Hyarion Wrote:Quand, autre exemple simple, on lit sur la quatrième de couverture de Pour la gloire de ce monde (livre que j'ai relu récemment), le texte où les majuscules théologiques attribuées aux mots "Recouvrement", "Consolation", "Espérance", "Joie", côtoient la mention "pour le chrétien" (heureuse précision), que doit-on comprendre ?
La quatrième de couverture de Pour la gloire de ce monde attribue une majuscule à «Recouvrement» et «Consolation» parce ces termes sont les termes employés par Tolkien dans son essai sur le conte de fées et qu'il apparaissent dans le sous-titre du recueil (Recouvrements et consolations en Terre du milieu). On ne peut pas parler non plus de «majuscule théologique» pour le mot «Joie», ce serait faire un contresens avec le texte qui justement, évoque l'union (et non la fusion) de l'Espérance à la Joie. Seule la majuscule de l'«Espérance» peut être qualifiée de «théologique» puisqu'en effet, dans cette phrase, il s'agit de l'espérance chrétienne ainsi qu'il est explicitement précisé dans le paragraphe précédent, la mention « pour le chrétien » étant uniquement associée à l'espérance -- et non pas au recouvrement, à la consolation ou à la joie qui peuvent être éprouvées par tout lecteur d'un bon conte de fées tel que l'envisage Tolkien.
L'avant-propos prend soin de préciser le contenu et l'orientation du recueil.
[citation=Pour la gloire de ce monde, p. 11]La mythopoésie acquiert ainsi une portée philosophique et théologique, étant en prise avec la question même de la réalité. « Non pas que dans la réalité les choses soient aussi nettes que dans une histoire», mais parce qu'une telle histoire a pour but d'offrir à «ceux qui ont soif»(*) de remonter à la source -- et d'y puiser. [* = Lettres, p. 78, 98][/citation]
Personne n'est obligé de lire un avant-propos, de même personne, ayant lu l'avant-propos, n'est obligé de lire le recueil s'il n'accepte pas les orientations qui y sont exposées. Les auteurs chrétiens de Pour la gloire de ce monde ont “précisé” non pas “heureusement“ mais “volontairement” et “honnêtement” ces orientations et n'ont absolument pas cherché à proposer une présentation de ce que Hyarion appelle le «sens premier d'une œuvre» mais bien du sens qui transparaît « sur un second plan » et qui fait lien entre la littérature et « le Grand Monde pour lequel notre nature est faite » (Lettres, p. 100, cité dans l'avant-propos, p. 14).
S.

