien avait fini par rejeter l'idée d'une transmission des textes elfiques par le biais d'Ælfwine en faveur d'une conservation des archives des Hobbits, notamment par le biais de Bilbo, dont les Traductions de l'elfique ne peuvent en effet qu'être une version du Silmarillion. J'ai dû changer d'avis à la lecture des HoMe 10 à 12, où Christopher Tolkien explique que beaucoup des textes de Tolkien postérieurs au SdA et relatifs aux Jours Anciens restent introduits par une forme ou une autre d'un dialogue entre Pengolodh et Ælfwine, sans pour autant que Tolkien donne plus de détails à la façon dont Ælfwine ait pu rencontrer Pengolodh. Ce schéma restait manifestement très cher à son cœur.
On pourrait évidemment imaginer une solution élégante, où Ælfwine ne serait qu'une anglicisation de Nimruzîr, le nom adûnaïque d'Elendil, lequel aurait pu rencontrer Pengolodh lors d'un des derniers voyages des Eldar à Númenor. Ces textes ferait alors partie des archives préservées par Elendil, puis conservées au Gondor ou à Imladris, où elles auraient ensuite été copiées par les Hobbits. Mais rien n'indique que Tolkien ait eu en tête une idée de ce genre. J'incline plutôt à croire qu'il maintenait son idée du voyageur médiéval parvenant à Tol Eressëa et ramenant de là un certain nombre de récits, lesquels seraient venus en compléments ou comme versions alternatives des textes préservés par les Hobbits, bien qu'il n'ait pas voulu se risquer à refaire une version du cadre médiéval nécessaire pour développer cette idée.
E.

