Je commence par JRR Tolkien et la Bataille de la Somme, Dans un trou sous la terre (éditions A Contresens), puisque je viens de la lire et que je l'ai sous les yeux 
![[Image: 1578756981_bd.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/757/1578756981_bd.jpg)
Cette bande dessinée nous a été livrée par le duo français Emmanuel Beaudry et Corentin Lecorsier, respectivement au scénario et au dessin. On apprend à la toute fin du livre que les auteurs ont bénéficié d'un soutien du Conseil Régional des Hauts-de-France.
Le récit de cet ouvrage s’intéresse donc, comme son titre relativement explicite l'indique, à l’expérience du jeune JRR Tolkien durant la bataille de la Somme.
La première impression de lecture pourrait être négative. Le dessin est chargé, sombre, souvent confus (il est difficile de reconnaître les personnages d'une case à l'autre, sauf Edith Tolkien, dont la plastique audacieusement idéalisée permet une identification aussi facile qu'immédiate
...).
Mais la seconde lecture (il faut toujours faire une seconde lecture) permet une approche plus positive.
Le scénario tient plutôt bien la route, et le choix de donner la parole au jeune Tolkien (qui devient narrateur d'une sorte de journal quotidien de son séjour dans la Somme) contribue à l'identification du lecteur au personnage principal (<small>à défaut de le reconnaître d'une case à l'autre - ok, j'arrête</small>).
La variété des dessins, où le sombre domine, s'accorde au final assez bien avec l'ambiance pesante et angoissante de l'attente et de la proximité permanente de la mort dans les tranchées.
Certaines cases, lourdement travaillées au feutre noir, pointe épaisse, auraient pu être l’œuvre de ma fille de 6 ans, mais en réalité, c'est une intelligente métaphore graphique de la boue, des lourdes mottes de la terre picarde soulevées par les explosions, de l'obscurité et de l'absence de vie, que le feutre sait rendre avec, au final, une certaine réussite.
Ailleurs, le ton est plus léger, le dessin s’éclaircit, s'affine, couleurs pastelles et aquarelles dominent.
![[Image: 1578758594_bd2.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/757/1578758594_bd2.jpg)
Cette alternance me semble assez heureuse et contrebalance l'irrégularité du trait, qui peut contribuer à égarer le lecteur. Mais elle ne ravira certainement pas les amateurs de ligne claire
Des propos introductifs (une "note des auteurs"), plutôt justes et bien écrits, donnent quelques repaires biographiques utiles, avant de plonger dans l'obscurité contrôlée de l'ouvrage. On voit au travers de ce texte, comme dans le fil du récit, que les deux auteurs se sont sérieusement et correctement documentés (citer des extraits de poèmes de G.B. Smith n'est pas à la portée de tout le monde, cf la deuxième illustration ; et j'ai également noté des passages descritifs inspirés - sauf erreur de ma part - de passages de Gabriel Chevallier et de Henri Barbusse).
Il manquerait presque une petite moustache d'officier à Tolkien pour que l'ensemble embrasse de peu la perfection :p .
Mais une faute, un détail, me direz-vous, a attiré mon œil madré de briscard de la jacksonophobie old school.
Jusque là, l'univers de cette bande dessinée montrait une réelle indépendance artistique du dessinateur par rapport à de possibles influences extérieures. Hélas, le dernier dessin de l'avant-dernière page représente la pseudo Barad-Dûr jacksonienne, avec son œil-projecteur. Arrivé en toute fin de lecture, ce petit détail agaçant (de mon point de vue que personne n'est obligé de partager) a gâché l'ébauche de plaisir naissant :p
<small>Et vous noterez que par pure bonté d'âme, je ne dit rien des oreilles en forme de feuilles, qui pointent étonnamment ici et là (en couverture, notamment, voir la première illustration ci-dessus).</small>
Bon, au final, cette bande-dessinée, difficile d'accès, reste tout de même un ouvrage aux qualités artistiques indéniables.
C'est une curiosité qui pourrait mériter de figurer au panthéon - certes particulièrement réduit - des bandes dessinées consacrées à Tolkien et à son œuvre.
Si vous souhaitez en savoir plus, une fiche est consacrée à cette BD sur Tolkiendil, avec quelques illustrations supplémentaires.
I.

![[Image: 1578756981_bd.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/757/1578756981_bd.jpg)
Cette bande dessinée nous a été livrée par le duo français Emmanuel Beaudry et Corentin Lecorsier, respectivement au scénario et au dessin. On apprend à la toute fin du livre que les auteurs ont bénéficié d'un soutien du Conseil Régional des Hauts-de-France.
Le récit de cet ouvrage s’intéresse donc, comme son titre relativement explicite l'indique, à l’expérience du jeune JRR Tolkien durant la bataille de la Somme.
La première impression de lecture pourrait être négative. Le dessin est chargé, sombre, souvent confus (il est difficile de reconnaître les personnages d'une case à l'autre, sauf Edith Tolkien, dont la plastique audacieusement idéalisée permet une identification aussi facile qu'immédiate
...). Mais la seconde lecture (il faut toujours faire une seconde lecture) permet une approche plus positive.
Le scénario tient plutôt bien la route, et le choix de donner la parole au jeune Tolkien (qui devient narrateur d'une sorte de journal quotidien de son séjour dans la Somme) contribue à l'identification du lecteur au personnage principal (<small>à défaut de le reconnaître d'une case à l'autre - ok, j'arrête</small>).
La variété des dessins, où le sombre domine, s'accorde au final assez bien avec l'ambiance pesante et angoissante de l'attente et de la proximité permanente de la mort dans les tranchées.
Certaines cases, lourdement travaillées au feutre noir, pointe épaisse, auraient pu être l’œuvre de ma fille de 6 ans, mais en réalité, c'est une intelligente métaphore graphique de la boue, des lourdes mottes de la terre picarde soulevées par les explosions, de l'obscurité et de l'absence de vie, que le feutre sait rendre avec, au final, une certaine réussite.
Ailleurs, le ton est plus léger, le dessin s’éclaircit, s'affine, couleurs pastelles et aquarelles dominent.
![[Image: 1578758594_bd2.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/757/1578758594_bd2.jpg)
Cette alternance me semble assez heureuse et contrebalance l'irrégularité du trait, qui peut contribuer à égarer le lecteur. Mais elle ne ravira certainement pas les amateurs de ligne claire
Des propos introductifs (une "note des auteurs"), plutôt justes et bien écrits, donnent quelques repaires biographiques utiles, avant de plonger dans l'obscurité contrôlée de l'ouvrage. On voit au travers de ce texte, comme dans le fil du récit, que les deux auteurs se sont sérieusement et correctement documentés (citer des extraits de poèmes de G.B. Smith n'est pas à la portée de tout le monde, cf la deuxième illustration ; et j'ai également noté des passages descritifs inspirés - sauf erreur de ma part - de passages de Gabriel Chevallier et de Henri Barbusse).
Il manquerait presque une petite moustache d'officier à Tolkien pour que l'ensemble embrasse de peu la perfection :p .
Mais une faute, un détail, me direz-vous, a attiré mon œil madré de briscard de la jacksonophobie old school.
Jusque là, l'univers de cette bande dessinée montrait une réelle indépendance artistique du dessinateur par rapport à de possibles influences extérieures. Hélas, le dernier dessin de l'avant-dernière page représente la pseudo Barad-Dûr jacksonienne, avec son œil-projecteur. Arrivé en toute fin de lecture, ce petit détail agaçant (de mon point de vue que personne n'est obligé de partager) a gâché l'ébauche de plaisir naissant :p
<small>Et vous noterez que par pure bonté d'âme, je ne dit rien des oreilles en forme de feuilles, qui pointent étonnamment ici et là (en couverture, notamment, voir la première illustration ci-dessus).</small>
Bon, au final, cette bande-dessinée, difficile d'accès, reste tout de même un ouvrage aux qualités artistiques indéniables.
C'est une curiosité qui pourrait mériter de figurer au panthéon - certes particulièrement réduit - des bandes dessinées consacrées à Tolkien et à son œuvre.
Si vous souhaitez en savoir plus, une fiche est consacrée à cette BD sur Tolkiendil, avec quelques illustrations supplémentaires.
I.

