Yyr a évoqué "La chute de Gondolin " ici
Je voudrais en hommage à Christopher Tolkien citer les émouvants premiers paragraphes de son avant-propos à ce conte qui sont à relire au moment de sa disparition. Il avait écrit ceci :
Au sujet de Beren et Luthien, j'écrivais dans ma préface : "en ma quatre vingt-treizième année, ce livre est (vraisemblablement) mon dernier dans la longue série d'éditions des écrits de mon père". Vraisemblablement; car à ce moment, j'envisageais vaguement l'idée d'appliquer le mème traitement que Beren et Luthien au troisième des "Grands contes" de mon père. La Chute de Gondolin. Mais cela me paraissait très improbable, aussi me suis-je risqué à dire que Beren et Luthien serait mon dernier livre. Je dois maintenant me corriger et dire qu'en ma quatre-vingt-quatorzième année, la Chute de Gondolin sera (sans aucun doute) le dernier.
et il ajoutait :
Cet ouvrage permet d'entrevoir, dans un récit complexe où se combinent les fils* narratifs de divers textes, comment la Terre du Milieu s'acheminera vers la fin du Premier Âge, et comment la vision qu'avait mon père de cette Histoire qu'il avait conçue se développa sur de longues années, pour finalement - pour ce qui devait être sa forme la plus aboutie - avorter.
Quelle élégance et quelle humilité.
Toujours dans cet avant-propos (page 12) une note de bas page qui m'émeut chaque fois que je la lis à propos du processus de rédaction :
... Preuve que cette supposition n' a rien de fantaisiste, mon père écrivait, dans la lettre qu'il m'adressa le 6 mai 1944 : "Un nouveau personnage est entré en scène (je suis sûr de ne pas l'avoir inventé, je ne l'ai même pas voulu, quoique je l'aime bien, mais il est arrivé là, marchant dans les bois de l'Ithilien) : Faramir, le Frère de Boromir."
Cette lettre est magnifique. Quelle belle imagination et quelle idée d'accepter soudain un nouveau personnage en lui inventant illico une histoire.
Silmo
* Ah que c'est plaisant ce mot "fil" pour nous qui avons toujours tissé la métaphore (fil, fuseau, tissage,...)
Je voudrais en hommage à Christopher Tolkien citer les émouvants premiers paragraphes de son avant-propos à ce conte qui sont à relire au moment de sa disparition. Il avait écrit ceci :
Au sujet de Beren et Luthien, j'écrivais dans ma préface : "en ma quatre vingt-treizième année, ce livre est (vraisemblablement) mon dernier dans la longue série d'éditions des écrits de mon père". Vraisemblablement; car à ce moment, j'envisageais vaguement l'idée d'appliquer le mème traitement que Beren et Luthien au troisième des "Grands contes" de mon père. La Chute de Gondolin. Mais cela me paraissait très improbable, aussi me suis-je risqué à dire que Beren et Luthien serait mon dernier livre. Je dois maintenant me corriger et dire qu'en ma quatre-vingt-quatorzième année, la Chute de Gondolin sera (sans aucun doute) le dernier.
et il ajoutait :
Cet ouvrage permet d'entrevoir, dans un récit complexe où se combinent les fils* narratifs de divers textes, comment la Terre du Milieu s'acheminera vers la fin du Premier Âge, et comment la vision qu'avait mon père de cette Histoire qu'il avait conçue se développa sur de longues années, pour finalement - pour ce qui devait être sa forme la plus aboutie - avorter.
Quelle élégance et quelle humilité.
Toujours dans cet avant-propos (page 12) une note de bas page qui m'émeut chaque fois que je la lis à propos du processus de rédaction :
... Preuve que cette supposition n' a rien de fantaisiste, mon père écrivait, dans la lettre qu'il m'adressa le 6 mai 1944 : "Un nouveau personnage est entré en scène (je suis sûr de ne pas l'avoir inventé, je ne l'ai même pas voulu, quoique je l'aime bien, mais il est arrivé là, marchant dans les bois de l'Ithilien) : Faramir, le Frère de Boromir."
Cette lettre est magnifique. Quelle belle imagination et quelle idée d'accepter soudain un nouveau personnage en lui inventant illico une histoire.
Silmo
* Ah que c'est plaisant ce mot "fil" pour nous qui avons toujours tissé la métaphore (fil, fuseau, tissage,...)

